Paiement en ligne : les banques françaises lancent Paylib à l'assaut de PayPal

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Le commerce en ligne pèse 45 milliards d'euros en France, soit 8% de l'ensemble du commerce de détail, selon la Fevad.
Le commerce en ligne pèse 45 milliards d'euros en France, soit 8% de l'ensemble du commerce de détail, selon la Fevad. (Crédits : <small>DR</small>)
BNP Paribas, la Société générale et la Banque Postale lancent ensemble Paylib, une nouvelle solution de paiement en ligne. L’objectif : reprendre l’avantage sur les PayPal, Amazon, iTunes et autres grands spécialistes du paiement sur Internet.

L'union fait la force. BNP Paribas, la Société générale et la Banque Postale ont présenté, ce mardi, une nouvelle solution de paiement en ligne, commune aux trois établissements. Baptisée Paylib, celle-ci sera opérationnelle à partir du 24 septembre, et gratuite pour les particuliers, tant à l'inscription qu'à l'usage. Dans le détail, Paylib est un portefeuille électronique, à partir duquel les internautes pourront régler leurs achats depuis un ordinateur, une tablette ou un smartphone, sans avoir à saisir leurs coordonnées bancaires (numéro de carte, date d'expiration, cryptogramme).

Concrètement, les clients de BNP Paribas, de la Société générale et de la Banque Postale pourront s'inscrire sur Paylib depuis l'application mobile ou le site Internet de leur banque. Une inscription qui consistera à se choisir des identifiants (une adresse électronique et un mot de passe), ainsi qu'un code secret destiné à valider les paiements qui seront effectués chez les e-commerçants.

 PayPal compte 8 millions de clients en France

 Nul besoin, pour le client qui s'inscrit à Paylib, de fournir les données de sa carte de crédit, sa banque les ayant évidemment en mémoire. Idem à chaque fois qu'il règlera un achat sur un site Internet de commerce : il n'aura qu'à sélectionner Paylib parmi les solutions de paiement proposées, à entrer son e-mail et son mot de passe, puis à valider son paiement avec son code secret. "Paylib répond à des critères de sécurité extrêmement élevés, toutes les données bancaires des internautes restent stockées au sein de leurs banques, il n'y a pas de processus d'externalisation", explicite Laurent Goutard, directeur de la division banque de détail de la Société générale en France.

 Une allusion très claire à l'Américain PayPal (filiale d'eBay), "le" spécialiste du paiement en ligne, avec pas moins de 193 millions de clients dans le monde, dont 8 millions pour la seule France. "Les banques se sentent menacées dans leur relation-client puisque, lorsqu'un consommateur paye en ligne via Paypal, c'est ce dernier - et non pas la banque de l'internaute - qui touche une commission auprès du e-commerçant", décrypte Jean-Philippe Poisson, associé chez Elia Consulting.

 Le e-commerce pèse 45 milliards d'euros en France

 Un enjeu de taille pour le secteur bancaire car le commerce électronique ne pèse pas moins de 45 milliards d'euros en France, soit 8% de l'ensemble du commerce de détail, selon la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad). Quant au m-commerce, c'est-à-dire aux ventes en ligne depuis un mobile, il ne représentait encore que 1 milliard d'euros en 2012, mais ce chiffre correspond à un bond de 150% par rapport à 2011.

 Un potentiel tel que PayPal est loin d'être seul à marcher sur les plates-bandes des banques, dans le domaine du paiement en ligne. Amazon, Apple avec iTunes, Google et son portefeuille digital Google Wallet, ou bien encore les opérateurs de téléphonie mobile Orange, SFR et Bouygues Telecom avec Buyster, en font autant. Une liste à laquelle s'ajouteront MasterCard et Visa, qui proposeront leurs propres portefeuilles électroniques en France d'ici à la fin de l'année. Mais, "porté par trois grandes banques, Paylib est un candidat sérieux sur le marché des portefeuilles électroniques. Il combine la simplicité d'utilisation de PayPal avec un environnement perçu comme très sécurisé", affirme Jean-Philippe Poisson.

 D'autres banques, françaises et européennes, pourraient rejoindre Paylib

Autre avantage, les 23 millions de clients particuliers totalisés par BNP Paribas, la Société générale et la Banque Postale sont autant d'utilisateurs potentiels de Paylib. Une manne qui ne devrait pas laisser insensibles les e-commerçants. D'ailleurs, Paylib a déjà remporté les suffrages de huit des 15 plus gros sites de commerce électroniques français, comme voyages-sncf.com, ventes-privées.com, Priceminister, Showroomprive ou bien encore Leroy Merlin.

Il faut dire aussi que les commissions facturées aux e-commerçants par les banques sur les achats effectués via Paylib seront "très compétitives" par rapport à celles de PayPal, indique Laurent Goutard. Si bien que "d'autres sites de commerce en ligne nous rejoindront à partir du 24 septembre", assure le patron de la banque de détail de la Société générale. Et les autres banques, dans tout ça ? "Nous sommes trois banques au départ mais Paylib est une solution de paiement ouverte, qui doit permettre à d'autres banques, françaises et européennes, de nous rejoindre", précise Marie-Claire Capobianco, directeur des réseaux France de BNP Paribas. Un élargissement indispensable pour que les banques parviennent à créer un véritable standard dans le paiement en ligne.

