BNP Paribas aborde 2021 avec confiance après de solides résultats en 2020

Le groupe a limité la baisse de son résultat net en 2020 à 13,5% à 7,1 milliards d’euros, malgré la crise sanitaire. Il a profité du dynamisme de sa banque d’investissement mais la banque de détail et les provisions ont pesé sur les comptes. Il table sur un « progrès significatif » de ses résultats en 2021.
BNP Paribas vient de remanier son état-major. Le groupe, dirigé par Jean-Laurent Bonnafé (photo) vient de nommer un tandem pour le seconder à la direction générale, composé de Thierry Laborde et de Yann Gérardin. Ils succèdent à Philippe Bordenave qui doit quitter ses fonctions en mai prochain.
BNP Paribas vient de remanier son état-major. Le groupe, dirigé par Jean-Laurent Bonnafé (photo) vient de nommer un tandem pour le seconder à la direction générale, composé de Thierry Laborde et de Yann Gérardin. Ils succèdent à Philippe Bordenave qui doit quitter ses fonctions en mai prochain. (Crédits : Reuters)

« Des résultats 2020 très solides qui nous permettent de nous tourner vers 2021 sans nous préoccuper du passé » : le message de Jean-Laurent Bonnafé, directeur général de BNP Paribas, lors de la présentation des résultats annuels, est résolument tourné vers l'avenir et la préparation du nouveau plan stratégique 2022-2025. « Sur l'année 2021, nous voyons une hausse modérée des revenus, des frais de gestion stabilisés et une décrue, assez marquée, de la charge du risque, compte tenu des 1,4 milliard d'euros de provisions précautionnelles passés », résume le dirigeant.

Au total, le groupe devrait marquer cette année « un progrès significatif ». Ce n'est pas une guidance, «ce n'est pas utile, les choses sont suffisamment claires pour le moment », précise néanmoins Jean-Laurent Bonnafé. Bien sûr, 2021 marquera également le retour aux dividendes, dans les limites des recommandations du régulateur européen. La banque annonce ainsi le versement d'un dividende, à hauteur de 21% de son résultat 2020, soit 1,11 euro par action, et une « restitution complémentaire » au second semestre, à hauteur de 29% du résultat, soit sous la forme d'un rachat d'actions ou de distribution de réserves.

Des résultats solides

De fait, les résultats de BNP Paribas sont bons. Malgré la crise (et une récession historique), le chiffre d'affaires est stable (-0,7% à 44,5 milliards d'euros), malgré un effet dollar défavorable, et le recul de son résultat net est limité à 13,5%, juste au-dessus de 7 milliards d'euros (soit une rentabilité des fonds propres de 7,6%), alors que ses prévisions du premier trimestre 2020 tablaient sur une baisse de 15% à 20%.

La réaction des analystes est globalement favorable. « Ce sont des résultats solides et résistants au cours d'une année difficile avec des perspectives de croissance du résultat en 2021 », notent les analystes d'UBS. De son côté, le courtier Jefferies table sur « des perspectives 2021 un peu plus élevées que le consensus sur les revenus, mais plus faibles sur les coûts, et en ligne sur la charge du risque ». Enfin, l'agence de notation Moody's juge qu'avec un ratio de solvabilité de 12,8%, une distribution des résultats plafonnée et une liquidité abondante, « la banque conservera une capacité importante de résistance face aux difficultés résultant de la crise sanitaire ».

Globalement, les résultats du groupe auront été portés par la forte dynamique de sa division de banque d'investissement, mais auront été grevés par une hausse de la charge du risque et la pression sur les revenus de la banque de détail. La charge du risque tout d'abord. Les provisions augmentent de près de 80% à 5,7 milliards d'euros, dont 1,4 milliard au titre des provisions sur des risques « non avérés » (selon la norme comptable IFRS 9). Ce coût du risque représente 66 points de base de l'encours, mais il devrait revenir à ses niveaux antérieurs, autour de 40 points de base, en 2021.

Forte dynamique de la banque d'investissement

Le succès le plus flagrant de la banque repose sur ses activités de banque d'investissement et de marchés. La crise aura paradoxalement permis à la banque de répondre à un afflux de demandes, notamment sur le marché de la dette, avec plus de 400 milliards d'euros levés. Résultat, les revenus de la division bondissent de 14 % et le résultat de près de 8%. « Notre objectif est bien d'installer la banque d'entreprise et de financement parmi les trois premières banques en Europe », rappelle Jean-Laurent Bonnafé .

Pour le dirigeant, ces bons résultats ont permis de révéler tout le potentiel de la plateforme de banque de gros, construite depuis « de nombreuses années, de façon industrielle et méthodique, avec beaucoup de technologie ». Cette division, qui va être désormais supervisée par le nouveau directeur général délégué du groupe, Yann Gérardin, sera au cœur du nouveau plan stratégique, avec de nouvelles ambitions sur les métiers actions.

Les activités de détail seront regroupées

Le bilan est plus contrasté sur les activités de détail et les services financiers spécialisés. Les revenus chutent plus rapidement que les coûts dans l'assurance, la gestion d'actifs, la banque privée et le crédit à la consommation. Et la banque de détail en Europe a certes limité la casse sur l'activité mais la charge du risque a tiré le résultat vers le bas (-14% à 3,2 milliards).

C'est sans doute dans ce domaine que BNP Paribas concentrera ses efforts dans les prochaines années pour mieux rentabiliser ses activités dans un environnement de taux bas. L'ensemble de ces activités seront d'ailleurs regroupées au sein d'un même pôle, sous la direction de Thierry Laborde, également promu directeur général délégué du groupe.

«Il existe de fortes convergences dans les technologies et les usages et beaucoup d'initiatives seront partagées dans l'univers du détail », explique Jean-Laurent Bonnafé. « Il est notamment très compliqué de gérer nos clients en gestion d'actifs et privée, dans un univers de taux très bas. Nous devons exceller sur nos produits d'investissement et nous allons créer tout un pôle sur ses sujets d'investissement », poursuit-il.

Tirer les enseignements de la crise

Le groupe se projette déjà sur le plan 2022-2025. Il devait débuter d'ailleurs en 2021 mais tout a été décalé d'un an compte tenu de la crise sanitaire. « D'une certaine manière, l'épisode que nous avons traversé a accéléré les usages digitaux de nos clients et la consommation de nos produits a déjà été déformée, et ce, sur toutes nos clientèles », avance Jean-Laurent Bonnafé. En clair, le nouveau plan stratégique devra tirer les conséquences de la crise sanitaire sur les métiers et les usages de la banque.

Et la consolidation bancaire européenne ? Le dirigeant de la banque n'y croit guère, après avoir multiplié les acquisitions d'envergure en Italie et en Belgique en quinze ans. « Notre ambition est de continuer à gagner des parts de marché, grâce à des franchises très fortes et à l'intensité des synergies entre l'ensemble de nos métiers - le modèle intégré reste notre marque de fabrique - et de continuer à poursuivre notre leadership en matière de finance durable », indique Jean-Laurent Bonnafé. BNP Paribas a toujours su jouer la carte de la modestie pour se hisser parmi les toutes premières banques internationales, sans bruit ni fureur. C'est aussi sa marque de fabrique.

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Commentaires 2
à écrit le 07/02/2021 à 8:40
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Oui mais c'est marrant, on ne s'inquiète jamais pour les banques en fait...

à écrit le 06/02/2021 à 9:22
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Facile d'annoncer de tels résultats alors qu'aucun dividende n'a été versé !!!!!!!!

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