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Banques italiennes : la consolidation du secteur presse

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Christine Lejoux

Publié le 22 janvier 2016 à 06:00

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Les trois principales banques italiennes détiennent 25% du marché seulement. Une concentration du secteur aboutirait à des acteurs bancaires plus solides, mieux à même de supporter le poids très important des créances douteuses.

Branle-bas de combat autour des banques italiennes. Jeudi 21 janvier, après trois jours de descente aux enfers des valeurs bancaires à la Bourse de Milan, le chef du gouvernement en personne est monté au créneau afin de rassurer sur la solidité du secteur. « Il y a une manœuvre (spéculative) sur quelques banques, point. Le système, à mon avis, est beaucoup plus solide que ce que certains investisseurs semblent imaginer », a affirmé Matteo Renzi, dans un entretien au quotidien économique IL Sole 24 Ore. La veille, déjà, les autorités italiennes avaient multiplié les déclarations rassurantes, après une rencontre entre le premier ministre, le gouverneur et le directeur général de la Banque d'Italie.

Il faut dire qu'à la clôture de la Bourse de Milan, mercredi soir, les actions des banques italiennes accusaient un plongeon de 20% depuis le 1er janvier, les coups de boutoir des investisseurs au cours des trois premiers jours de la semaine ayant précipité leur chute. Le cas le plus emblématique étant celui de Banca Monte dei Paschi di Siena (BMPS), réputée la plus ancienne banque du monde avec des origines remontant au 15ème siècle : son cours de Bourse s'est effondré de plus de 14%, lundi comme mardi, pour s'affaisser encore de 22% mercredi.

200 milliards d'euros de créances douteuses

L'étincelle qui a mis le feu aux poudres ? Des indiscrétions sur une demande d'informations adressée par la Banque centrale européenne (BCE) - le nouveau superviseur du secteur bancaire européen - aux banques italiennes, au sujet de la gestion de leurs portefeuilles de créances douteuses [c'est-à-dire des prêts non remboursés depuis des mois ou des années ; Ndlr]. Ce sujet est des plus sensibles, les banques italiennes supportant quelque 200 milliards d'euros de créances douteuses, conséquence de quatre années de crise économique. Une somme qui constitue non seulement un record depuis 20 ans, mais qui représente en outre 17,5% du total des créances portées par les banques italiennes, d'après les chiffres de Royal Bank of Scotland (RBS).

Ce poids atteint même 22% dans le cas de BMPS. A titre de comparaison, cette proportion se limite à 2% en Allemagne, à 4% en France, et à 7% en spagne. Si les 200 milliards d'euros de créances douteuses des banques italiennes inquiètent autant les investisseurs, c'est, d'une part, parce que ce poids les handicape dans leur capacité à prêter à l'économie, et, d'autre part, parce que cela suppose de nouvelles provisions pour dépréciations. Avec, à la clé, de potentielles augmentations de capital, qui auront pour conséquence de diluer les parts des actionnaires existants.

L'Arlésienne de la « bad bank »

Certes, le gouvernement italien caresse le projet d'une « bad bank », une structure de défaisance chargée de récupérer les créances douteuses afin d'apurer les comptes des banques. Mais les négociations avec la Commission européenne trainent en longueur, cette dernière s'inquiétant du risque de violation de la réglementation relative aux aides d'Etat. En attendant, Matteo Renzi a évoqué jeudi une autre solution au problème des créances douteuses, à savoir la nécessité « d'encourager les fusions, la consolidation du secteur bancaire. » De fait, l'industrie bancaire italienne pèche par sa fragmentation. Le pays compte près de 700 banques, lesquelles sont pour l'essentiel des établissements coopératifs.

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Autre façon de dire les choses, les trois principales banques italiennes détiennent 25% seulement du marché. Et aucun autre pays de l'OCDE ne compte autant d'agences bancaires par habitant. C'est dire si nombre de banques italiennes pâtissent de coûts fixes élevés et ont les reins trop peu solides pour supporter un tel poids de créances douteuses. « Les exemples espagnol et irlandais montrent que la consolidation (décidée dans ces pays dans le sillage de la crise financière de 2008) a débouché sur un secteur bancaire plus solide », argumentent les analystes de RBS, dans une note publiée jeudi 21 janvier.

Des velléités de consolidation

De fait, début 2015, l'Italie avait lancé une réforme des dix plus grandes banques coopératives, destinée à favoriser les fusions-acquisitions : alors que tous les actionnaires de ces banques disposaient jusqu'à présent d'un droit de vote identique, quelle que soit leur part dans le capital, la loi impose désormais à ces dix établissements de modifier leur statut d'ici au mois de juillet, afin d'accorder à leurs actionnaires des droits de vote proportionnels à leur participation. Des changements susceptibles d'induire des prises de contrôle par d'autres groupes, ce qui devrait inciter les banques coopératives à mettre en œuvre des fusions défensives. Mais rien de tel à l'horizon, pour le moment.

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Le 13 janvier, les titres de Banca Popolare di Milano (BPM) et Banco Popolare s'étaient cependant envolés de 5,6% et de 4,21%, après des informations de presse faisant état de discussions en bonne voie entre ces deux établissements. Ce jeudi, c'était au tour de BMPS de voir sa promotion faite auprès d'un éventuel acquéreur, qui plus est par le chef du gouvernement italien. « Cela me plairait beaucoup que ce soit une solution italienne mais celui qui viendra fera une très bonne affaire », a assuré Matteo Renzi, insistant sur « le prix incroyable » auquel BMPS se traite aujourd'hui. Il est vrai qu'en dépit de son rebond de plus de 44%, jeudi en séance, l'action de la plus ancienne banque du monde ne vaut que 0,7375 euro.

Christine Lejoux

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