Après deux années de baisse, le marché mondial des introductions en Bourse a rebondi de 27% en 2013, selon Ernst & Young. Qui prédit une année 2014 "record."
Les fonds de private equity à l'origine de plus du tiers des introductions en Bourse
"Le marché américain des IPOs n'a jamais été aussi actif depuis 2004, et cette tendance positive se poursuivra en 2014. Nous nous attendons à ce qu'un nombre croissant de fonds de capital-investissement et de capital-risque introduisent des sociétés en Bourse",
indique Franck Sebag, associé chez Ernst & Young.
De fait, les fonds de private equity ont été l'un des principaux moteurs du marché des introductions en Bourse, cette année. Et pas seulement aux Etats-Unis. Sur les 163 milliards de dollars générés par les IPOs en 2013, à l'échelle mondiale, plus du tiers (35%) est allé à des fonds de capital-investissement. Eux qui avaient souvent investi des sommes faramineuses dans des entreprises avant la crise financière de 2008, et qui s'étaient ensuite retrouvés "collés" avec des participations ne valant plus grand-chose, ont profité de la remontée des cours de Bourse pour céder enfin certaines de leurs participations.
Des progressions qui valorisent les grandes entreprises américaines pas moins de 16,7 fois leurs bénéfices estimés pour les douze prochains mois. Un multiple certes inférieur dans le cas des sociétés européennes, mais qui s'élève tout de même à 14,2.
Le marché chinois des IPOs rouvrira en janvier
Ensuite, la multiplication des signes de reprise économique aux Etats-Unis et la sortie de récession de la zone euro ont redonné une certaine visibilité sur l'activité et les résultats des entreprises, encourageant les patrons qui avaient remisé leurs projets d'IPOs ces dernières années à les ressortir des cartons. Et ce ne sont pas les candidats qui manquent pour les prochains mois : rien qu'en France, l'opérateur de télécommunications SFR, l'assureur-crédit Coface, le groupe de restauration collective Elior, la filiale d'ingénierie navale de GDF Suez et de Total - GTT -, et Wordline, la filiale de paiements électroniques d'Atos, planchent sur leurs introductions en Bourse.
Aussi Franck Sebag, chez Ernst & Young, prédit-il une année 2014 "record" sur le front des IPOs, à l'échelle mondiale. L'expert attend 250 à 350 opérations au cours du seul premier trimestre, pour un montant global compris entre 35 milliards et 45 milliards de dollars. Un optimisme d'autant plus fort que le marché chinois des IPOs - fermé depuis novembre 2012 afin de freiner la surchauffe boursière, et où quelque 700 candidats à la cotation en Bourse rongent leur frein - rouvrira en janvier prochain.