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Capital-investissement recherche… investisseurs

Photo de Christine Lejoux

Christine Lejoux

Publié le 02 juillet 2014 à 15:21 - Mis à jour le 02 juillet 2014 à 16:31

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Face au désengagement des banques, le capital-investissement français tente d’attirer à lui de nouveaux investisseurs, comme les mutuelles et les petites compagnies d’assurance. Le private equity vante sa "surperformance" par rapport à la Bourse.

Le capital-investissement est un métier encore jeune en France, où il existe depuis une trentaine d'années seulement. Résultat, nombre d'investisseurs institutionnels le connaissent peu, voire mal, et ne misent donc pas sur cette classe d'actifs. C'est pour tenter d'inverser la tendance que l'Afic (Association française des investisseurs pour la croissance) - le lobby du private equity - a organisé mercredi 2 juillet à Paris une matinée pédagogique à destination de ces "zinzins" peu familiers de l'investissement dans des PME et des ETI (entreprises de taille intermédiaire) non cotées en Bourse. Un public essentiellement composé de mutuelles et de petites compagnies d'assurance, les grands assureurs eux, étant rompus aux rouages du private equity.

L'enjeu est de taille pour le capital-investissement français, confronté depuis plusieurs années à la désaffection de ses pourvoyeurs de capitaux historiques, à savoir les banques. La réglementation de Bâle III relative au renforcement de leurs fonds propres a en effet conduit les banques françaises à diviser par trois environ leurs investissements dans le private equity, depuis les années 2006-2008, selon l'Afic. D'où cette opération-séduction pour tenter de conquérir de nouveaux investisseurs.

 Le capital-investissement affiche un rendement supérieur à la Bourse

 "Le capital-investissement français assure aux investisseurs de long terme qui lui confient des capitaux, et aux épargnants qu'ils représentent, des rendements qui surperforment nettement les autres classes d'actifs", affirme ainsi Michel Chabanel, le président fraîchement élu de l'Afic. De fait, selon une étude réalisée par cette dernière et le cabinet d'audit EY (anciennement Ernst & Young), le capital-investissement français affichait à la fin 2013 un rendement sur dix ans de 10,7%, contre 5,5% seulement pour le CAC 40 - l'indice phare de la Bourse de Paris -, et pas plus de 6,6% pour le CAC All-Tradable (ex SBF 250). La performance du capital-investissement est également très supérieure à celles du marché obligataire et de l'immobilier, dont les rendements sur dix ans se limitaient respectivement à 5,4% et à 7,2% en fin d'année dernière.

 "Même durant les crises (financières, économiques) les plus importantes, le capital-investissement affiche une surperformance significative par rapport aux marchés cotés", renchérit Oliver Gottschalg, professeur à HEC. Et d'expliciter : "Le travail effectué par les fonds de capital-investissement sur les sociétés qu'ils ont en portefeuille aide à protéger la valorisation de ces dernières." Si le capital-investissement offre un meilleur rendement par rapport à la Bourse, c'est également pour compenser la faible liquidité du non-coté. En effet, les investisseurs qui placent de l'argent dans un fonds de private equity voient cette somme mobilisée durant sept ans environ, le temps que le fonds l'investisse dans des PME et revende ces dernières avec une plus-value qui lui permettra de rémunérer les "zinzins."

Les assureurs ont investi 27 milliards dans le private equity, en 2013

"Les investisseurs en private equity sont des investisseurs de long terme, comme les fonds de pension et les fonds souverains", insiste Edouard Boscher, responsable des relations investisseurs chez Ardian (ex Axa Private Equity). Pour qui le capital-investissement a pour autres avantages de "présenter une volatilité moindre que celle des indices boursiers, et de retrouver plus rapidement (que ces derniers) ses plus hauts niveaux." Aussi, pour l'Afic, pas de doute, le private equity constitue un outil de diversification de leurs placements pour les investisseurs institutionnels. Bernard Spitz, président de la Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA), en convient : "L'intérêt des assureurs réside dans la diversification et la dynamisation de leurs actifs, surtout dans l'environnement actuel, où les taux sont extrêmement bas alors que les épargnants veulent du rendement."

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Certes, Solvabilité II (l'équivalent de Bâle III pour l'assurance) a fait un temps redouter une désertion similaire à celle des banques, cette future réglementation imposant aux assureurs de provisionner 49 centimes de capital pour chaque euro investi dans le non-coté. Mais, d'après Bernard Spitz, ce taux de charge de 49% devrait être ramené à 39% - soit celui fixé pour les actions cotées -, lors de la finalisation de cette réglementation européenne, en novembre. Aussi Hélène Falchier, responsable des investissements en private equity chez CNP Assurances, pense-t-elle "mettre du capital-investissement dans les nouveaux contrats euro-croissance et vie-génération [deux produits d'assurance-vie qui doivent voir le jour cet été ; Ndlr]." De bon augure pour les placements des assureurs français dans le capital-investissement, qui se sont élevés à 27 milliards d'euros en 2013.

Christine Lejoux

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