"Euronext va devoir envisager une alternative dans la compensation"

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Stéphane Boujnah, le patron d'Euronext, espérait remettre la main sur son ancienne filiale de cleaing, LCH Clearnet SA.
Stéphane Boujnah, le patron d'Euronext, espérait remettre la main sur son ancienne filiale de cleaing, LCH Clearnet SA. (Crédits : Studio Cui Cui Neutral Grey pour Jozephine)
Le directeur général de l'opérateur des Bourses de Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne réagit en exclusivité à l'abandon de la fusion du London Stock Exchange et de Deutsche Börse. Le rachat de son ancienne filiale de compensation, LCH Clearnet SA, qu'il avait négocié avec le LSE pour 510 millions d'euros, tombe à l'eau. Propos recueillis par Delphine Cuny.

LA TRIBUNE : Quelle est votre réaction à l'annonce de l'abandon du rapprochement de London Stock Exchange et Deutsche Börse ?

Stéphane Boujnah : Il ne m'appartient pas de commenter la fin de cette opération qui était d'une extrême complexité. Je constate simplement la concomitance aujourd'hui de deux événements, qui est sans doute le fruit du hasard mais qui n'est pas anodine : d'une part l'abandon de la fusion du London Stock Exchange avec Deutsche Börse, et, d'autre part, le déclenchement de l'article 50 par la Première ministre britannique Theresa May pour engager la sortie du l'Union européenne. Clairement, il semble que ce projet de fusion s'appréciait différemment dans un environnement pré-Brexit et post-Brexit compte tenu des conséquences, réelles et perçues, des effets de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. J'observe en effet que la perspective que le siège de l'une des plus grandes infrastructures de marché en Europe ne soit pas situé dans un pays de l'Union européenne a créé un débat.

Quelles sont les conséquences pour vous ? Vous ne pourrez plus racheter la filiale de compensation du LSE ?

La Commission européenne a pris sa décision. Nous avions communiqué directement aux conseils d'administration du London Stock Exchange et de LCH Group que nous étions intéressés par l'acquisition de LCH Clearnet SA aux conditions négociées dans l'accord du 3 janvier, c'est-à-dire pour 510 millions d'euros, quelle que soit l'issue du projet de fusion avec Deutsche Börse. Tout simplement parce que notre priorité stratégique reste l'intégration de LCH Clearnet SA. Néanmoins, le London Stock Exchange a indiqué clairement aujourd'hui sa décision de ne pas réaliser l'opération convenue le 3 janvier. Dont acte.

Nous allons donc élaborer une solution alternative pour le clearing de nos opérations, puisque nos deux contrats avec LCH Clearnet SA arrivent à échéance le 31 décembre 2018. Nous avons commencé à dialoguer avec plusieurs partenaires potentiels en Europe. Si les propriétaires de LCH Clearnet SA ne sont pas prêts à réaliser l'opération signée le 3 janvier, nous sommes amenés à envisager une alternative. Ce qui se traduirait nécessairement par un impact majeur sur le chiffre d'affaires de LCH Clearnet SA [qui perdrait la moitié de ses revenus, ndrl].

N'est-ce pas une forme de rapport de force ?

Pas du tout, c'est le fonctionnement normal des relations contractuelles. Si les propriétaires ne souhaitent pas céder LCH Clearnet SA, c'est leur choix le plus strict. Notre obligation est de nous adapter à cette situation nouvelle.

Propos recueillis par Delphine Cuny

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