Assurance vie : comprendre la différence entre les fonds euros et les unités de compte

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(Crédits : DR)
Les épargnants français détenant une assurance vie plébiscitent largement les placements en fonds euros, au détriment des placements en unités de compte plus risqués. Mais les garanties sur le capital et sur les intérêts proposées par les fonds euros deviennent un vrai casse-tête pour les assureurs. Explications.

En France, l'assurance vie représente de très loin le premier placement d'épargne en volume. Quelque 1.765 milliards d'euros y étaient investis fin août, dont plus des deux tiers sur des supports dits "en euros", le reste étant placé en "unités de compte". Quelle est la différence entre ces deux placements?

Les fonds euros

Les contrats "en euros" désignent des placements dont le capital initial et les intérêts sont garantis, indépendamment de l'évolution de la conjoncture économique et financière. Autrement dit, un épargnant plaçant 100 euros sur ce type de contrat à un taux de rémunération de 1,5% sera assuré d'avoir au bout d'un an 101,5 euros. Les fonds placés sur ce type de contrat peuvent aussi être débloqués à tout moment, même si un avantage fiscal est accordé à partir de huit années de détention du contrat.

Pour les épargnants, ces promesses sont alléchantes, mais comportent un revers. Pour pouvoir offrir une rémunération aux épargnants, les assureurs placent leur argent sur les marchés pour générer des gains. Or, pour être certains de pouvoir garantir le capital, les assureurs doivent investir cette épargne sur des placements peu risqués et donc faiblement rémunérateurs, par exemple les obligations d'État considérées comme sans risque. Ces placements sont aussi assortis d'investissements dans des valeurs immobilières, valeur refuge par excellence, seule une petite partie étant placée en actions.

La réglementation permet par ailleurs aux compagnies d'assurance de mettre en réserve une partie des bénéfices tirés de leurs investissements, au lieu de les reverser aux épargnants. Ceci afin de lisser les rendements versés aux clients dans le temps. C'est ce que les assureurs appellent la provision pour participation aux bénéfices, ou "PPB" dans le jargon du secteur.

Problème, dans un contexte général de taux d'intérêt qui ne cessent de chuter, la tâche des assureurs se complique pour verser à leurs clients les niveaux de rémunération promis. Pendant longtemps, ces placements ont offert de confortables niveaux de rémunération aux épargnants, mais cet âge d'or semble révolu. L'an passé, la rémunération moyenne des contrats en euros s'est établie aux alentours de 1,8% selon les chiffres de la Fédération française de l'assurance, soit exactement le niveau d'inflation en France en 2018.

Les unités de compte

À l'inverse, les contrats d'assurance vie en unités de compte ne donnent aux clients aucune garantie sur le capital et sur les intérêts, ce qui signifie qu'une assurance vie investie en unités de compte présente un risque de perte en capital.

En revanche, l'assureur s'engage à placer l'épargne de ses clients sur des "paniers" définis d'actions ou d'obligations. Ces paniers peuvent par exemple contenir des actions choisies dans des entreprises de pays émergents, aux États-Unis ou en Europe. Les unités de compte peuvent aussi prendre la forme de parts dans des sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) ou d'obligations variées.

Ces supports étant plus risqués que les obligations d'État, ils permettent de dégager un meilleur rendement aux assureurs et ainsi de mieux rémunérer les épargnants. D'une année sur l'autre, les performances de ce type de support peuvent toutefois être très variables et les acteurs du secteur recommandent généralement de placer l'épargne sur une longue durée pour limiter les effets de volatilité.

Au cours des huit premiers mois de l'année, les versements en unités de compte ont représenté 23 milliards d'euros entre janvier et fin août, soit 24% des cotisations.

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Commentaires
a écrit le 28/09/2019 à 18:41 :
Pour ma part, j'ai décidé, avec ma femme, de fermer nos deux assurances vie, et d'ouvrir un compte joint, avec cet argent ;
a écrit le 28/09/2019 à 15:46 :
J'ai 30% de risqué (70% de "sûr") mais en gestion, c'est un peu plus cher en frais mais j'y connais rien (mon PEA avait perdu 18% en 9 ans (y avait plusieurs produits dedans), ai pas eu la patience d'attendre 20 ans que ça remonte, parait que ça finit toujours par remonter (? ?)).
Le fond en euros a l'intérêt pour l'Etat que la CSG 17,2% (je crois, suite à la hausse générale y a pas longtemps) touche les intérêts acquis dès le 1er janvier de chaque année (idée géniale NSarko, le reste varie, peut chuter, on ne paiera donc qu'à la liquidation sur le profit réalisé).
On a le principe de précaution, donc sommes hermétiques au risque.
L'Assurance-Vie est pourtant la "capitalisation" permettant de compléter la future pension de retraite qui sera vraisemblablement chiche.
a écrit le 28/09/2019 à 15:01 :
Vent de panique dans l'assurance vie à cause des taux négatifs et de la politique d'assouplissement quantitatif des banques centrales (création monétaire ex nihilo, inondant artificiellement les marchés de monnaie).

On invite les épargants à prendre de plus en plus risque.
Nous assistons bien au début de la fin du système bancaire et financier.
a écrit le 28/09/2019 à 9:32 :
pourquoi voulez vous que les francais prennent des risques?
pour se faire confisquer les plus values par hollande et ses amis qui entretiennent les rentiers de la republique et les assistes sociaux?
( avec des taxes retroactives facon eckert, et des lois sapin qui bloquent leur epargne)
des bonnes entreprises bien financees, que montebourg pourrait dailymotioniser, apres avoir colle un delit d'entrave a un chef d'entreprise qui a rapproche une autre sans prevenir les syndicats et la presse?
quand les assureurs detenaient un gros parc immobilier, on leur a demande degerer ' sans regarder la rentabilite' comme dit segolene royal
donc garder les mauvais payeurs de mauvaise foi
les assureurs sont massivement sortis de l'immobilier
maintenant on voudrait faire la meme chose avec les actions?
les gens vont sortir de l'assurance vie et laisser leur argent sur leur compte courant, pour financer leur retraite, pas pour financer les entreprises d'avenir comme la sncm ou heuliez ' futur leader mondial de la voiture electrique'
la france recolte ce qu'elle a seme

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