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La solidité des banques européennes peine à convaincre

Laura Fort et Mathias Thépot

Publié le 26 août 2011 à 11:05

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Malgré des fondamentaux solides, le secteur bancaire européen, affecté par la crise de la dette, reste malmené par les investisseurs en Bourse.

Tirés par la publication des chiffres semestriels du Crédit Agricole (lire ci-dessous), les titres des banques françaises connaissaient une embellie boursière jeudi. Depuis le début de l'été pourtant, le thermomètre des valeurs bancaires partout en Europe a été dans le rouge, chahuté par la crise de la dette de la zone euro et la crainte de ralentissement économique. Depuis le 1er juillet, l'indice sectoriel bancaire paneuropéen Stoxx 600 a perdu 27 %. Certaines enseignes ont sévèrement chuté notamment Unicredit qui a perdu plus de 40 %, Barclays 40,5 % et Société Générale 48 %.

Pourtant, les facteurs de solidité ne manquent pas. Aucune grande banque européenne n'a en effet annoncé de perte nette au premier semestre 2011. Le champion européen reste le Britannique HSBC, avec un bénéfice net semestriel de 6,2 milliards d'euros, en hausse de 35 %. L'italienne UniCredit a de son côté enregistré une hausse spectaculaire de 95 % de son résultat net à 1,3 milliard d'euros. Le Crédit Agricolegricole n'est pas en reste (voir tableau ci-contre).

Les grandes banques européennes ont également affiché leur capacité à résister à des chocs économiques majeurs lors des tests de résistance publiés mi-juillet. L'autorité bancaire européenne considérait que les tests étaient réussis si les banques atteignaient la barre des 5 % de ratio de fonds propres durs (Core Tier One) dans un scénario adverse. Les grandes banques du Vieux Continent ont toutes passé l'examen haut la main, publiant des ratio Core Tier One compris entre 6 % et plus de 10 %.

Côté français, le grand motif de satisfaction réside dans la croissance de la collecte de dépôts. Une progression primordiale car les ratios de liquidités des nouveaux critères de Bâle 3 prévoient que les crédits devront être couverts par plus de ressources. Sur un an, les encours d'épargne bilantielle sont en hausse de 10,1 % pour BNP Paribas, 9,1 % pour le groupe BPCE (Banque Populaire Caisse d'Épargne), 10 % pour Société Générale, 5 % pour Crédit Agricole et 15,1 % pour Crédit Mutuel.

La solidité du secteur bancaire européen reste cependant contrastée selon les pays et les établissements. Plusieurs banques ont été amenées à revoir leurs objectifs de résultats. Commerzbank a ainsi indiqué qu'elle abaissait le sien pour 2011. Au deuxième trimestre, son bénéfice net est en chute de 93 % sur un an, plombé par son exposition à la dette grecque. Pénalisé entre autres par l'appréciation du franc suisse, le résultat net d'UBS plonge de 49 % par rapport au premier trimestre, et amène la banque suisse à renoncer à honorer sa cible de 12,3 milliards d'euros de bénéfices avant impôts d'ici 2014. La Société Généralecute; Générale a quant à elle lancé un avertissement sur résultats, annonçant que son objectif de résultat net part du groupe de 6 milliards d'euros à 2012 ne pourrait pas être tenu. Une décision prise en prévision d'une plus faible génération de revenus de sa banque de financement et d'investissement à l'avenir.

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En Espagne, les banques ont particulièrement souffert de leur exposition aux créances douteuses (crédits immobiliers potentiellement non remboursables). Hormis CaixaBank, les banques espagnoles ont toutes affiché des bénéfices nets en baisse : - 24,9 % pour Banesto, - 21,2 % pour Santander ou encore - 13,9 % pour Banco Popular. En mars, la banque d'Espagne évaluait les besoins de recapitalisation du secteur à 15,152 milliards d'euros.

Plans de suppressions d'emplois

Tous les établissements européens ont par ailleurs vu leurs résultats amputés par les provisions passées pour couvrir leur exposition à la dette souveraine des pays périphériques de la zone euro. Sous pression, et pour donner des signaux de fermeté au marché, certains groupes ont donc engagé des plans de réduction de coûts d'envergure avec en premier lieu des suppressions d'emplois (lire ci-contre).

Laura Fort et Mathias Thépot

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