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Comment Obama veut dompter Wall Street

Éric Chalmet, à New York

Publié le 22 janvier 2010 à 14:53 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 23:37

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Les Etats-Unis sont militairement prêts pour un possible tir de missile nord-coréen dirigé contre Hawaii, a déclaré Barack Obama. /Photo prise le 19 juin 2009/REUTERS/Larry Downing

© 2009 Thomson Reuters

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Le président américain veut limiter les activités pour compte propre des banques commerciales et les empêcher d'investir dans des hedge funds.

Wall Street n'a qu'à bien se tenir. La défaite du Parti démocrate dans le Massachusetts, qui fait perdre au président Obama sa majorité qualifiée au Sénat, l'a poussé à une contre-offensive rapide sur un terrain très sensible auprès de l'opinion. Il a annoncé, ce jeudi et à la surprise générale, des mesures drastiques pour casser le modèle de banques qui a conduit à leur quasi-faillite. Son discours a immédiatement fait chuter l'ensemble des valeurs bancaires aux États-Unis et en Europe.

Bien que ses conseillers démentent vouloir réinstaurer la loi Glass-Steagall qui, jusqu'en 1999, interdisait aux banques d'affaires d'avoir des activités de dépôt, les objectifs de la Maison-Blanche sont clairs : limiter la taille des banques commerciales en les empêchant de réaliser des transactions pour compte propre, c'est-à-dire pour leur propre bénéfice et non celui de leurs clients, et en leur interdisant d'investir dans des hedge funds ainsi que des fonds de capital investissement. Par ailleurs, l'administration va revoir les règles inhérentes aux parts de marché en matière de dépôts.

"Le système financier fonctionne toujours avec les mêmes règles qui l'ont conduit au bord du gouffre. […] Plus jamais les contribuables américains ne seront otages d'une banque (qui se considèrent) comme trop grandes pour sombrer", a déclaré Barack Obama. Voilà une semaine, le président avait déjà créé la surprise en dévoilant une taxe sur les banques pour récolter 117 milliards de dollars sur une dizaine d'années et éponger les pertes du plan de sauvetage du système financier (Tarp). La Maison-Blanche a été avare de détails sur ses nouvelles propositions, se contentant d'indiquer qu'au cours des prochaines semaines, elles "seront étudiées avec les différents régulateurs ainsi que le président de la commission des Services financiers de la Chambre des représentants, Barney Frank, et celui de la commission Bancaire du Sénat, Christopher Dodd".


Les annonces du président, inspirées par l'un de ses principaux conseillers économiques, l'ancien président de la Réserve fédérale, Paul Volcker, interviennent de façon imprévue et alors qu'Obama craint pour sa réforme de l'assurance santé. Mais compte tenu de la colère que suscite le retour des bonus dans les banques, la Maison-Blanche a bon espoir que sa refonte de la supervision financière sera adoptée. Le Capitole a d'ailleurs pris les devants, le sénateur républicain John McCain et la démocrate Maria Cantwell ayant présenté un projet de loi commun pour réinstaurer la loi Glass-Steagall.

Plutôt que d'exhumer cette loi, l'administration Obama entend interdire l'accès des banques réalisant du courtage pour compte propre au guichet d'escompte de la Fed - l'une des principales facilités de caisse que la banque centrale réserve aux banques commerciales - et les priver de la garantie fédérale sur les dépôts de leurs clients. Les banques commerciales seront donc contraintes de choisir entre leurs activités traditionnelles et certaines, plus lucratives mais plus risquées, dans lesquelles elles se sont diversifiées au cours des dernières années.

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Par ailleurs, l'administration veut réviser la règle selon laquelle une banque ne peut posséder plus de 10 % des dépôts du pays, en lui ajoutant notamment de nouvelles contraintes. Il s'agit d'éviter la formation de conglomérats de la taille de Citigroup, JP Morgan Chase, Bank of America et Wells Fargo que la crise a paradoxalement favorisée. À la fin juin, ces quatre établissements étaient à la tête de 35 % des dépôts du pays contre 28 % deux ans plus tôt.

Éric Chalmet, à New York

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