Dans la foulée d'un score particulièrement élevé aux élections européennes (25,5% des voix), le Rassemblement National a confirmé au premier tour des élections législatives du 30 juin qu'il s'était bien ancré en Bretagne, terre historiquement modérée et de social-démocratie. Selon Thomas Frinault, enseignant-chercheur en sciences politiques à l'université Rennes-2, une triangulaire est quasiment la condition sine qua non pour ce parti d'espérer une victoire. Mais dans les trois points les plus chauds, où le RN s'est classé en tête dimanche dernier, il sera engagé dans des duels.
LA TRIBUNE - Quels enseignements tirez-vous du premier tour des élections législatives en Bretagne ?
Thomas Frinault : Avec un taux de 73,4%, on observe un rebond général de la participation, sachant qu'en comparaison avec d'autres autres régions, il y a traditionnellement une surcote en Bretagne, notamment en Morbihan et en Côtes d'Armor. En revanche, les sursauts ont été inégaux selon les départements, avec cette fois-ci une forte hausse en Finistère, et un peu moins en Ille-et-Vilaine. Cet élément de la participation est important du fait qu'elle a un impact sur la possibilité de triangulaires. La campagne éclair a réduit le nombre de candidatures presque de moitié par rapport à 2022. Les votes se sont globalement concentrés sur les trois grands blocs. Il en ressort une répartition des scores beaucoup plus resserrée.