Jusqu'ici, les banques européennes ont plutôt bien géré le relèvement des taux d'intérêt. C'est le cas notamment des banques espagnoles et italiennes, qui ont pu répercuter sur leurs clients cette hausse et doper ainsi leurs revenus.
Néanmoins, les régulateurs invitent toujours à la prudence, notamment face au risque de récession, un scénario qui semble cependant s'éloigner. « Une récession sera toujours dangereuse pour l'ensemble des acteurs économiques », confirme Stéphanie Rheinboldt, analyste chez Atlantic Financial Group. D'autant que « les banques sont peut-être plus cycliques et les premières à se rendre compte que leurs clients risquent de subir une détérioration de leur bilan. Elles peuvent donc se montrer d'un coup plus frileuses, décider d'accorder moins de prêts et de commencer à avoir des critères plus stricts envers leurs clients ». La Banque centrale européenne (BCE) a d'ailleurs récemment observé un resserrement du crédit bancaire, « le plus important signalé depuis la crise de la dette souveraine de la zone euro en 2011 ». Ce durcissement des conditions de crédit devrait se poursuivre au premier trimestre, selon l'enquête de la banque centrale réalisée en décembre dernier auprès de 151 banques européennes.
« Les banques constituent des provisions depuis plusieurs mois pour faire face à une dégradation de la conjoncture. C'est un mouvement tout à fait naturel et normal », souligne, Maya Atig, directrice générale de la Fédération bancaire française (FBF). « En 2020, elles ont ainsi augmenté leurs provisions progressivement avant de les abaisser légèrement en 2021 comme la conjoncture s'améliorait revenant à des niveaux proches de ceux de 2019 pour finalement les réaugmenter à partir de 2022 », ajoute-t-elle. En outre, « le fait d'avoir des activités multiples comme des activités de gestion d'actifs, parfois dans plusieurs zones géographiques, permet de varier les sources de revenus », indique la directrice générale de la FBF.