La banque, dont le bénéfice net a crû de 7,8% au deuxième trimestre, a augmenté de 200 millions d’euros sa provision pour litiges. Le résultat de ses activités en Russie a chuté de 30%.
Prudence est mère de sûreté. La Société générale, qui publiait vendredi 1er août ses résultats trimestriels, a augmenté de 200 millions d'euros sa provision collective pour litiges, après l'avoir déjà relevée de 400 millions en 2013. Un geste motivé par "laprudence, dans un contexte de durcissement des sanctions", a expliqué Frédéric Oudéa, PDG de la banque française, lors d'une conférence téléphonique.
Là est toute la question, aussi la banque précisait-elle dans son document de référence avoir "lancé un audit interne et coopérer avec les autorités américaines." Interrogé sur d'éventuelles premières conclusions de cet audit interne, Frédéric Oudéa a rétorqué que celui-ci n'en était qu'à "un stade préliminaire." De la même façon, "l'enquête de l'OFAC a débuté fin 2012 seulement, nous continuons de dialoguer avec les autorités américaines", précise le patron de la Générale.
Une amende de 445,9 millions dans le cadre de l'affaire de l'Euribor
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Laquelle avait déposé un recours auprès du Tribunal de Luxembourg, au sujet de la méthode utilisée pour déterminer la valeur des ventes ayant servi de base au calcul de l'amende. "Il s'agit de procédures très longues, il n'y a pas de nouveau développement spécifique à ce jour", indique Frédéric Oudéa.
Le marché russe devrait croître à deux chiffres, à moyen et long terme
Si les litiges représentent un risque croissant pour les banques, la Russie en est peut-être un autre, compte tenu des nouvelles sanctions économiques internationales qui frappent le pays depuis le 29 juillet. En particulier pour la Société générale qui, au travers notamment de sa filiale Rosbank, mise beaucoup sur la Russie, ce marché devant afficher "une croissance à deux chiffres à moyen et long terme, du fait d'un taux de bancarisation peu élevé."
Mais, pour l'heure, la banque doit composer avec le ralentissement significatif de l'économie russe, conséquence de la crise ukrainienne. La Générale avait ainsi déprécié à hauteur de 525 millions d'euros son écart d'acquisition [différence entre le prix payé pour acheter une entreprise et sa valeur comptable ; Ndlr] en Russie, au premier trimestre.
Le bénéfice net des activités en Russie a chuté de 30%
"Nous n'avons pas passé de nouvelle provision pour dépréciation au deuxième trimestre, car nous avons amorti tous nos écarts d'acquisition en Russie", précise Frédéric Oudéa. Qui "n'imagine pas de mesures de rétorsion (de Moscou, après les nouvelles sanctions internationales), car nous sommes importants pour l'économie russe", et n'entrevoit pas non plus "de conséquences à court terme" de ces nouvelles sanctions sur l'activité de la banque.
"Les résultats de nos activités en Russie augmenteront progressivement, pour contribuer de façon significative - à hauteur de 5% - au bénéfice net du groupe en 2016",
a affirmé vendredi Bernardo Sanchez Incera, directeur général délégué de la Société générale. Reste qu'au deuxième trimestre, le bénéfice net des activités en Russie a chuté de 30%, à 16 millions d'euros. Un montant qui représente 1,55% seulement du résultat de la Société générale, ressorti à 1,03 milliard d'euros, en hausse de près de 8%. Une performance qui n'a pas suffi à convaincre les investisseurs : le cours de Bourse perdait plus de 2% vendredi, peu après 14h.