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Entreprises & FinanceBanques / Finance

Chacun cherche son plan B après l’échec du mariage LSE - Deutsche Börse

Photo de Delphine Cuny

Delphine Cuny

Publié le 29 mars 2017 à 16:35 - Mis à jour le 29 mars 2017 à 17:59

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Les deux fiancés disent regretter le blocage de la fusion par Bruxelles, accueilli par une hausse de leur cours en Bourse. Le London Stock Exchange a annoncé un programme de rachat d’actions. La Bourse allemande s’affirme bien positionnée en solo. Le Français Euronext reste déterminé à racheter la filiale de compensation LCH Clearnet SA du LSE. La concentration du secteur n’est sans doute pas terminée.

Tout sauf une surprise. Presque un soulagement finalement : l'annonce de l'interdiction du rapprochement du London Stock Exchange Group (LSEG) et de Deutsche Börse AG, et partant, de l'arrêt du projet par les deux partenaires, ont été accueillis dans le calme sur les marchés financiers. L'action LSE a même bondi de 3,4% à l'ouverture de la séance (+2,7% à la clôture), tandis que le titre Deutsche Börse s'est adjugé 1,7%.

Bien sûr, les deux fiancés ont dit regretter la décision de la Commission européenne. La Commissaire Margrethe Vestager a interdit l'opération qui aurait « considérablement réduit la concurrence, du fait de la création d'un monopole de fait dans le secteur clé de la compensation des instruments à revenu fixe » (obligations et accords de rachat d'obligations), qui « aurait eu un effet d'entraînement sur les marchés en aval du règlement, de la conservation de titres et de la gestion des garanties », et qui aurait aussi « supprimé toute concurrence horizontale en ce qui concerne la négociation et la compensation des produits dérivés sur actions individuelles. »

Rachat d'actions à la Bourse de Londres

Le LSE « n'est pas d'accord » avec la vision de la Commission qui a considéré que la vente de sa filiale française de compensation, LCH Clearnet SA, à Euronext, l'opérateur des Bourses de Paris, Bruxelles, Amsterdam et Lisbonne, n'était pas suffisante. L'opérateur britannique avait fait des concessions supplémentaires : un accès garanti pendant trois ans aux flux de sa plateforme italienne d'échanges sur les marchés de taux, MTS, spécialisée dans les obligations souveraines européennes. Mais la Commission exigeait la vente de MTS. Le LSE en a fait un motif de rupture.

S'il assure être « confiant dans ses perspectives en solo », le groupe du LSE a fait un geste à l'attention de ses actionnaires : à la place du dividende exceptionnel qu'il avait promis de verser dans le cadre de la fusion, il a annoncé ce mercredi son intention « d'honorer son engagement de retour sur capitaux » avec un programme de rachat d'actions d'un montant « à peu près équivalent », soit 200 millions de livres (environ 230 millions d'euros).

« LSEG continuera d'étudier activement les investissements internes et externes sélectifs pour apporter plus de croissance » indique le groupe dans son communiqué.

Il pourrait cependant constituer lui-même une cible pour des acteurs américains tels que le géant ICE ou le Nasdaq.

Renforcer la place de Francfort

En revanche, pas de lot de consolation pour les actionnaires du côté de Francfort. Deutsche Börse n'a pas caché sa déception :

« Cette interdiction est un revers pour l'Europe, l'Union des marchés de capitaux et le pont entre l'Europe continentale et la Grande-Bretagne. Une opportunité rare de créer un fournisseur mondial d'infrastructures de marchés implantés en Europe et de renforcer la compétitivité des marchés financiers européens a été manquée » a réagi le président du conseil de surveillance de Deutsche Börse, Joachim Faber, dans uncommuniqué.

L'opérateur allemand se considère lui aussi « bien positionné en solo pour concurrencer sur le plan mondial les autres fournisseurs d'infrastructures de marchés ». Il va « se concentrer sur sa stratégie de croissance « Accelerate » et renforcer ses capacités d'innovations » a fait valoir le directeur général de Deutsche Börse, Carsten Kengeter.

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Alors que le Brexit est officiellement lancé, Deutsche Börse indique qu'il jouera un rôle dans le développement de l'économie réelle allemande et de Francfort comme centre financier ». On sait que le Land de Hesse, celui de la capitale financière allemande où se trouve le QG de Deutsche Börse, avait été l'une des principales forces d'opposition à la fusion, refusant de perdre le siège de cette institution pour sa région. Le Land fait aussi pression pour accueillir celui de l'Autorité bancaire européenne, actuellement à Londres, ce qui n'aura plus de sens dans une UE à 27.

Euronext en embuscade dans la compensation

Pour Euronext, c'est l'enterrement d'une opération qui l'aurait clairement marginalisé : l'opérateur « paneuropéen », avec sa capitalisation boursière de 2,8 milliards d'euros, est déjà fort petit comparé aux 16 milliards de Deutsche Börse et aux 12,4 milliards de LSEG. Cependant, Euronext avait trouvé un avantage à cette fusion : il devait racheter son ancienne filiale de compensation Clearnet, dont il était l'acheteur naturel, puisqu'il représente la moitié de son chiffre d'affaires. Or le LSEG ne semble plus disposé à réaliser l'opération, qui était conditionnée à la fusion :

« En conséquence de l'interruption de la fusion, la proposition de vente de LCH SA par LSE et LCH Group à Euronext prend fin, conformément aux termes de l'accord » signé le 3 janvier, indique l'opérateur britannique dans son communiqué.

La porte est-elle pour autant complètement fermée ? Peut-être le britannique cherche-t-il à faire monter les enchères. L'opérateur français a d'ores et déjà décidé d'aller voir ailleurs et de négocier avec d'autres fournisseurs, ses contrats avec LCH Clearnet SA arrivant à échéance le 31 décembre 2018, comme il l'explique à La Tribune.

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> Lire l'interview de Stéphane Boujnah, le directeur général d'Euronext, en réaction à l'abandon de la fusion

Delphine Cuny

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