UBS donne des précisions sur sa perte

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UBS a perdu 2,3 milliards de dollars (1,67 milliards d'euros) du fait de transactions non autorisées sur toute une série de contrats "futures". Selon les médias suisses, le directeur général de l'établissement, sur la sellette, va demander un demander un vote de confiance.

La situation reste agitée pour UBS depuis que la banque a révélé jeudi dernier avoir été victime d'un "trader fou". L'établissement suisse avait d'abord annoncé 2 milliards de dollars de pertes (1,5 milliard d'euros). Finalement, les dégâts ont été plus lourds.

Dimanche, la banque helvète a fait le point sur la fraude dont il a été victime. "La perte résulte de transactions spéculatives non autorisées sur divers futures sur les indices S&P-500, Dax et EuroStoxx au cours des trois derniers mois", explique UBS dans un communiqué."La perte liée à cela est de 2,3 milliards de dollars. Comme il a été dit précédemment, aucune position de la clientèle n'a été affectée".

UBS indique qu'elle a couvert le risque qui résultait de la fraude, avec un retour à la normale de ses opérations en Bourse dans la limite des risques précédemment définis. La banque explique que le trader avait dissimulé le fait que ses transactions sur indices boursiers avaient dépassé les plafonds de risque autorisés en ouvrant semble-t-il des positions fictives sur des fonds indiciels (ETF, exchange-traded funds) au sein même du système de la banque. Ces fonds traquent les performances des indices et sont moins onéreux que les fonds classiquement gérés. Les régulateurs avaient déjà lancé des avertissements sur les risques de certaines déclinaisons complexes des ETF.

Le trader en prison

Selon le Sunday Times, le trader aurait parié sur les marchés jusqu?à 10 milliards de dollars, avant que ses positions ne soient débouclées vendredi par la banque. Ce dernier est désormais en détention, inculpé d? "abus de position" et de "fraudes comptables". Il doit comparaître à nouveau devant le tribunal ce jeudi 22 septembre. De son côté, la direction de la banque suisse est sous pression. Le directeur général, Oswald Gruebel a toutefois fait savoir qu?il ne comptait pas démissionner de son poste. "Si vous me demandez si je me sens coupable, la réponse est non", a-t-il déclaré au journal Der Sonntag, reconnaissant néanmoins sa responsabilité dans l?affaire.

Par ailleurs, les gendarmes des marchés financiers en Suisse et au Royaume-Uni ont décidé de lancer des enquêtes pour déterminer le détail des activités de transactions non autorisées et expliquer l?échec des systèmes de contrôle de la banque.

Vote de confiance

Selon la presse helvétique de ce mardi, Oswald Grübel va demander un vote de confiance pour mener à bien la restructuration de la première banque suisse, éclaboussée par la fraude d'un de ses traders qui lui a coûté 2,3 milliards de dollars. La direction du groupe va se rendre mercredi à Singapour, où se trouve l'un de ses plus grands actionnaires, le fonds souverain GIC qui détient 6,41% d' UBS, pour présenter une restructuration de la banque d'affaires et de la gestion de fortune, a précisé le quotidien suisse Tages-Anzeiger.

Réagir fermement

GIC a appelé dans un communiqué l'établissement zurichois "à réagir fermement afin de rétablir la confiance dans la banque". Le fonds souverain s'est déclaré "déçu" et "inquiet" des pertes occasionnées par le trader et a demandé à UBS comment elle allait renforcer ses contrôles internes. Les Singapouriens ont par contre affirmé qu'ils voyaient toujours UB Scomme une banque solidement capitalisée et dotée d'une bonne activité de banque privée. Selon le Tages-Anzeiger, le plan prévoit d'"abandonner autant que possible" les activités de négoce à propre compte et de revenus fixes, cette dernière activité ayant été responsable des pertes abyssales durant la crise financière. La banque veut également réduire d'un tiers ses actifs à risques, qui atteignent actuellement 130 milliards de francs suisses, a ajouté le journal.

Vers un départ du directeur général ?

