Dans le Sud, le Panier Provençal renforce la filière des tomates françaises et la souveraineté agricole tricolore
Maëva Gardet-Pizzo
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Au début des années 2000, la filière des tomates françaises fait face à un concurrent de poids : la Chine. Le pays produit des tomates très bon marché qui irriguent les acteurs de la transformation. Il investit également dans des outils de transformation du monde entier, à l'image de l'entreprise Le Cabanon dans le Vaucluse, rachetée par un investisseur chinois. « C'était une très grosse entreprise qui pouvait transformer jusqu'à 400.000 tonnes de tomates quand ses concurrents locaux en produisaient 30.000 tonnes », raconte Frédéric Baeza, directeur général du Panier Provençal.
S'ensuivent des destructions d'emploi jusqu'à la chute de ce fleuron français. « C'était le seul gros transformateur local, sur un territoire bien adapté, bien alimenté en eau, avec des savoir-faire, des personnes qualifiées, du matériel... »
Pour éviter de voir disparaître ce patrimoine, un nouveau projet industriel voit le jour : Provence Tomates. Mais « les choses n'ont pas été bien faites. Le business plan n'était pas juste et dans le même temps, le cours de la tomate a chuté, ce qui n'avait pas été anticipé ». En 2018, l'entreprise fait l'objet d'une liquidation judiciaire.
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C'est alors que la Coopérative agricole Provence-Languedoc (CAPL) décide de s'en mêler, reprenant en août 2019 Provence Tomates qui devient alors Le Panier Provençal. « CAPL est une coopérative plutôt commerçante qui achète du matériel, des produits phytosanitaires, des engrais pour ses membres. Elle a aussi une activité de collecte de céréale mais avant Le Panier Provençal, elle n'avait aucune activité industrielle ». Cette acquisition lui permet de vendre davantage - la culture de tomates a besoin de systèmes d'arrosage au goutte à goutte, d'engrais, de pesticides -, mais aussi de consolider la filière des tomates françaises. « Pour que la filière soit reconnue, il faut un tonnage suffisant. Sans cela, s'il ne s'agit que d'une niche et les industriels n'oseront pas commander de la tomate française », faute de stabilité et de volumes suffisants.
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