 

 

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Commentaires
a écrit le 09/10/2013 à 17:05 :
L'autre avantage de paypal est la garantie des livraisons et le suivi des litiges.
Pour moi, c'est la raison principale de payer via paypal. Il m'est arrivé d'acheter à une société qui a disparu avant de livrer et j'ai été bien content d'être remboursé.
Si Paylib ne fait pas de même, cela ne m'interesse même pas.
a écrit le 07/10/2013 à 18:50 :
L'arme secrète, machiavélique n'est il pas..:

http://www.village-justice.com/articles/compte-PAYPAL-compte-etranger-soumis,15331.html

a écrit le 02/10/2013 à 16:16 :
Ce qui me fait doucement rigoler c'est qu'en 2000 la BNP a fusionné avec PARIBAS qui avait un système de paiement électronique tout à fait performant et qui possédait aussi un porte-monnaie pour les petit paiements.
Je faisais partie de ce projet et aujourd'hui on nous annonce la création d'un système identique. Avec plus de dix ans de retard les banques françaises se lancent... cherchez l'erreur !!!
a écrit le 18/09/2013 à 9:05 :
Tout cela paraît bien tardif. Toujours une guerre de retard, les français ?
a écrit le 17/09/2013 à 19:30 :
On a décidément toujours rien compris.
La France n'a pas la taille suffisante pour lancer ce genre de service. C'est avec nos partenaires Européens qu'il faut travailler et encore, ce n'est pas certain que ce soit suffisant.
a écrit le 17/09/2013 à 18:58 :
Je suis plutot ok pour utilser ce system lie a ma banque plutot que le luxembougeois paypal.
Tous dependra de l adoption par les marchants e commerce , donc du cout pour le commercant. S il est plus élevé que paypal, c est pas la peine ! Et pouquoi deux codes pour un paiment ? Si paypal est plus simple les gens continuerons a l utiler.
a écrit le 17/09/2013 à 17:43 :
Quand j'ai lu "objectif : reprendre l'avantage sur les PayPal, Amazon, iTunes", j'ai ri. Ils sont 15 ans trop tard. En informatique, 15 ans c'est une éternité.
a écrit le 17/09/2013 à 17:15 :
"lorsqu'un consommateur paye en ligne via Paypal, c'est ce dernier - et non pas la banque de l'internaute - qui touche une commission auprès du e-commerçant" Et les banques françaises se gardent bien de préciser le taux des commissions qu'elles pratiquent aux commerçants.... Le commerce en ligne n'a pas attendu les banques françaises pour se développer et visiblement elles prennent le train en marche sans grand enthousiasme car la concurrence est rude face à la compétitivité et la clarté tarifaire de Paypal, tout à l'opposé de l'opacité bancaire française!
Réponse de le 17/09/2013 à 19:13 :
Ou avez vous vu une opacité bancaire francaise quand vous payez avec une carte bleue ??
Faut relire ce qu'on écrit. Et vous pensez quoi que paypal c'est des philanthropes !! Les américains ils contrôlent le net et bientôt les paiements...
Sérieux...
Réponse de le 17/09/2013 à 19:46 :
@Bobo

Paypal ou pas le client paie sa carte bleue voir pas du tout (cf. compte prépayé) néanmoins pour un commerçant les commissions bancaires facturées par les banques françaises sont opaques. Paypal ce n'est pas une oeuvre de charité cependant c'est globalement plus intéressant pour le client et le commerçant car moins gourmand. C'est cela qui dérange beaucoup les banques françaises et visiblement vous y un intérêt à les défendre.
Réponse de le 18/09/2013 à 17:12 :
@Michel : comparez les contrats, les commissions PayPal pour un paiement en ligne par carte bancaire sont plus chères que celles proposées par les banques ou par les prestataires de services de paiement indépendants. L'avantage de PayPal réside principalement dans l'expérience utilisateur proposée, et c'est ce différentiel que réduit PayLib. Le taux d'activation sur la base clients de ces 3 banques sera clé du succès de cette initiative.
a écrit le 17/09/2013 à 16:52 :
il etait temps il y a des potentiels enormes en France dans ce domaine.
a écrit le 17/09/2013 à 16:43 :
Pourquoi ne pas avoir fait la meme chose que PayPal et indépendant des banques au travers d'un GIE hautement sécurisé mais s'appuyant sur les cartes de crédit comme PayPal. Au passage, ils auraient pu offrir des commissions moitié moins importantes que celles de PayPal ... Faire son propre système pour soit c'est bien mais cela n'engage pas tellement les autres concurents à vous rejoindre.
a écrit le 17/09/2013 à 16:35 :
BRAVO !!!! il etait temps !!!
Réponse de le 17/09/2013 à 17:06 :
bnp chiffre 3% de frais au client
Réponse de le 18/09/2013 à 9:53 :
@realite d'où sors-tu ce chiffre ?
a écrit le 17/09/2013 à 16:35 :
Ouais ca part d un bon sentiment, mais c est bien trop tard..... suffit de regarder les chiffres du dernier entrant Kwixo....
Réponse de le 17/09/2013 à 17:31 :
Sur Kwixo regardez les pbs et litiges que les utilisateurs ont...
Ca devrait en calmer plus d'un

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