Les banques françaises semblent entrevoir enfin le bout du tunnel

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BNP Paribas a publié un bénéfice net en hausse de 2,4%, au titre du troisième trimestre 2013, à 1,36 milliard d’euros, un montant très supérieur aux prévisions des analystes sondés par l’agence Dow Jones. REUTERS.
BNP Paribas a publié un bénéfice net en hausse de 2,4%, au titre du troisième trimestre 2013, à 1,36 milliard d’euros, un montant très supérieur aux prévisions des analystes sondés par l’agence Dow Jones. REUTERS. (Crédits : reuters.com)
Les bons résultats de BNP Paribas laissent espérer une saison « des trimestriels » d’aussi bonne facture que celle du premier semestre, dans le secteur bancaire français dont es valeurs caracolent d’ailleurs en tête de l’indice CAC, sur les six derniers mois.

Les banques vont-elles redevenir ennuyeuses ? Avant la crise de 2008, analystes financiers et journalistes se plaignaient parfois de la monotonie du secteur bancaire, solide et bien valorisé en Bourse, ne réservant que très peu de surprises, bonnes comme mauvaises. Crise financière oblige, le secteur bancaire était enfin devenu passionnant pour les experts en quête d'adrénaline, ces cinq dernières années, entre écroulement des valorisations boursières, nettoyage des bilans et menaces de règlementations drastiques.

 Hélas pour eux, il semble que cette période soit révolue. Qu'on en juge par la publication des résultats trimestriels de BNP Paribas, jeudi 31 octobre : la première banque française, qui ouvrait ainsi le "bal des trimestriels" dans le secteur, a fait état d'un bénéfice net en hausse de 2,4%, à 1,36 milliard d'euros, très supérieur aux prévisions des analystes sondés par l'agence Dow Jones.

 Le cours de la Société générale a bondi de près de 50% depuis début mai

 Les comptes trimestriels de la Société générale, du Crédit agricole et de BPCE/Natixis, dont la publication est prévue pour la semaine prochaine, seront-ils à l'avenant, faisant de cette "saison des trimestriels" un aussi bon crû que celui des résultats du premier semestre ? Les analystes semblent le croire : pas moins de trois des quatre plus grandes banques françaises figurent parmi les dix plus fortes hausses de l'indice CAC 40, sur les six derniers mois.

 A commencer par la Société générale, dont le cours de Bourse a bondi de près de 50% depuis début mai. Le Crédit agricole et BNP Paribas font jeu égal, avec des envolées de l'ordre de 26% chacune. Quant au titre Natixis, sa hausse de 18,8% sur les six derniers mois est très supérieure à celle du CAC 40 (+10,5%).

 Une réforme bancaire "peu dommageable" pour les banques

 "Les mesures prises par les autorités, comme la réforme bancaire votée cet été, peu dommageable pour les banques, nous rassurent sur l'environnement du secteur, par rapport à ce qu'avait suggéré le président François Hollande durant sa campagne présidentielle",

expliquent les analystes de Bank of America Merrill Lynch, dans une note publiée le 24 octobre. C'est vrai qu'il semble loin, le temps où les investisseurs s'inquiétaient d'un possible découpage en deux des banques françaises, évoqué par François Hollande lors de son discours du Bourget, au début de l'année 2012.

 Votée en juillet dernier, la loi de séparation et de régulation des activités bancaires ne devrait en fait concerner que BNP Paribas et la Société générale. Et encore : l'impact sera fort limité. Les activités pour compte propre que les deux banques devront isoler dans une filiale ad hoc ne représentent en effet qu'un infime pourcentage de leurs revenus, de l'ordre de 1% pour la Société générale, avait indiqué son président, Frédéric Oudéa, début 2013.

 Les banques françaises déjà au rendez-vous de Bâle III

Toujours au chapitre de la régulation, les banques françaises ont considérablement allégé leurs bilans depuis la crise des dettes souveraines dans la zone euro, et ce, sous la pression des régulateurs et des marchés financiers. Résultat, toutes - ou presque - sont déjà au rendez-vous de la future réglementation internationale de Bâle III, qui réclame un ratio de fonds propres durs (rapportés aux actifs pondérés des risques) de 7% au moins, et de 9,5% pour les établissements d'importance systémique.

