Banque 2.0 : les entreprises aussi commencent à s'y convertir

 |   |  943  mots
Le marché de l'encaissement mobile a déjà décollé dans les pays anglo-saxons, selon le Crédit du Nord, qui s'apprête à lancer sa solution MonéSmart.
Le marché de l'encaissement mobile a déjà décollé dans les pays anglo-saxons, selon le Crédit du Nord, qui s'apprête à lancer sa solution MonéSmart. (Crédits : © Robert Galbraith / Reuters)
Pour échanger avec leurs conseillers, les entreprises plébiscitent de plus en plus internet. Les banques, comme le Crédit du Nord, doivent donc innover pour leur faciliter la tâche...

La banque 2.0 est devenue une réalité indiscutable, sur le marché des particuliers. L'Internet mobile est en train de prendre le pouvoir, dans leur relation avec leur banque, au détriment de la fréquentation des agences. Les choses n'en sont pas encore là sur le segment de la clientèle des entreprises mais, là aussi, l'utilisation des canaux digitaux monte en puissance. Certes, 90% des clients du Crédit Nord (groupe Société générale), qui réalise les deux tiers de son activité sur le segment des PME, des TPE et des professionnels, se rendent encore au moins une fois par an en agence. Un chiffre qui n'a baissé que de trois points par rapport à 2010.

« Les clients professionnels continuent à aller en agence, pour des remises de chèques ou d'espèces », explique Bruno Delemotte, directeur du marché des professionnels et des associations au Crédit du Nord. Mais « l'usage des autres canaux augmente de façon sensible », nuance le dirigeant. De fait, près d'un tiers (33%) des clients du Crédit du Nord utilisent au moins une fois par an l'Internet pour échanger avec leur conseiller bancaire. Alors que le canal numérique était tout bonnement inexistant il y a cinq ans.

3.700 collaborateurs équipés de tablettes

Cette appétence croissante de ses clients pour une relation « multicanal » conduit le Crédit du Nord à innover en série, sur le front du digital. Il est vrai que le maintien de relations de visu entre le conseiller bancaire et ses clients professionnels revêt un tout autre enjeu que sur le marché des particuliers. « Nous connaissons mieux nos clients, nous faisons de meilleures affaires avec eux en les rencontrant », insiste Bruno Delemotte. Aussi, en cette rentrée 2015, ce ne sont pas moins de 3.700 collaborateurs du Crédit du Crédit du Nord, sur un total de 9.000, qui sont équipés de tablettes tactiles leur permettant « d'apporter » la banque chez le client. Et ce, de l'avant-vente de produits ou de services à la contractualisation et, bientôt, à la signature électronique, grâce à un partenariat conclu avec l'éditeur de logiciels Dictao (groupe Safran).

Le mois dernier, c'est avec la fintech française SlimPay, spécialiste des paiements récurrents, que le Crédit du Nord avait noué un partenariat, afin d'être en mesure de proposer à sa clientèle d'entreprises et de professionnels une alternative au paiement par carte bancaire ou par chèque. Cette alternative, c'est le prélèvement mensuel sur le compte bancaire du client, très pratique pour les sociétés dont les offres commerciales reposent sur un système d'abonnements, à l'image des clubs de sport ou d'ED, dans la mesure où elles n'ont pas à s'inquiéter des dates d'expiration des cartes bancaires de clients préenregistrés.

La demande des chefs d'entreprise en matière de banque numérique n'est pas encore spontanée

SlimPay affichait déjà 2,4 milliards d'euros d'opérations traitées en 2014, un montant que la fintech espère quasiment doubler cette année. « Nous sommes la première banque à avoir signé un partenariat avec SlimPay », se félicite Laurence Lasfont, directrice du marché des entreprises et des institutionnels au Crédit du Nord.Autre innovation digitale conçue par la banque pour sa clientèle d'entreprises : une application mobile destinée aux patrons de PME et de TPE. Lancée au mois de juillet, celle-ci permet aux chefs d'entreprise de valider à distance les virements, les prélèvements et les opérations de gestion de trésorerie préparés par des collaborateurs.

L'objectif : limiter le nombre de signataires, afin de réduire le risque de fraude, en particulier la fraude au président, dont 700 sociétés ont été victimes en France cette année, pour un total de 450 millions d'euros, selon l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière. Mais, preuve que la maturité de la clientèle professionnelle en matière de banque 2.0 n'a encore rien à voir avec celle des clients particuliers, « il n'existe encore que trois applications bancaires sur le marché (français) des clients entreprises », indique Laurence Lasfont.Qui reconnaît que « la demande (en la matière) n'est pas spontanée chez les chefs d'entreprise, car cela nécessite des changements d'organisation. »

Un marché qui a déjà décollé dans les pays anglo-saxons

Dans la même veine, la solution d'encaissement mobile MonéSmart, déployée par le Crédit du Nord pour les professionnels nomades tels que les chauffeurs de taxis et les infirmières à domicile, en test depuis le début de l'année 2014, « rencontre encore des freins à l'utilisation, plutôt du côté du client final », admet Bruno Delemotte, directeur du marché des professionnels et des associations au Crédit du Nord. Pour autant, le marché ayant « déjà décollé dans les pays anglo-saxons », la banque a bien l'intention de lancer officiellement MonéSmart, ce mois-ci.

Il faut dire que cette solution, qui couple une application de paiement mobile avec un petit boîtier dans lequel le client insère sa carte bancaire, est autrement plus légère et meilleur marché qu'un terminal de paiement classique, le boîtier coûtant une centaine d'euros, à quoi s'ajoute un abonnement mensuel de 15 euros, affirme Bruno Delemotte. Et puis, ne dit-on pas que l'offre crée sa propre demande ? Il vaudrait mieux car le Crédit du Nord a encore toute une série d'innovations digitales dans ses cartons, à destination de sa clientèle d'entreprises, du pass OP Secure déjouant l'usurpation de lignes de téléphonie mobile à la biométrie vocale pour valider les paiements en ligne.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 13/10/2015 à 17:19 :
C'est une banque en or !
a écrit le 08/10/2015 à 16:32 :
Article très intéressant! Les sujets de dématérialisation intéressent de plus en plus de secteurs. La signature électronique ne cessera de nous impressionner !
http://www.calindasoftware.com/fr/modele-de-cahier-des-charges-signature-electronique/

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :