Sajid Javid, ex-banquier fils d'un taxi pakistanais, ministre des Finances de Boris Johnson
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HANNAH MCKAY
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Le ministre des Finances du gouvernement de Theresa May, Philip Hammond, farouche défenseur du maintien du Royaume-Uni dans l'UE, avait prévenu qu'il démissionnerait en cas d'élection de Boris Johnson à la tête du Pari conservateur. Le nouveau Premier ministre, nommé ce mercredi par la reine Elizabeth, a choisi le ministre de l'Intérieur sortant, Sajid Javid, pour le remplacer comme chancelier de l'Echiquier. Cette nomination marque une nouvelle étape dans la spectaculaire ascension sociale de ce fils de chauffeur de taxi pakistanais, âgé de 49 ans et père de quatre enfants. Son histoire personnelle a fait de lui un porte-drapeau du parti des Tories : il offre un visage du Royaume-Uni moderne et multiculturel, ses parents étant musulmans, son épouse chrétienne et pratiquante.
Cet ardent partisan du libéralisme et des réductions d'impôts ne cache pas son admiration pour Margaret Thatcher. Il a commencé sa carrière dans la banque, devenant vice-président de la Chase Manhattan Bank à 25 ans. Il rejoint ensuite Deutsche Bank jusqu'en 2009, avant de se lancer en politique. Elu député en 2010, il obtient dès 2014 son premier portefeuille ministériel, à la culture, et enchaîne les postes de secrétaires d'Etat.
Son tempérament réservé tranche avec le goût du spectacle et de la provocation cultivé par le nouveau chef du gouvernement britannique. Mais le poste de chancelier de l'Échiquier en Grande-Bretagne est souvent considéré comme un marchepied vers le poste de Premier ministre.
En attendant, Sajid Javid aura la lourde tâche de diriger les finances d'un pays qui s'apprête à quitter l'Union européenne, une sortie potentiellement sans accord qui pourrait fragiliser l'économie britannique, déjà menacée de sombrer en récession. L'ex-banquier devra aussi défendre la position de la City comme capitale européenne de la finance et désigner le futur gouverneur de la Banque d'Angleterre, en remplacement de Mark Carney dont le mandat a été prolongé jusqu'en janvier 2020.
Il devra aussi concilier sa vision libérale avec les promesses d'augmentation des dépenses publiques de Boris Johnson pendant sa campagne.
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Bien qu'eurosceptique notoire, Sajid Javid a voté en 2016 en faveur du maintien du Royaume-Uni au sein de l'UE. Il devra démontrer qu'il n'entend pas ralentir le processus : Boris Johnson a promis que le pays allait "sortir de l'UE le 31 octobre, point à la ligne".
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(avec agences)
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