 BNP Paribas affiche ainsi un ratio de solvabilité de 10,8% au 30 septembre. La Société générale a promis que le sien atteindrait 9,5% fin 2013, BPCE satisfaisait déjà cette exigence au 30 juin, date à laquelle celui du Crédit agricole s'élevait à 10%. "Les banques françaises ont adapté leurs bilans, elles vont beaucoup mieux", insiste un grand banquier français. Au point, ajoute-t-il, que "nous sommes très à l'aise par rapport à la revue de la qualité des bilans du secteur et aux tests de résistance que la BCE (Banque centrale européenne) mènera en 2014. Nous ne nous sentons pas visés."

 Les banques repartent timidement à l'offensive sur le front de la croissance externe

Cette solidité retrouvée permet aux banques françaises de se montrer à nouveau un peu plus offensives. Selon la presse polonaise, BNP Paribas aurait proposé un milliard d'euros pour racheter BGZ, la filiale polonaise de la banque néerlandaise Rabobank, afin de se renforcer sur le premier marché bancaire d'Europe orientale. De son côté, la Société générale s'apprête à porter à 92,4% sa participation dans la banque russe Rosbank.

Pour autant, ces transactions n'ont rien de "transformant", comme on dit dans le jargon des banquiers d'affaires. L'heure est d'autant moins aux grandes opérations de fusions et acquisitions que les régulateurs bancaires surveillent les ratios de solvabilité comme le lait sur le feu, et que la conjoncture économique toujours morose incite à la prudence.

De fait, BNP Paribas ne doit la hausse de son bénéfice trimestriel qu'à son programme d'économies et à une bonne maîtrise du coût du risque (provisions pour risque d'impayés). Le PNB (produit net bancaire, l'équivalent du chiffre d'affaires) a, lui, chuté de 4%, à 9,3 milliards d'euros, en raison de la baisse des revenus tirés des activités sur les marchés obligataires et, en banque de détail, de la faiblesse de la demande de crédits.

