Gonzague de Blignières : "le G20 a mis la pression sur les banques européennes en matière de ratio d'endettement"

Gonzague de Blignières, président de Barclays Private Equity et de Paris Entreprendre, commente les conclusions du G20, notamment sur les établissements financiers, alors que BNP Paribas a annoncé une augmentation de capital.
(Crédits : BLOOMBERG NEWS)

latribune.fr - BNP Paribas établit un lien entre son augmentation de capital et les conclusions du récent G20. Qu'en pensez-vous ?

Gonzague de Blignieres - J'y vois surtout un effet d'aubaine. La décision de BNP Paribas me parait plus liée au coût de l'argent prêté par l'Etat  représentant des frais financiers de quelque 280 millions d'euros par an, qu'aux conclusions du G20. Cela dit, il est vrai que les banques américaines ont voulu, avce le G20 imposer aux autres banques, notamment aux européennes, des ratios plus durs en matière de ratio d'endettement sur fonds propres

- Globalement, que pensez-vous des décisions du G20 ?

- D'abord, je pense que le G20 s'est bien établi comme arbitre de la gouvernance économique mondiale. A l'avenir, il devrait se réunir chaque année mais avec sans doute, tous les six mois voire plus une réunion des ministres des Finances du G20. C'est une vraie gouvernance de régulation de marché qui est en train de s'installer. Mais cela ne se fera pas en un claquement de doigt. Il faut plus d'un an pour mettre en place le grand gendarme des marchés. C'est déjà pas mal qu'on en parle. Rendez-vous dans deux ans pour voir si les choses ont vraiment changé.

- Avez-vous des inquiétudes ?

- Oui, sur les normes comptables. J'espère que ce sont les utilisateurs et non les fabricants, je pense aux grands cabinets d'audits anglo-saxons, les Big Five, qui vont contrôler le système, que l'on va sortir de la dictature des normes comptables IFRS et du mark to market, le calcul à la valeur du marché, qui a causé une partie de la crise.

- Vous craignez que l'on passe d'un système contrôlé par les agences de notation à un système contrôlé par les cabinets d'audit ?

- Tout à fait. Cela dit, il faut aussi retenir tous les éléments positifs du G20. Notamment la lutte contre les paradis fiscaux ?

- Est-ce vraiment fondamental ?

- Cela fait partie de tout un ensemble. Je trouve cela très courageux de la part de BNP Paribas d'avoir annoncé la fermeture de ses filiales et établissements situés dans les paradis fiscaux.

- Le G20 n'a pas parlé en revanche de la potentielle bombe financière des LBO, les rachats par endettement avec effet de levier dont vous êtes spécialiste...

- Je ne crois pas qu'il existe une bombe LBO. Nous ne sommes pas obligés de revendre nos participations du jour au lendemain. Nous pouvons tenir le yemps de digérer les éventuels surcoûts des acquisitions. Il faut parfois remettre de l'argent-  et je suis bien placé pour le savoir - pour renégocier les conditions avec les banques. Les cas vraiment délicats, quand l'entreprise va tellement mal qu'elle ne peut même plus assurer une partie du remboursement de la dette LBO, auraient été de toute façon difficile tôt ou tard, même sans LBO.

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Commentaire 1
à écrit le 09/10/2009 à 13:41
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La réponse à la dernière question relève de la pure science-fiction. Les sociétés de private equity sont au capitalisme ce que le croupion est au poulet. La vacuité de leur profession uniquement guidée par la cupidité m?a toujours sidéré.

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