"L'avenir pour BNP Paribas se pense nécessairement post-transition énergétique" (Jean-Laurent Bonnafé)
Propos recueillis par Eric Benhamou et Philippe Mabille
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
dr La Tribune
Propos recueillis par Eric Benhamou et Philippe Mabille
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
dr La Tribune
Jean-Laurent Bonnafé, en tant que président d'Entreprise pour l'Environnement, cinq ans après l'accord de Paris, quel bilan tirez-vous de l'action des entreprises à l'égard de la question climatique ?
Clairement, au risque de surprendre certains, ce sont les entreprises qui ont fait le plus de chemin depuis 2015 sur la voie de l'objectif zéro carbone en 2050. Leur accélération vers la transition énergétique a caractérisé ces cinq dernières années. Dans tous les secteurs, par vagues successives, pas de façon linéaire, les entreprises se sont engagées. Des bascules s'organisent, secteur par secteur, sujet par sujet. Et si elles n'étaient pas au centre des engagements à l'origine, elles sont aujourd'hui au centre des réalisations.
Délivrer la transition énergétique, cela passe par des offres de services, de techniques, de technologies que seules les entreprises peuvent concevoir. C'est le propre des entreprises de se donner des jalons et de s'y tenir. C'est dans la génétique des entreprises. Cela peut parfois sembler imparfait ou insuffisamment rapide, mais le résultat est qu'il y a de réelles avancées. Aux Etats-Unis, si Tesla émerge, c'est que des investisseurs se disent qu'on a besoin de financer cette voiture électrique. Sinon ils ne l'auraient pas soutenu à bout de bras en prenant autant de risques. L'innovation est un fait d'entreprises et d'entrepreneurs de capitaux privés.
Les parties prenantes des entreprises, notamment les salariés contribuent activement à ces changements. Dans un monde, où les espaces privés et professionnels sont de plus en plus entremêlés, plus personne n'envisage de travailler dans une entreprise qui agirait de façon contraire à ses valeurs personnelles.
Ceux qui sont en retard, ce sont les Etats. Ils ont conscience qu'il faut agir, mais cela nécessite des décisions politiques impopulaires...
À lire également
Les Etats portent ou conduisent des politiques publiques qui peuvent reposer sur des incitations d'ordre financière, fiscale ou de règlementation sectorielle. Ils peuvent aussi mobiliser des leviers comme l'éducation du plus jeune âge jusqu'aux filières spécialisées, ou encore le soutien à la recherche publique ou l'innovation. Il faut aussi souligner l'engagement parfois déterminant des collectivités territoriales, notamment les villes et les agglomérations.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Propos recueillis par Eric Benhamou et Philippe Mabille