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a écrit le 09/11/2013 à 11:21 :
je me réjouis de voir les banques françaises dégager de très bons résultats: c'est un gage sécurisant pour l'avenir... dire qu'elles sont impliquées dans des scandales, relèvent du phantasme politico-médiatique ou de la méconnaissance des rouages bancaires. Arrêtez de baver sur le secteur bancaire qui est exemplaire eu égard aux autres secteurs de l'économie française...les banques et le secteur bancaire prête, arrêtons de dire le contraire...et si seulement les politiques pouvaient aussi rigoureux que les banques, le pays n'en serait pas là.
a écrit le 06/11/2013 à 12:06 :
De nombreuses Banques françaises impliquées dans le plus grand scandale banquaire français : Escroquerie en Bande organisée au préjudice de 1 milliard € / 700 victimes
#affaireapollonia
L'affaire est instruite au pénal à Marseille depuis 2008 !
a écrit le 04/11/2013 à 13:43 :
Les Banques françaises impliquées dans une immense Escroquerie en Bande Organisée dans le cadre de l'affaire Apollonia . 1 milliard € de préjudice : 700 victimes. Le dossier est instruit au pénal à Marseille depuis 2008. #affaireapollonia
La presse étouffe ce scandale ! Les politiques ne prennent pas leur responsabilité en ne donnant pas les moyens à la justice pour avancer.
Qui avait dit qu'il lutterait contre les abus du monde de la finance ?
a écrit le 04/11/2013 à 11:53 :
Ce n'est pas ce que disent les articles spécialisés à l'étranger. Mais bon, il faut bien qu'elles se trouvent des relais de pub afin d'engranger de nouveaux clients sur le long terme (voir articles sur les emprunts de plus en plus lourds pour acheter de l'immobilier) et pouvoir, de nouveau, être aidées par de l'argent public lors du prochain (proche) crack.
a écrit le 03/11/2013 à 10:38 :
....Ah! bon? pas comme nous, alors !!
a écrit le 03/11/2013 à 10:38 :
....Ah! bon? pas comme nous, alors !!
a écrit le 03/11/2013 à 10:38 :
....Ah! bon? pas comme nous, alors !!
a écrit le 01/11/2013 à 18:03 :
Le mois dernier, j'ai été à découvert de près de 1000e à la bnp. J'ai eu 150e de frais d'intervention! Pas de doute que la bnp soit bénéficiaire, mais sur notre dos.
Réponse de le 01/11/2013 à 19:41 :
Pas de découvert = pas de frais.
C tout bête !!
Réponse de le 01/11/2013 à 19:47 :
Fallait pas être à découvert !!! Vous avez signé les conditions générales, vous saviez donc ce qui allait arriver.
Pour ma part, sans être radin mais en ne vivant pas non plus au dessus de mais moyens, ma banque me coûte une quarantaine d'euros par an, soit moins que les intérêts de l'épargne. Donc que ceux qui se plaignent sans arrêt du tarif des banques se remettent aussi en cause ou fassent le point sur des services dont ils n'ont pas besoin.
Réponse de le 03/11/2013 à 8:35 :
A découvert: De plus si tu lis l'article en détail !! et pas juste en diagonale ! il explique que les bénéfices sont liés a la baisse du cout du risque ''prêter aux bonnes personne celles qui rembourse sans trop d'impayés" et une baisse dans le domaine banque de détail = moins crédit moins de frais bancaire moins de services comme les cartes assurances ETC... il y a plusieurs domaine qu'il ne faut pas mélanger... Mais bon très peu sont les gens qui juges en ayant eut cette réflexion.. bien dommage..
a écrit le 01/11/2013 à 14:48 :
C'est tellement facile d'entrevoir le bout du tunnel quand les lumières sont éteintes, ça évite de voir les fissures au plafond.
a écrit le 01/11/2013 à 13:26 :
Les banques ça marche avec des interets et grace à l'argent des pauvres. Peut on vivre sans banques ?
Réponse de le 02/11/2013 à 11:48 :
oui
Réponse de le 03/11/2013 à 8:38 :
Les pauvres ont pas d'argent !!! lol donc aussi avec l'argent des riches pour prêter aux pauvres arrêter d'avoir des réflexions qui vont pas plus loin que le bout de votre nez je prêtant pas être économiste loin de là j'ai q un petit BTS (banque) mais je m'intéresse avant de juger
Réponse de le 03/11/2013 à 18:21 :
alors intéressez-vous avant de juger ! et vous verrez que les gens à faible revenu offre un meilleur rendement que les gens aisés !
a écrit le 01/11/2013 à 13:07 :
Parole de banquier ca ne vaut pas très cher .dexia allait très bien des bénéficie s et un matin boum !!! Des dizaines de milliards de pertes. . Les banques n osent pas se prêter entrent elles car elles savent qu elles ont toutes des morts au congélateur
a écrit le 01/11/2013 à 12:15 :
Les banques n ont rien appris et au prochain krach niellé demanderont au con tribu able de payer les pertes !!
Réponse de le 01/11/2013 à 14:27 :
Belle analyse de comptoir de café.. C était avant ou après l'apéro ?

Si nous avions un état aussi bien gère que BNP paribas nous n en serions pas la !!!
Réponse de le 02/11/2013 à 8:26 :
Tiens ! Un petit employé de banque qui se prend pour un gros cake...
Réponse de le 03/11/2013 à 8:42 :
" le sauvetage" des banques par l 'état A rapporté De l'argent !!!!( il me semble quelques milliard).

