La BCE maintient son taux inchangé à 1%

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La Banque centrale européenne (BCE) a décidé de maintenir son principal taux directeur inchangé à 1 %. Aucune nouvelle mesure en faveur des banques de la zone euro n'est attendue. Le président de la BCE, Mario Draghi a mis en garde contre des risques de hausse de l'inflation.

La Banque centrale européenne (BCE) a laissé inchangé son principal taux d'intérêt directeur à 1% jeudi tandis qu'aucune nouvelle mesure en faveur des banques de la zone euro, qu'elle vient d'abreuver en liquidités, n'est attendue. Ce taux, baromètre du crédit bancaire en zone euro, a retrouvé ce niveau, le plus bas de son histoire, depuis décembre dernier.

La grande majorité des économistes s'attendait à ce statu quo plutôt qu'à une nouvelle baisse. Et ce pour deux raisons, selon eux: l'économie de la région continue de se stabiliser mais reste poussive, tandis que l'inflation s'entête à demeurer élevée en raison de la flambée des prix du pétrole. Une baisse de taux risquait d'encourager la hausse des prix et de remettre en cause la prévision d'une inflation de 2% en 2012 qui a cours jusqu'ici à la BCE , dont le mandat est de maintenir la hausse des prix proche de 2% mais sous ce seuil. L'institution monétaire doit d'ailleurs actualiser ce jeudi ses prévisions macroéconomiques (inflation et PIB).

Un nouveau geste en faveur des banques n'est pas attendu

Les analystes n'attendent pas non plus que la BCE annonce un nouveau geste en faveur des banques, après le deuxième prêt sur trois ans au taux de 1% mené la semaine dernière (LTRO). Une opération qui a attiré 800 banques pour un volume de 530 milliards d'euros, de nouveaux records.

"Pour l'heure, la BCE a fait son travail (...) et est probablement entrée dans une longue période d'attentisme", notent les économistes d'UniCredit.

Toutefois, pour Michael Schubert de Commerzbank, "en raison des incertitudes demeurant élevées, nous pensons que la BCE va laisser la porte ouverte à des mesures supplémentaires" dans l'avenir. En particulier, le LTRO n'a pas réussi encore à atteindre l'objectif qui lui était fixé, soit inciter les banques à relâcher leurs conditions de crédit aux entreprises et ménages, pour encourager la croissance.

Risques d'inflation

A l'occasion de sa conférence de presse, suivant la publication de ces résultats, le président de la BCE Mario Draghi indiqué que l'indice des prix pourrait dépasser les 2%. Il a par ailleurs assuré que les LTRO devraient continuer à soutenir la zone euro.

Alors que les marchés financiers se sont calmés et que les tensions sur les marchés obligataires des Etats se sont atténuées, la croissance du crédit demeure en effet très lente. "Il semble que la BCE est devenue le prêteur en dernier ressort des banques et indirectement des gouvernements mais pas encore de l'économie", commente Carsten Brzeski d'ING.

La Bundesbank inquiète

Dans ses déclarations récentes, M. Draghi a laissé entendre qu'il n'était pas tout à fait satisfait du résultat obtenu mais a demandé un peu de patience.

Par ailleurs, il sera sans doute interrogé sur les inquiétudes qui se manifestent en Allemagne à propos des risques que les liquidités généreusement distribuées y trouvent refuge. Elles pourraient alors y créer des bulles spéculatives. La Banque centrale allemande se soucie en outre d'une accumulation des risques financiers dans l'Eurosystème, selon un courrier de son président Jens Weidmann à Mario Draghi, qui a été révélé par la presse. Jens Weidmann s'y alarmerait des dettes contractées auprès de la BCE par les banques centrales de pays en difficulté qui pourraient se transformer en pertes en cas de défaut de paiement de ces pays. Une éventualité que la BCE s'est toujours refusée à envisager mais contre laquelle la Bundesbank a commencé à se prémunir en effectuant des provisions pour risques, tout en critiquant ce qui s'assimilerait à des transferts de fonds entre pays de la zone euro ce qui est exclu par les Traités. Pour Guntram Wolff, vice-directeur de l'institut d'analyse économique Bruegel, ces déséquilibres risquent toutefois de se poursuivre "aussi longtemps que la crise de confiance persistera sur la viabilité du système bancaire et financier de la zone euro".

C'est la raison pour laquelle, selon lui, il demeure "essentiel" de discuter de la nécessité de compléter l'union monétaire par une union budgétaire, où les transferts de fonds seraient possibles entre Etats. La Grèce et l'opération de restructuration de sa dette, dont le résultat est attendu au plus tard vendredi matin, seront aussi sans doute évoqués.

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