Les banques en ligne investissent encore un peu plus le terrain de jeu des banques traditionnelles. Au début du mois de mai, ING Direct - filiale du Néerlandais ING et numéro un de la banque en ligne en France avec près d'un million de clients - a ainsi lancé une offre de crédit immobilier dans l'Hexagone. Le sacro-saint crédit immobilier, dont les banques classiques répètent à l'envi qu'il s'agit d'une opération trop complexe pour que les clients soient disposés à l'effectuer via Internet... D'ailleurs, jusqu'à récemment, les seuls « pure players » de la banque à ligne à s'être aventurés dans le crédit immobilier étaient Boursorama (Société générale) et Hello Bank ! (BNP Paribas).
En réalité, « 48% des Français se disent prêts à souscrire un crédit immobilier en ligne », affirme Sophie Heller, directrice d'ING Direct en France.
Des projets qui ne peuvent concerner que l'acquisition d'un logement ancien, à titre de résidence principale ou secondaire, ING Direct ne donnant pas dans l'investissement locatif ni dans l'achat sur plan. Pour le moment. D'ici à la fin de l'année, la banque pourrait en effet annoncer des compléments à son offre de crédit immobilier en France, ainsi que ses débuts dans le crédit à la consommation.
De nouvelles cordes à son arc en perspective, donc, pour cet ancien spécialiste de l'épargne en ligne, « très largement rentable » et dont la première incursion dans les offres de banque en quotidien en France remonte à 2009, avec le lancement d'un compte courant.
Benoît Legrand, président d'ING Bank France, explique :
C'est également pour « faire évoluer le business model de BforBank vers celui d'une banque complète » que la filiale de banque en ligne du Crédit agricole a annoncé, le 26 mai, le lancement d'un compte bancaire. Lequel sera très prochainement suivi d'une offre de crédit à la consommation, puis de crédit immobilier en 2016. Une diversification tous azimuts pour BforBank, qui, comme la plupart des banques en ligne, avait initialement bâti son modèle économique sur l'épargne, avec les fameux livrets à taux boostés.
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Un modèle devenu aujourd'hui beaucoup moins pertinent, en raison de la faiblesse des taux d'intérêt, qui rend la rémunération de l'épargne très coûteuse pour les banques.
Bien que BforBank soit rentable depuis 2013, « nous espérons créer une nouvelle dynamique avec le lancement du compte bancaire », a reconnu André Coisne, directeur général de la filiale du Crédit agricole, lors d'une conférence de presse, le 26 mai. BforBank espère ainsi compter 250.000 clients dans cinq ans, contre 120.000 aujourd'hui, pour des encours sous gestion qui devraient passer, dans le même intervalle, de 3,2 milliards à 7 milliards d'euros (dont 500 millions à 1 milliard en crédit immobilier).
Surtout, « dans notre industrie, pour rentabiliser la relation avec le client, il faut être la banque principale de ce dernier », a ajouté André Coisne. Or, ce statut de banque principale, qui implique d'être en mesure de proposer les principaux services de banque au quotidien, fait assez largement défaut aux banques en ligne : un tiers seulement de leurs clients ont fait d'elles leur banque principale, selon une étude de l'institut Audirep, réalisée en septembre et actualisée en mai.
Mais cette proportion est sans doute amenée à progresser rapidement, compte tenu de l'élargissement de l'offre de produits des banques en ligne et de la propension croissante des Français à rejoindre ce type d'établissements. « 3% des Français ont un compte dans une banque en ligne, mais cette proportion monte à 7% chez les personnes âgées de 25 à 35 ans. Et 15% des Français se disent prêts à ouvrir un compte dans une banque en ligne, un pourcentage qui augmente chaque année », assure Sophie Heller, chez ING Direct. Une motivation avant tout dictée par la perspective d'économiser de l'argent, selon le sondage réalisé par Audirep.
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Il faut dire que les tarifs des banques en ligne, qui n'ont pas à supporter les coûts d'un réseau d'agences, s'échelonnent de 8,20 euros à 46,58 euros par an, contre une fourchette de 66,32 à 209,84 euros pour les banques traditionnelles, selon l'enquête annuelle de l'association de défense des consommateurs CLCV, parue en janvier. « Nous sommes une entreprise de services à l'origine de disruptions technologiques, qui, parce qu'elle limite ses coûts au maximum, est en mesure de proposer un juste prix à ses clients. Nous faisons du low-cost de qualité », tient à souligner Benoît Legrand. Qui voit ainsi dans ING Direct France « une fintech âgée de 15 ans. »
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>>> Entretien avec Sophie Heller (ING Direct)
/ propos recueillis par Laurent Lequien
>>> Entretien avec Nicole Viviand (Boursorama Banque)
/ propos recueillis par Laurent Lequien
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