Les entreprises, et tout particulièrement les PME, n’ont plus que jusqu'au 1er février 2014 pour se conformer à Sepa, le nouveau standard européen en matière de virements et de prélèvements. Passé ce délai, les opérations réalisées au format national seront refusées par les banques, ce qui représentera un sérieux risque opérationnel pour les entreprises.
Il n'y a pas le feu au lac, mais presque. Ce lundi 23 septembre, Pierre Moscovici, ministre de l'Economie et des finances, et Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, se sont fendus d'une conférence de presse commune sur le thème a priori peu glamour de l'espace unique de paiements en euros, Sepa (Single Euro Payments Area).
Les deux hommes ont lancé "un appel à la mobilisation générale" des entreprises, et plus particulièrement des PME, pour que celles-ci "procèdent aux investissements nécessaires au passage à Sepa."
C'est qu'il y a urgence : le 1er février 2014, les entreprises et les administrations devront avoir adopté ce nouveau standard européen en matière de virements et de prélèvements, qui s'inscrit dans le prolongement du passage à l'euro.
Un risque pour l'activité des entreprises
Passé ce délai, les opérations encore effectuées dans les formats nationaux seront tout simplement refusées par les banques. D'où un véritable "risque opérationnel" pour les entreprises, a souligné Pierre Moscovici. En clair, les sociétés retardataires ne seraient plus en mesure de payer leurs salariés, leurs fournisseurs, pas plus qu'elles ne pourraient recevoir les paiements de leurs clients.
"Les entreprises bénéficient de l'assistance des banques, des experts-comptables, des organisations professionnelles telles que le Medef et la CGPME et des chambres de commerce et d'industrie", a renchéri Pierre Moscovici.
La BCE estime à 123 milliards d'euros les économies réalisées grâce à Sepa
Pierre Moscovici a donc joué sur la corde sensible du "renforcement de la compétitivité des PME, de la baisse des coûts et des formalités" engendrés par la migration vers Sepa, pour tenter de convaincre les entreprises de mettre le turbo.
De fait, les sociétés qui réalisent une part importante de leur activité à l'étranger n'auront plus à ouvrir des comptes bancaires dans chaque pays pour régler leurs fournisseurs ou pour être payées par leurs clients. La Banque centrale européenne (BCE) estime ainsi à 123 milliards d'euros le montant total des économies que les entreprises réaliseront grâce à Sepa.
En tout état de cause, crise ou pas crise, les PME n'ont pas le choix, et, surtout, plus le temps. "Si toutes les entreprises décident de migrer vers Sepa dans les 15 jours précédant le 1er février 2014, les banques et les éditeurs de logiciels seront débordés, et il n'y aura pas de session de rattrapage", prévient Christian Noyer.