Au passage.. bien dit jojo lol
a écrit le 01/11/2013 à 11:04 :
Nos banquiers sont redevenus bien sages, on dirait. C'est la moindre des choses, après toutes les c... ries des folles années "banque de marché". On peut se demander avec quoi ils vont à nouveau tous péter les plombs d'ici cinq ans. On ne se refait pas : voilà ce que c'est d'avoir une moralité hasardeuse ("moral hazard" ?).
a écrit le 01/11/2013 à 9:56 :
vite une taxe de 75% sur les résultats des banques
a écrit le 01/11/2013 à 8:21 :
Comique et désopilant de la Tribune.
a écrit le 01/11/2013 à 7:52 :
Effectivement, ce ne sont pas les clients mais les contribuables qui sont esclaves des banquiers ! Toutes les avances faites par l'état à la plupart des banques en temps de crise sans contreparties, le renflouement de natixis, les faibles taux sur l'euro, Toutes ces niches fiscales dont les cadres supérieurs des banques bénéficient indûment et leur permettant de payer une moins grande proportion d'impôts que la moyenne malgré un salaire plus élevé. Il y a aussi une grande proportion du Crédit d'impôt recherche qui est détourné par les banques (je me demande comment ils justifient cela, le pb venant aussi de ceux qui acceptent de les laisser faire). Aussi la moitié des polytechniciens se dirigent vers les finances dès leur stage de fin d'étude. Polytechnique est une école coûtant bien cher aux contribuables pourtant. Finalement l'impunité totale face aux transgressions quotidiennes de la loi (notamment via des délis d'initié).
J'oublie certainement bcp de choses.
a écrit le 31/10/2013 à 22:17 :
Classe moyenne, client esclave de quoi ??? Rien de plus facile que de changer de banque en 2013, faut arrêter d écrire n importe quoi. Client esclave... Si vous étiez esclave pour de bon vous verriez la différence ....
Et surtout restez sur le livret A. Et le meilleur placement c est le matelas comme ça la banque elle encaisse ZÉRO.... Oui mais c est aussi zéro pour vous aussi !!! Vive les buses !!
a écrit le 31/10/2013 à 21:13 :
ouf les banques sont sauvées, merci l'état. Le banquier va pouvoir reprendre sa routine et débouter les clients de la classe moyenne qui demande un prêt très raisonnable pour se loger au lieu de payer des loyers immondes qui surpasse la mensualité d'un prêt. Par contre il continuera de harceler ce même client pour lui vendre ses assurances et ses produits d'épargnes qui ne rapporte qu'à la banque au final. Client pigeon, client esclave. A quand l'aide de l'état pour le client ?
Réponse de le 31/10/2013 à 21:58 :
En dehors de Dexia déjà en partie publique ,l'etat n'a rien fait pour les banques si ce n'est de leur decompter un taux exorbitant pour des emprunts dont en realité elles n'avaient pas besoin !
Réponse de le 31/10/2013 à 21:58 :
En dehors de Dexia déjà en partie publique ,l'etat n'a rien fait pour les banques si ce n'est de leur decompter un taux exorbitant pour des emprunts dont en realité elles n'avaient pas besoin !
Réponse de le 02/11/2013 à 18:06 :
Vous avez pleinement raison mais la populace préfère 1000 fois le mensonge des banques que l'on aurait renflouées à la vérité.
Réponse de le 02/11/2013 à 18:06 :
Vous avez pleinement raison mais la populace préfère 1000 fois le mensonge des banques que l'on aurait renflouées à la vérité.
a écrit le 31/10/2013 à 20:34 :
ben voyons !
Ils ont encore un leverage à 25, à par ça tout va bien !!!
a écrit le 31/10/2013 à 19:26 :
Les socialistes travaillent à les achever, comme toutes les autres entreprises françaises. Faudra-t-il dépoussiérer les guillotines pour stopper le massacre?
a écrit le 31/10/2013 à 18:48 :
Ouais, et ben moi, je ne vois même pas la sortie du mien ...
a écrit le 31/10/2013 à 18:12 :
Augmentation des prélèvement de commissions sur les clients, externalisation des risques notoires, sous évaluations des provisions sur risques dits maîtrisés, etc. Seuls les stress tests organisés par le superviseur bancaire européen feront le point véritable sur la solidité des banques françaises.
Réponse de le 31/10/2013 à 18:21 :
Les stress test fait par des indépendant s de la société civile car souvenez vous. Dexia était nickel au test , bilans positifs et un matin BOUM !!! Des dizaines de milliards de dettes . a priori toutes les banques ont des trous noir. La preuve elles se prêtent pas entre elle !!!
Réponse de le 31/10/2013 à 18:47 :
Et pour BNP, une baisse du produit bancaire. Une amélioration du résultat en baisse de chiffre d'affaire, ça ne peut se faire très longtemps...
a écrit le 31/10/2013 à 17:47 :
La titrisation des risques (cf. crédits insolvables) ou le camouflage des pertes. C'est une art martial dont seuls les banques ont le secret.

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