UE : la Commission européenne prévoit une croissance en berne

 |   |  748  mots
Côté inflation, la Commission prévoit 1,4% pour 2019 (exactement le même chiffre qu'en février dernier) et 1,4% pour 2020 (contre 1,5% lors de la prévision précédente).
Côté inflation, la Commission prévoit 1,4% pour 2019 (exactement le même chiffre qu'en février dernier) et 1,4% pour 2020 (contre 1,5% lors de la prévision précédente). (Crédits : Yves Herman)
La Commission européenne a une nouvelle fois abaissé mardi 7 mai ses prévisions de croissance pour la zone euro en 2019 et 2020, dans un contexte d'incertitudes sur le commerce mondial et l'éventualité d'un "Brexit sans accord". L'exécutif européen table désormais sur une hausse du PIB de 1,2% en 2019, et 1,5% en 2020, pour l'ensemble des 19 pays ayant adopté la monnaie unique, après 1,9% en 2018.

Les mauvais indicateurs se multiplient sur le Vieux continent. Alors que les économies allemande et italienne ont connu une année 2018 douloureuse, la Commission européenne dans ses prévisions de printemps, a révisé ses chiffres à la baisse pour le produit intérieur brut (PIB) européen. En zone euro, les économistes de l'institution basée à Bruxelles annoncent une croissance de 1,3% en 2019 et 1,6% en 2020 contre 1,9% et 1,7% à l'automne dernier. Tous les pays de l'union monétaire vont connaître un ralentissement hormis la Grèce entre 2018 et 2019.

Du côté de l'Union européenne (UE), les projections ont également été revues à la baisse. Pour 2019 et 2020, les experts de la Commission prévoient 1,5% et 1,7% contre 1,9% et 1,8% précédemment. Alors que les chefs d'État doivent se réunir à Sibiu en Roumanie le 9 mai prochain pour évoquer l'avenir de l'UE, ces prévisions décevantes pourraient encore fragiliser ce continent, ébranlé par la montée des populismes à la veille des élections européennes. Pour ses dernières semaines de mandat avant le renouvellement des états-majors au sein des institutions européennes, le commissaire aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a déclaré :

« Ce ralentissement devrait être plus prononcé qu'on ne le prévoyait l'automne dernier, en particulier dans la zone euro, en raison d'incertitudes entourant le commerce mondial et de facteurs nationaux dans les grandes économies de l'UE. Les fondamentaux économiques de l'Europe restent solides et nous continuons de recevoir de bonnes nouvelles, en particulier sur le front de l'emploi. La croissance devrait progressivement rebondir au second semestre de cette année et en 2020. »

L'économie allemande tourne au ralenti

Cette révision à la baisse repose en grande partie sur l'essoufflement de l'économie allemande. Dans le détail, le PIB de la première puissance européenne pourrait passer de 1,5% à 1,1% entre 2018 et 2019 contre 1,7% et 1,8% lors des prévisions d'automne. Les difficultés de l'industrie allemande rencontrées en 2018 semblent se poursuivre. Les exportations allemandes de véhicules ont particulièrement souffert des normes antipollution et des tensions sur la scène du commerce international. Le modèle de l'économie allemande fortement exposée aux aléas du commerce mondial pourrait encore caler cette année si les discussions entre les États-Unis et la Chine s'enveniment une nouvelle fois.

Les prévisions pour l'économie italienne ont également été révisées à la baisse. Pour 2018 et 2019, l'organisation européenne table désormais sur 1% et 0,2% contre 1,1% et 1,2% à l'automne dernier. L'économie italienne est entrée en récession en fin d'année 2018 et devrait encore connaître de sérieuses difficultés cette année malgré la politique de soutien budgétaire mise en oeuvre par le gouvernement populiste. Le déficit public italien devrait quant à lui atteindre 2,5% du PIB en 2019, puis 3,5% en 2020, selon la Commission, tandis que l'Italie a annoncé un déficit de 2,4%, réduit à 2,1% en 2020. En conséquence, selon Bruxelles, la dette publique italienne devrait atteindre des niveaux record : 133,7% en 2019, puis 135,2% du PIB, contre 132,2% l'an passé.

