A Strasbourg, le Crédit Mutuel veut accélérer sur l'IA avec IBM

Le groupe bancaire et son fournisseur stratégique américain veulent développer une nouvelle architecture, basée sur des compétences partagées et hébergée dans des datacenters privés. « 17% de nos ventes sont suscitées et accompagnées par de l'intelligence artificielle (IA) », affirme le Crédit Mutuel.

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Le géant informatique américain va déployer à Strasbourg un centre d'excellence dans l'IA appliquée à la finance.
Le géant informatique américain va déployer à Strasbourg un centre d'excellence dans l'IA appliquée à la finance. (Crédits : Sergio Perez)

Euro-Information, filiale informatique du Crédit Mutuel et IBM ont annoncé le 21 octobre le lancement du projet AmbitionS. Ce chantier technologique consistera à renforcer à Strasbourg des compétences partagées dans l'intelligence artificielle (IA), à transformer le système d'information du Crédit Mutuel vers une plateforme cloud privée unifiée et à développer l'analyse automatisée de documents. Le projet mobilisera dans un premier temps les 130 salariés d'une équipe commune, installée depuis 2018 à Strasbourg au sein d'un centre de compétences appelé Cognitive Factory. Issue à parts égales des effectifs d'IBM et d'Euro-Information, cette Cognitive Factory sera appelée à doubler ses ressources humaines au cours de ce partenariat, établi sur une durée de quatre ans, pour se stabiliser autour de 250 salariés.

"Nous créons à Strasbourg un pôle d'excellence pour servir exclusivement le Crédit Mutuel, avec qui nous avons déjà bâti une stratégie de cloud privé. Nous apportons de l'innovation technologique, notamment dans la dématérialisation des flux entrants", détaille Jean-Philippe Desbiolles, vice-président d'IBM France. Le géant de l'informatique américain s'apprête à investir "plusieurs millions d'euros" dans le projet AmbitionS. IBM promet davantage de compétences disponibles, fournies par son centre de recherche IBM Research à Paris-Saclay, et une équipe de direction dédiée à disposition d'Euro-Information. La filiale technologique du Crédit Mutuel n'a pas dévoilé le montant exact de son investissement.

17 % des ventes accompagnées par l'IA

Le Crédit Mutuel et IBM poursuivent un partenariat établi depuis cinquante ans. "Les systèmes d'intelligence artificielle sont souvent présentés de manière présomptueuse et arrogante. Ils produisent pourtant une puissance de développement extraordinaire. 17% de nos ventes sont suscitées et accompagnées par de l'intelligence artificielle", reconnaît Nicolas Théry, président du Crédit Mutuel. Un dérivé de Watson, le système d'intelligence artificielle d'IBM, est déjà utilisé par 30.000 personnes en permanence au sein du groupe bancaire.

Les équipes qui viendront renforcer la Cognitive Factory d'ici 2025 seront issues des effectifs existants d'IBM mais aussi, pour la moitié d'entre elles, recrutées. "L'ancrage régional est essentiel. Nous créons à Strasbourg une Académie de formation au bénéfice de ce projet", annonce Jean-Philippe Desbiolles. IBM entend aussi s'appuyer sur les établissements locaux d'enseignement supérieur pour former et attirer des compétences. Le Crédit Mutuel est partenaire, depuis un an, d'une chaire d'intelligence artificielle établie à l'Université de Strasbourg, dédiée en partie aux besoins de la transition numérique de l'assurance et de la finance, avec l'école d'ingénieurs Télécom Physique et le laboratoire de recherche ICube.

"Notre cloud privé unifié sera installé intégralement en France, avec des centres de données déjà opérationnels à Strasbourg et dans le Nord, à Verlinghem", rappelle Nicolas Théry. Cette montée en puissance d'activités de recherche et de développement s'accompagne, au Crédit Mutuel, d'un choix d'investissement conséquent à venir en Côte-d'Or. Euro Information a présenté mi-octobre un projet d'implantation de deux centres de données (datacenters) à Fauverney et Saint-Apollinaire, près de Dijon, pour un montant cumulé de 200 millions d'euros. Ces deux centres interconnectés, de 10.000 mètres carrés chacun, emploieront 100 salariés et permettront, selon Nicolas Théry, "d'améliorer de 84 % la performance environnementale" de ces équipements réputés énergivores.

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Commentaire 1
à écrit le 22/10/2021 à 10:08
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Merci de dire à Adolf de la région paca de virer le trollage sous mon commentaire vu que visiblement il est déjà au pastis.

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