Le groupe a limité la baisse de son résultat net en 2020 à 13,5% à 7,1 milliards d’euros, malgré la crise sanitaire. Il a profité du dynamisme de sa banque d’investissement mais la banque de détail et les provisions ont pesé sur les comptes. Il table sur un « progrès significatif » de ses résultats en 2021.« Des résultats 2020 très solides qui nous permettent de nous tourner vers 2021 sans nous préoccuper du passé » : le message de Jean-Laurent Bonnafé, directeur général de BNP Paribas, lors de la présentation des résultats annuels, est résolument tourné vers l'avenir et la préparation du nouveau plan stratégique 2022-2025. « Sur l'année 2021, nous voyons une hausse modérée des revenus, des frais de gestion stabilisés et une décrue, assez marquée, de la charge du risque, compte tenu des 1,4 milliard d'euros de provisions précautionnelles passés », résume le dirigeant.
Au total, le groupe devrait marquer cette année « un progrès significatif ». Ce n'est pas une guidance, «ce n'est pas utile, les choses sont suffisamment claires pour le moment », précise néanmoins Jean-Laurent Bonnafé. Bien sûr, 2021 marquera également le retour aux dividendes, dans les limites des recommandations du régulateur européen. La banque annonce ainsi le versement d'un dividende, à hauteur de 21% de son résultat 2020, soit 1,11 euro par action, et une « restitution complémentaire » au second semestre, à hauteur de 29% du résultat, soit sous la forme d'un rachat d'actions ou de distribution de réserves.
Des résultats solides
De fait, les résultats de BNP Paribas sont bons. Malgré la crise (et une récession historique), le chiffre d'affaires est stable (-0,7% à 44,5 milliards d'euros), malgré un effet dollar défavorable, et le recul de son résultat net est limité à 13,5%, juste au-dessus de 7 milliards d'euros (soit une rentabilité des fonds propres de 7,6%), alors que ses prévisions du premier trimestre 2020 tablaient sur une baisse de 15% à 20%.
La réaction des analystes est globalement favorable. « Ce sont des résultats solides et résistants au cours d'une année difficile avec des perspectives de croissance du résultat en 2021 », notent les analystes d'UBS. De son côté, le courtier Jefferies table sur « des perspectives 2021 un peu plus élevées que le consensus sur les revenus, mais plus faibles sur les coûts, et en ligne sur la charge du risque ». Enfin, l'agence de notation Moody's juge qu'avec un ratio de solvabilité de 12,8%, une distribution des résultats plafonnée et une liquidité abondante, « la banque conservera une capacité importante de résistance face aux difficultés résultant de la crise sanitaire ».