Pour le Royaume-Uni, les révisions sont légèrement orientées à la hausse malgré toutes les incertitudes liées au Brexit. La Commission européenne anticipe 1,4% en 2018 et 1,3% en 2019 contre 1,3% et 1,2% précédemment. L'organisation internationale précise tout de même que « c'est une hypothèse purement technique d'un maintien du statu quo dans les relations commerciales entre l'Union post-Brexit et le Royaume-Uni. Il s'agit là d'une hypothèse servant uniquement à l'élaboration des prévisions et sans influence aucune sur le processus en cours dans le cadre de l'article 50 ».

Des prévisions en baisse pour l'économie française

Si la France devrait mieux s'en sortir que l'Allemagne et l'Italie cette année, la Commission européenne a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour le PIB tricolore. La croissance devrait passer de 1,5% en 2018 à 1,3% en 2019 contre 1,7% et 1,6% à l'automne dernier.

« La demande intérieure devrait monter en puissance et contribuer à la croissance du PIB en 2019 et 2020 », explique la Commission dans une note spécifique à la France. « La consommation des ménages devrait accélérer progressivement au delà de 2019 grâce à l'augmentation des salaires nominaux qui devraient booster le revenu disponible et au ralentissement de l'inflation ».

Les mesures socio-fiscales annoncées par le gouvernement le 10 décembre dernier devraient « soutenir le pouvoir d'achat des foyers les plus modestes qui ont une forte propension à consommer ». Au niveau du chômage, le taux au sens du bureau international du travail (BIT) devrait passer de 9,1% en 2018 à 8,8% en 2019 et 8,5% en 2020.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 09/05/2019 à 21:19 :
Zut alors !!! . On m'avait vendu le dogme de l'Europe comme l'Eldorado de la croissance. Si plus d'Europe fait moins de croissance, alors que faut-il faire pour avoir plus de croissance? Certains disent : le FREXIT. Une piste à étudier, sauf pour les dogmatiques !
a écrit le 09/05/2019 à 14:07 :
Un exemple de contradiction du dogme bruxellois est d'encourager les privatisations du domaine public sachant que cela diminue la libre circulation imposé dans l'UE!
a écrit le 09/05/2019 à 13:36 :
Tiens donc, l'immigration forcée imposée par Merkel n'a pas créé de croissance?
L'UE spartakiste fait moitié moins de croissance que la capitaliste Amérique!
Les inégalités se réduisent là-bas quand elles explosent ici!
Franchement, vous allez encore revoter pour les mêmes!!!
a écrit le 09/05/2019 à 13:03 :
ce sont des prévisions à partir des informations 2018 et comme toutes les prévisions économiques elles vont se révéler fausses regardons les données du 1er trimestre et ces prévisions peuvent être mises à la poubelle. France 2375 milliards, Allemagne et Italie ont +- la même dette mais Allemagne et Italie ont un excédent commercial que nous n'avons pas ensuite si nous regardons les 3% (voulus par la France de Mitterrand ) l'Allemagne et l' Italie sont sous ce fameux 3% depuis des années alors que nous avons été pendant plus de 10 ans au dessus; alors si nous regardons les données réelles nous sommes nous français dans une situation bien plus difficile que nos voisins. Dernière remarque la richesse nette des familles :
Italie +- 9,7 milliards, France +- 8 milliards, Allemagne +- 6 milliards ....
......
a écrit le 09/05/2019 à 5:08 :
Ici le developpement de l'electrique marche du feu de dieu.
Les marques locales se tirent la bourre a celui qui fera le meilleur score d'autonomie.
Le Kona affiche 650 km avec 74KW. Tesla reste derriere.
Les previsions sont nettes pour l'annee a venir.
a écrit le 08/05/2019 à 22:29 :
La zone euro a été structurellement conçue pour avoir une croissance faible.Ses concepteurs ne l'ont sans doute pas fait exprès,mais le résultat a été celui-ci, et les pays développés qui ont le taux de chômage le plus élevé se trouvent naturellement dans la zone euro car celle-ci a été aussi structurellement conçue pour accroître les divergences économiques entre pays membres, là aussi ses concepteurs ne l'avaient sans doute pas fait exprès, officiellement ils prévoyaient même le contraire. La nouveauté c'est qu'un pays notable qui avait su profiter de l'Euro, à savoir l'Allemagne, commence lui aussi à avoir quelques problèmes. Pour l'instant rien de grave pour ce pays qui se désendette en profitant de taux d'intérêt à 0% approximativement.
a écrit le 08/05/2019 à 19:48 :
La Grèce (18,5 %), l’Espagne (14 %) et l’Italie (10,2 %) ont les plus hauts taux de chômage de l’Union européenne, comparés à la moyenne de l’Union (6,6 %), d’après une statistique de la Commission européenne parue mardi. En Grèce, le taux de chômage des personnes de moins de 25 ans est de 39 %.

