Grand nettoyage chez Intesa Sanpaolo : 27 milliards d'euros de mauvaises créances en vente

La première banque de détail d'Italie compte se débarrasser d'une partie des 27 milliards de prêts non-productifs contenus dans sa "bad bank". L'objectif : devenir une véritable machine à dividende d'ici 2017.

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La banque italienne a déjà bien avancé son nettoyage de bilan avec d'importantes dépréciations et provisions enregistrées en 2013.
La banque italienne a déjà bien avancé son nettoyage de bilan avec d'importantes dépréciations et provisions enregistrées en 2013. (Crédits : Reuters)

C'est l'heure du grand nettoyage de printemps. Le PDG d'Intesa Sanpaolo, Carlo Messina, a déclaré être en discussion avec d'importants fonds d'investissement spécialisés dans le rachat de créances en difficulté ("distressed debt"), rapporte le Financial Times.

La deuxième banque italienne en termes d'actifs souhaite en effet à se débarrasser d'une partie des 27 milliards d'euros de prêts non-productifs (prêts pour lesquels une banque n'a pas reçu de versement prévu depuis au moins 90 jours) qu'elle a placés dans sa nouvelle structure de défaisance, la "bad bank".

Des investisseurs affamés

Bien que les pourparlers en soient encore à un stade précoce, cette annonce est un nouveau signe qui indique que l'heure du délestage des actifs des banques a bien sonné. Au grand bonheur des prêteurs de la zone euro certes, mais aussi des investisseurs spécialisés, qui n'ont jamais caché leur impatience à voir les banques brader leurs "mauvais" actifs, surtout en 2014, année des redoutables "stress test" (tests qui évaluent, entre autres, la capacité des institutions financières à respecter les ratios réglementaires de fonds propres).

Les fonds américains spécialisés dans le rachat des dettes des compagnies en difficulté et des actifs dits "toxiques", à l'instar d'Apollo Global Management, Lone Star ou Oaktree, ont déjà commencé à signer d'importants deals ces dernières semaines dans les pays périphériques de la zone euro (Irlande, Espagne...), rapporte le Financial Times.

"Ils sont nombreux à exprimer leur intérêt, et cela pourrait effectivement être une façon de vendre nos actifs", a confirmé Carlo Messina au quotidien britannique, tout en précisant que les ratios de fonds propres de sa banque sont parmi les plus élevés en Europe et qu'il ne compte donc pas se débarrasser de ses "mauvaises dettes" dans l'urgence. "On a le temps, et si cela fait sens financièrement parlant nous sommes prêt à conserver certaines créances jusqu'à maturité", a-t-il expliqué.

Devenir une pure "machine à dividende"

Intesa a fait état vendredi 28 mars d'une perte nette de 4,6 milliards de d'euros en 2013 due à un grand nettoyage de bilan, avec l'enregistrement de dépréciations et de provisions conséquentes. La banque, qui a assuré être bien partie pour reconstituer ses bénéfices, a désormais pour objectif de réduire de moitié les 46 milliards d'euros d'actifs rassemblés dans sa bad bank d'ici 2017.

En plus des prêts non-productifs, cette structure de défaisance contient, entre autres, des participations dans de nombreuses compagnies italiennes, comme Telecom Italia, Alitalia ou RCS Mediagroup, rappelle le Financial Times.

Carlo Messina a promis de faire d'Intesa une "parfaite machine à dividende" et s'est engagé à verser 10 milliards d'euros à ses investisseurs sur les quatre prochaines années, selon le quotidien britannique. Confiante, la banque vise pour 2017 un ratio de distribution particulièrement élevé, de près de 90%. Autrement dit, sur une prévision de profit de 4,5 milliards d'euros, Intesa compte verser à ses actionnaires un dividende total de... 4 milliards d'euros. Ambitieux. Espérons que le grand nettoyage ne vire pas à la grande braderie.

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Commentaire 1
à écrit le 03/04/2014 à 12:56
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Heu, une banque a pour vocation à être une machine à dividende ... ? Ah ben oui suis-je bête, on est au XXIème siècle :-( !

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