Oswald Grübel compte à cette occasion demander au conseil d'administration un vote de confiance, pour rester aux commandes de la banque jusqu'au début 2013 et pour mener à bien la restructuration de ces unités. Si un accord n'est pas trouvé d'ici à la journée des investisseurs du 17 novembre, M. Grübel partira, croit savoir le quotidien zurichois, qui se base sur des sources internes de l'établissement. Son successeur pourrait être Sergio Ermotti qui a quitté en avril Unicredit pour rejoindre UB S où il est le responsable Europe du groupe.

Le conseil d'administration tranchera

Un porte-parole d' UBS, contacté par l'AFP, a confirmé que la direction se rendait bien à Singapour pour un rendez-vous "prévu de longue date". Mais il a refusé de commenter les autres informations. Le patron d' UBS est sorti de son silence dimanche, en déclarant dans le journal dominical suisse Sonntag qu'il ne se sentait pas coupable dans cette affaire de fraude et qu'il n'avait aucune intention de démissionner. "Je ne pense pas démissionner", avait-il souligné, ajoutant cependant que cette décision était du ressort du conseil d'administration.

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Commentaires
a écrit le 19/09/2011 à 17:52 :
son seul crime à mon avis c'est d'avoir misé plus néanmoins si ca avait marché , il serait prise pour un genie
a écrit le 19/09/2011 à 15:14 :
Ce que je lis là est tout simplement effrayant : "il est completement clair pour moi qu'aucun outil de controle financier n'est capable de controler efficacement ce que font les traders au front office, ou dans le meilleur des cas, on ne fait que suivre et le dommage est fait lorsque les controleurs s'en rendent compte"
Nous sommes à la merci d'une poignée d'individus proclamés "surhommes" par des institutions financières dont la puissance économique peut déstabiliser un ou plusieurs pays, c'est-à-dire, des millions de gens. L'activité de ces surhommes se limite pourtant à enrichir un petit nombre d'investisseurs et n'a aucune utilité pour l'immense majorité des habitants de cette planète. Cette profession dérange de plus en plus, pire encore, fait craindre des catastrophes à grande échelle dont personne ne peut garantir que les dégâts seront toujours réparables. Sont-ils un mal nécessaire?
a écrit le 19/09/2011 à 10:59 :
C'est tout a fait logique. Ayant travaillé dans plusieurs sociétés de trading de commodities au dept controlling, il est completement clair pour moi qu'aucun outil de controle financier n'est capable de controler efficacement ce que font les traders au front office, ou dans le meilleur des cas, on ne fait que suivre et le dommage est fait lorsque les controleurs s'en rendent compte.
En outre, c'est une volonté systématique des banques et des sociétés de trading de ne pas vouloir "brider" leurs traders superstars: trop de controle signifierait risque de les démotiver et de les perdre pour la concurrence, et donc dire adieu a de potentiels futurs profits spéculatifs.
Donc ce qui s'est passé avec Kerviel et maintenant a UBS est tout a fait normal, et se répetera, car rien n'a changé en ce domaine malgré les fraudes et les pertes causées.
a écrit le 19/09/2011 à 10:41 :
Il etait tellement fort qu il a berne toute sa hierarchie...encore un Kerviel qu on nous presente comme des genies du crime....ou seraient ce des epouvantails destines a cacher autre chose...
a écrit le 19/09/2011 à 8:42 :
Encore un drame financier. C'est bien dommage.
a écrit le 19/09/2011 à 7:52 :
....bien fait !
Cela confirmera que ce 'domaine' manque de controles !
Certaines opérations de pure 'spéculation' devraient être interdites.
.....ces activités des banques devraient fonctionner uniquement sur 'leur' argent
a écrit le 19/09/2011 à 7:19 :
Rappelons que depuis l'affaire Kerviel, ceci ne peut plus arriver, parole de Banquier ;-)
a écrit le 18/09/2011 à 18:07 :
"Les régulateurs avaient déjà lancé des avertissements sur les risques de certaines déclinaisons complexes des ETF"

Et c'est quoi le rapport avec un rogue trader? NOn mais franchement...ce serait bien que les journalistes qui couvrent les marchés sachent de quoi ils parlent...

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