Source : EUobserver (2 mai) – en anglais

L’Europe, c’est la prospérité, nous promet-on depuis des dizaines d’années. Quand l’échec est aussi patent, ne devrait-on pas en tirer les conclusions qui s’imposent ?
a écrit le 08/05/2019 à 15:27 :
Elle est belle l'europe. Ca me conforte dans mon prochain vote.
a écrit le 08/05/2019 à 10:28 :
Une main d’œuvre supplémentaire migratoire sera-t-elle alors employable ?
a écrit le 08/05/2019 à 9:05 :
"en raison d'incertitudes entourant le commerce mondial et de facteurs nationaux dans les grandes économies de l'UE."

ET bien entendu pas en raison du déclin oligarchique européen faisant que nos investisseurs sont devenus sous la pression de leur avidité de véritables veaux guidés par ceux qu'ils payent eux-mêmes aussi guidés par leur seule avidité.

C'est international, c'est Trump, c'est le Brexit, c'est les gilets jaunes c'est quelqu'un d'autre, ailleurs, "forcément" autre chose...
a écrit le 08/05/2019 à 8:26 :
ce ne sont que des prévisions sur les chiffres de 2018 comme toujours
ils se sont toujours trompés donc attendons les chiffres réels.
Ce n'est que de la communication, la preuve: confrontez ces prévisions avec les chiffres réels des économies du premier trimestre 2019 !
a écrit le 08/05/2019 à 3:23 :
La dictature de cette "commission européenne" illégitime, ça suffit !
a écrit le 08/05/2019 à 0:12 :
La croissance de la France est fortement pénalisée par les prélèvements obligatoires qui sont les plus élevés d'Europe.Le pouvoir d'achat d'un euro est en France le plus faible d'Europe. Il est par exemple avantageux de commander sur Amazon Allemagne : le même produit peu coûter 20% de plus sur le site France que sur le site Allemagne.
a écrit le 07/05/2019 à 22:07 :
Ben c'est normal et souhaitable, les arbres ne montent pas jusqu'au ciel. Après la croissance, la décroissance.
Réponse de le 08/05/2019 à 7:53 :
La croissance ..? Quand ? Avant Maastricht mais aujourd 'hui dans les fake news des européistes et de la presse people des potes à Macron.
Courage fuyons avant de passer d ' unijambistes à cul-de-jattes....
a écrit le 07/05/2019 à 20:59 :
L' UE en plus grosse décroissance du monde depuis dix ans à - 2 %, source LT, UPR, Frexit, courage, fuyons ..
a écrit le 07/05/2019 à 18:54 :
Comme chaque année depuis maintenant environ 10 ans, et comme les prochaines années...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :