Pourquoi Boursorama fait route avec BlaBlaCar

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Les 8 millions d'utilisateurs de BlablaCar constituent une cible de choix pour BBoursorama, qui ambitionne d'afficher plus de 2 millions de clients en 2020.
Les 8 millions d'utilisateurs de BlablaCar constituent une cible de choix pour BBoursorama, qui ambitionne d'afficher plus de 2 millions de clients en 2020. (Crédits : DR)
La banque en ligne, filiale de la Société générale, a annoncé ce mardi 8 décembre une offre bancaire exclusivement destinée aux membres du site de covoiturage.

Près de 400 kilomètres, un peu plus de quatre heures de route... Paris-Nantes tout seul au volant de sa voiture, c'est un tantinet ennuyeux. Et onéreux, avec quelque 36 euros de frais de péage et 37 euros de coûts de carburant. A moins de proposer les places libres de votre véhicule à des voyageurs en manque de moyens de locomotion et, là, le trajet devient tout de suite plus agréable et moins cher, son coût se répartissant entre le conducteur et les passagers.

C'est toute la promesse de BlaBlaCar, la pépite française fondée en 2006 par Frédéric Mazzella, et devenue en moins de dix ans le numéro un mondial du covoiturage, avec 20 millions de membres dans une vingtaine de pays. Rien qu'en France, BlaBlaCar compte 8 millions d'adhérents. Ce chiffre n'a pas laissé Boursorama insensible, la banque en ligne s'étant récemment vu assigner par sa maison-mère, la Société générale, l'objectif d'afficher plus de 2 millions de clients en 2020, contre 750.000 aujourd'hui.

Dans le cadre d'un partenariat annoncé ce mardi 8 décembre, Boursorama déploie donc à partir de ce jour une offre exclusive destinée aux adhérents français de BlaBlaCar. En ouvrant un compte chez Boursorama, sans conditions de revenus ni de patrimoine, ces derniers se verront immédiatement offrir une somme de 50 euros. Surtout, en souscrivant à la fois à une carte bancaire et un compte sur livret (produit d'épargne dont le taux d'intérêt n'est pas réglement), passagers et conducteurs recevront chacun de la part de Boursorama une somme maximum de 15 euros par trajet, dans la limite d'un total de 150 euros, et ce, durant deux ans. A noter que, pour les membres de BlaBlaCar qui choisiraient de souscrire à soit une carte bancaire, soit un compte sur livret, mais pas aux deux, le plafond de primes sera limité à 75 euros, et non à 150 euros.

BlaBlaCar compte 8 millions de membres en France

« Cela représente une source d'économies supplémentaires pour nos membres », a déclaré Frédéric Mazzella, président de BlaBlaCar, lors d'une conférence de presse.

De fait, la société de covoiturage a déjà noué des partenariats avec des groupes comme Total et Vinci, qui permettent à sa communauté de conducteurs et de passagers d'obtenir des réductions sur les frais d'essence et de péage. Boursorama, de son côté, mise sur le bouche à oreille au sein de la communauté de BlaBlaCar pour élargir sa clientèle. Faute de disposer d'agences, « tout notre sujet, c'est la notoriété », reconnaît Marie Cheval. La directrice générale de Boursorama tient à faire savoir que sa banque est la moins chère de France, avec 14 euros de frais annuels en moyenne, contre 200 euros environ pour l'ensemble du secteur bancaire. Une offre bon marché qui n'empêche pas Boursorama d'être, souligne Marie Cheval, « une banque complète », présente de l'assurance-vie à la prévoyance, en passant par les comptes-courants et le crédit. Boursorama est certes la première banque en ligne à avoir lancé une offre de crédit immobilier, en 2011, mais elle doit désormais compter avec la récente initiative dans ce domaine d'ING Direct et, l'an prochain, de BforBank (groupe Crédit agricole).

Au-delà du chiffre de 8 millions, c'est donc la typologie des adhérents de BlaBlaCar qui intéresse Boursorama. Un tiers d'entre eux ont plus de 35 ans, ce qui correspond peu ou prou à l'âge moyen des clients de Boursorama (40 ans). Un deuxième tiers est âgé de 25 à 35 ans, or Boursorama assiste à un rajeunissement de ses afficionados, ses nouveaux clients ayant plutôt une petite trentaine. Enfin, le dernier tiers des membres de BlaBlacar comptent moins de 25 printemps, un segment « sous-représenté chez nous car nous ne les avions jamais vraiment ciblés, jusqu'à cette offre », souligne Marie Cheval. Qui n'exclut pas que ce partenariat avec BlaBlaCar soit un prélude à d'éventuels accords avec d'autres acteurs de l'économie collaborative, partageant avec Boursorama « un ADN de simplification de la vie du client ».

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Commentaires
a écrit le 11/12/2015 à 15:19 :
Qu'il s'agisse de BlaBlaCar ou d'Uber ou de qui vous voudrez, de co-voiturage public ou privé, tout ceci pose un énorme problème législatif et fiscal. Si vous êtes rémunéré pour transporter des personnes (transport de personnes à titre payant), vous devez inscrire vos recettes comme revenus accessoires mais le côté fiscal n'est pas le plus risqué, d'une certaine mesure. Ce qui est risqué, c'est faire cette activité sans un contrat d'assurance auto adapté. L'économie numérique avance plus vite que la législation, certes (par exemple si vous souscrivez à l'offre en ligne de Boursorama, vos données personnelles transitent par plusieurs sociétés qui n'ont rien de bancaire) et tout va bien jusqu'au jour où se pose un accident de la route. A ce moment là, les victimes ou leurs ayants droits risquent de poursuivre le ou la responsable dans des proportions qui sont, bien entendu, inimaginalbles pour le conducteur qui fait ça pour "arrondir" ses fins de mois. La solution sera de souscrire une assurance, mais dans ce cas la compagnie d'assurance lui demandera son certificat de capacité, la validation de la visite médicale, son régistre des métiers, enfin tout ce qui est demandé à un professionnel, donc ça ne sera pas possible ou ne sera pas rentable. Il y a fort à parier que la rémunération se fera, naturellement, "sous le manteau". La Société Générale et Boursorama doivent-elles encourager cela, c'est toute la question, et même si existe une évolution de l'économie vers "l'économie numérique", les contraintes législatives (parfois elles sont là avec raison) s'opposent à tout et n'importe quoi. Peut-on envisager demain, par exemple, que vous décidiez de vendre du pain réalisé dans votre machine à pain, qu'un site se crée pour diffuser ces pains sans contrôle d'origine ni d'hygiène et que si cela fonctionne, la Société Générale réalise une offre commerciale adaptée pour ces boulangers amateurs ? Le pain est pourtant un produit de grande consommation. A moins que Boursorama ne propose un contrat d'assurance aux conducteurs de co-voiturage ou de transport occasionnel rémunéré ?
Réponse de le 11/12/2015 à 19:27 :
BlaBlaCar est partenaire d'AXA et couvre les passagers comme les conducteurs en cas d'accident grâce à l'assurance complémentaire AXA :-) https://www.axa.fr/assurance-auto/axa-blablacar.html
Réponse de le 14/12/2015 à 12:20 :
Merci de votre réponse. Par voie de conséquence cela confirme ce qui est indiqué dans tous les contrats d'assurance auto des particuliers, à savoir "que les transports de personnes à titre onéreux sont exclus du champ d'application".

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