Assurance vie : la collecte au plus haut depuis six ans !

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Les chiffres clés de l'assurance vie en 2018.
Les chiffres clés de l'assurance vie en 2018. (Crédits : FFA)
Plus de 3,2 milliards d'euros ont été collectés en net en février 2019, a annoncé ce mardi la Fédération française de l'assurance (FFA), un niveau qui n'avait pas été atteint depuis janvier 2013. La FFA s'est réjouie de "l'équilibre" trouvé sur la transférabilité des contrats, qui jouera a minima.

"On ne dira jamais assez l'attachement viscéral des Français au modèle d'une épargne simple, sure et souple" a souligné Bernard Spitz, le président de la Fédération française de l'assurance (FFA), lors de sa conférence annuelle, ce mardi 26 mars, en référence à l'assurance vie. Or la collecte nette de ce "placement phare", qui compte 38 millions de bénéficiaires et concerne 45% des ménages, a atteint son chiffre mensuel "le plus élevé depuis janvier 2013, depuis plus de six ans" a-t-il annoncé, à 3,2 milliards d'euros en février. L'année commence bien avec une collecte nette de 5,4 milliards d'euros sur les deux premiers mois de 2019, contre 4,3 milliards un an plus tôt, après un bilan positif de 22,4 milliards d'euros en 2018.

L'encours total des contrats d'assurance vie s'établissait à fin févier à quelque 1.728 milliards d'euros, en progression de 2% sur un an.

"L'exercice 2018, comme le tout début de 2019, confirment le pouvoir d'attraction et les vertus de résistance de notre placement phare" a relevé Bernard Spitz. "Malgré les changements réglementaires, malgré un environnement de taux bas qui a pesé sur les rendements, nous devons nous réjouir de la confiance des épargnants dans l'assurance vie" a-t-il invité.

Le taux de rendement moyen était de 1,8% en 2018, stable. Il a fait valoir que les sommes placées dans l'assurance vie ont "permis l'an dernier d'investir chaque mois quasiment un milliard d'euros supplémentaires en actions, au profit des entreprises, des emplois", à raison de 11 milliards d'euros sur l'année : "nous n'avions pas vu ça depuis plus de dix ans !" a salué Bernard Spitz.

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Assurance vie en actions

[Crédit : FFA]

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Effet Gilets jaunes : les Français épargnent plus

Plusieurs éléments d'explication sont possibles. Février est traditionnellement un mois positif pour la collecte. D'autre part, depuis le début de l'hiver, dans un contexte d'incertitudes, sur fond de crise des Gilets jaunes, les Français ont eu tendance à épargner davantage, ce qui profite tant à l'assurance vie qu'au Livret A : ce dernier a enregistré une collecte nette de 1,93 milliard d'euros en février 2019, au plus haut depuis 2012, selon les données de la Caisse des Dépôts (CDC).

La part des contrats en fonds euros au capital garanti, a diminué l'an dernier, la part des unités de compte (investies en actions) a atteint 28% en moyenne sur l'année 2018, mais elle est retombée à 24% sur les deux premiers mois de l'année, sous l'effet de la baisse des marchés en fin d'année. L'an dernier, sur 22,4 milliards d'euros de collecte nette, ce sont 21,1 milliards qui sont allés en unités de compte.

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Assurance vie collecte 2018 UC

[Crédit : FFA]

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Transférabilité : une révolution avortée ?

La profession s'est montrée soulagée sur le retour en arrière opéré à l'Assemblée sur les dispositions votées au Sénat dans le cadre de la loi Pacte sur la "transférabilité" des contrats d'assurance vie de plus de huit ans, sans perte des avantages fiscaux acquis.  "On a trouvé un équilibre satisfaisant" a jugé Bernard Spitz, avec la suppression de la transférabilité "externe" des contrats (vers un autre assureur) pour éviter de créer trop d'instabilité et de baisse des placements de long terme en actions, au profit d'une transférabilité "partielle", a minima, c'est-à-dire, "interne", entre contrats, chez un même assureur.

La startup d'épargne en ligne Yomoni a déploré "la révolution avortée du placement préféré des Français." Cette mesure "ne résout en rien la problématique de captivité du client avec sa banque" a dénoncé le président de Yomoni, Sébastien d'Ornano. "Les bancassureurs et les assureurs-distributeurs, représentant pas loin de 90% des encours gérés, ne subiront donc aucune mise en concurrence" a regretté de son côté Albert d'Anthoüard, directeur de la clientèle privée de la Fintech Nalo, puisque "66% sont dans les mains des bancassureurs (l'assureur fillale de la banque) et 22% dans les mains des réseaux d'agents généraux (l'assureur-distributeur)".

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, s'était déclaré hostile à la transférabilité "totale" des contrats d'assurance vie.

"Si on dit que la portabilité est totale, cela veut dire que les fonds peuvent être retirés par les assurés à tout moment et ceci veut dire que les assureurs devront raccourcir beaucoup l'horizon de leurs placements et [les investir] davantage en produits liquides qui peuvent être cédés à tout moment", avait-il déclaré début mars sur BFM Business.

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Commentaires
a écrit le 27/03/2019 à 10:54 :
Ça rapporte rien.
a écrit le 27/03/2019 à 9:58 :
Opaque, moins rémunérée que l'inflation, notamment parce qu'elle doit acheter des emprunts de l'état français a très bas taux, soumise à des réserves arbitrairement fixées par chaque assureur pour profiter à d'autres que ceux qui les payent, assortie de pertes massives en capital (-15% en 2018) pour les unités de compte, garanties seulement à hauteur de 70.000 euros et pas garanties vraiment en cas de crash systémique, l'assurance vie est une catastrophe annoncée pour tous ceux qui y croient. Elle aurait pu au moins être transférable d'une banque à l'autre, comme promis, et bien non : ultime injure à l'intelligence de l'épargnant, on refuse qu'il puisse faire jouer la concurrence. Une fois de plus avantage fiscal rime avec piège fatal.

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