A la tête de la dernière usine à fabriquer du pastis, Maristella Vasserot embouteille une tranche de l’Histoire de la Méditerranée
Maëva Gardet-Pizzo
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Maëva Gardet-Pizzo
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Le centre de Marseille a longtemps été industriel. Huileries, savonneries, manufactures de tabac. Puis la plupart de ces entreprises ont fermé. Ou déménagé dans le Nord de la ville, au profit de terrains plus spacieux.
Il en est une, néanmoins, qui a tenu bon. Située à quelques centaines de mètres de l'hôpital de la Timone, accessible aussi bien en tramway qu'en métro - ce dont peut d'usines marseillaise peuvent se targuer - la distillerie Cristal Limiñana continue de tourner grâce à la dizaine de salariés qui, chaque jour, se lèvent pour faire vivre cet univers anisé de 2.300 mètres carrés.
A la tête de l'entreprise, une femme : Maristella Vasserot. « Ici, c'est l'espace de stockage », montre-t-elle, « il est plein comme un œuf. Là, ce sont les cuves. Elles contiennent 12 litres. Certaines sont réservées à l'anis car son goût et son odeur restent pour l'éternité ! ». A côté, la ligne d'embouteillage. « Elle n'est pas de la dernière génération. On n'achète que de l'occasion car le neuf est trop cher ».
Chaque année, un million de bouteilles sortent de l'usine. Un peu de rhum, de la liqueur de thym... Mais ce sont surtout les anisés qui font la renommée de l'entreprise. Le Cristal Limiñana, Le Cristal 100 - son pendant non alcoolisé - et le Pastis des Marseillais, « qui coche toutes les cases du pastis populaire, bon et pas cher ». Trois produits qui représentent 70 % du chiffre d'affaires de la société. Un chiffre d'affaires réalisé en grande distribution comme au sein d'un réseau traditionnel de cavistes et autres épiceries fines.
Long cheveux bruns ondulés, œil noir, Maristella Vasserot ne se prédestinait pas à reprendre l'entreprise familiale. Même si, dit-elle, « j'ai toujours baigné dans cet univers car mes parents avaient du mal à délimiter sphères privée et professionnelle. J'ai toujours entendu parler anisette ».
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

A l'age des choix d'orientation, elle opte pour les langues. « Je parlais espagnol grâce à ma famille. Et je me suis vite rendu compte que quand je me trouvais en présence de personnes qui parlaient une autre langue, il suffisait que je prononce quelques mots de cette langue pour qu'ils m'ouvrent leurs portes ». Un bonheur qu'elle veut partager avec le plus grand nombre en ouvrant une école de langues. Ou plutôt, « un vrai centre linguistique mêlant cours, médiathèque, activités culturelles, cuisine, cinéclub, conférences... ». Un lieu où la langue n'est plus perçue à travers le strict prisme de la grammaire et de la conjugaison, mais comme une invitation à s'imprégner d'autres cultures. Une manière de mélanger des publics a priori éloignés, « du cadre d'entreprise au jeune décrocheur ».
Maëva Gardet-Pizzo