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Sepa : le standard de paiement européen qui commence à affoler les PME

Photo de Christine Lejoux

Christine Lejoux

Publié le 23 septembre 2013 à 14:04 - Mis à jour le 23 septembre 2013 à 15:51

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05 juin 2026

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Les entreprises, et tout particulièrement les PME, n’ont plus que jusqu'au 1er février 2014 pour se conformer à Sepa, le nouveau standard européen en matière de virements et de prélèvements. Passé ce délai, les opérations réalisées au format national seront refusées par les banques, ce qui représentera un sérieux risque opérationnel pour les entreprises.

Il n'y a pas le feu au lac, mais presque. Ce lundi 23 septembre, Pierre Moscovici, ministre de l'Economie et des finances, et Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, se sont fendus d'une conférence de presse commune sur le thème a priori peu glamour de l'espace unique de paiements en euros, Sepa (Single Euro Payments Area).

Les deux hommes ont lancé "un appel à la mobilisation générale" des entreprises, et plus particulièrement des PME, pour que celles-ci "procèdent aux investissements nécessaires au passage à Sepa."

C'est qu'il y a urgence : le 1er février 2014, les entreprises et les administrations devront avoir adopté ce nouveau standard européen en matière de virements et de prélèvements, qui s'inscrit dans le prolongement du passage à l'euro.

Un risque pour l'activité des entreprises

Passé ce délai, les opérations encore effectuées dans les formats nationaux seront tout simplement refusées par les banques. D'où un véritable "risque opérationnel" pour les entreprises, a souligné Pierre Moscovici. En clair, les sociétés retardataires ne seraient plus en mesure de payer leurs salariés, leurs fournisseurs, pas plus qu'elles ne pourraient recevoir les paiements de leurs clients.

De la même façon, une semaine plus tôt, la Confédération générale des PME (CGPME) avait exhorté les entreprises à "ne pas louper cette échéance, afin de ne pas mettre leur activité en danger." Un risque d'autant plus grand que les entreprises françaises réalisent encore la moitié de leurs virements au format national, a indiqué le ministre de l'Economie, précisant que "beaucoup reste à faire dans le cas des PME." Une proportion qui grimpe à 97% dans le cas des prélèvements, a ajouté Christian Noyer.

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Et les entreprises des autres pays européens ne sont guère plus avancées, selon le gouverneur de la Banque de France. Lors du conseil Ecofin du 14 mai, les ministres des finances de l'Union européenne avaient d'ailleurs "regretté que la migration vers Sepa soit loin d'être achevée", et avaient "invité tous les Etats membres à renforcer considérablement leurs actions de communication", en la matière.

Le passage à Sepa coûte entre 100.000 et 10 millions d'euros par entreprise

Pourtant, "les banques françaises proposent à leurs clients le virement et le prélèvement Sepa depuis 2008 et 2010, respectivement", a souligné la Fédération bancaire française (FBF), dans un communiqué publié lundi, rappelant que la profession bancaire avait lancé, en avril, le site www.banques-sepa.fr, afin d'aider les entreprises à se conformer à Sepa.

"Les entreprises bénéficient de l'assistance des banques, des experts-comptables, des organisations professionnelles telles que le Medef et la CGPME et des chambres de commerce et d'industrie", a renchéri Pierre Moscovici.

Oui, mais crise économique oblige, les entreprises, et notamment les PME, n'ont pas fait une priorité du passage à Sepa, qui coûte de 100.000 à 10 millions d'euros par entreprise selon une étude de bfinance.

La BCE estime à 123 milliards d'euros les économies réalisées grâce à Sepa

Pierre Moscovici a donc joué sur la corde sensible du "renforcement de la compétitivité des PME, de la baisse des coûts et des formalités" engendrés par la migration vers Sepa, pour tenter de convaincre les entreprises de mettre le turbo.

De fait, les sociétés qui réalisent une part importante de leur activité à l'étranger n'auront plus à ouvrir des comptes bancaires dans chaque pays pour régler leurs fournisseurs ou pour être payées par leurs clients. La Banque centrale européenne (BCE) estime ainsi à 123 milliards d'euros le montant total des économies que les entreprises réaliseront grâce à Sepa.

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En tout état de cause, crise ou pas crise, les PME n'ont pas le choix, et, surtout, plus le temps. "Si toutes les entreprises décident de migrer vers Sepa dans les 15 jours précédant le 1er février 2014, les banques et les éditeurs de logiciels seront débordés, et il n'y aura pas de session de rattrapage", prévient Christian Noyer.

Christine Lejoux

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