Credit Suisse dans le rouge à cause d'Archegos, l'autorité de surveillance ouvre une enquête

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(Crédits : Arnd Wiegmann)
Au premier trimestre 2021, la banque a dû inscrire une charge de 4,4 milliards de francs suisses dans ses comptes pour couvrir les dégâts liés à Archegos, et s'attend à des pertes supplémentaires de 600 millions de francs sur ce fonds au deuxième trimestre, a-t-elle précisé dans un communiqué.

[Article publié le 22.04.2021 à 8:31, mis à jour avec cours de Bourse et enquête de la Finma à 12:11]

Un tremblement de terre en Suisse. La banque Credit Suisse, le numéro deux du secteur bancaire helvétique, secouée par la faillite de la société financière britannique Greensill et l'implosion du fonds américain Archegos, a essuyé une perte nette de 252 millions de francs suisses (228 millions d'euros) au premier trimestre, a-t-elle annoncé jeudi.

La banque a dû inscrire une charge de 4,4 milliards de francs suisses (près de 4 milliards d'euros) dans ses comptes pour couvrir les dégâts liés à Archegos. La banque a désormais liquidé quelque 97% de ses positions liées à ce fonds et s'attend à des pertes supplémentaires de 600 millions de francs suisses ( (544 millions d'euros) au deuxième trimestre, a-t-elle précisé dans un communiqué.

"Une perte inacceptable"

Secouée début mars par la faillite de la société financière Greensill, la banque a essuyé un second choc fin mars lorsque le fonds américain Archegos a fait défaut sur des appels de marges, se trouvant dans l'incapacité de réinjecter de l'argent pour couvrir ses positions sur des produits dérivés, ce qui avait déclenché une vente massive d'actions à Wall Street.

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"La perte que nous publions ce trimestre, à cause de cette question, est inacceptable", a déclaré son directeur général, Thomas Gottstein, cité dans le communiqué, insistant sur le fait que la banque a pris des mesures pour redresser la situation.

Renforcement des fonds propres durs

Pour renforcer ses fonds propres, le numéro deux du secteur bancaire helvétique va émettre deux emprunts convertibles portant respectivement sur 100 millions et 103 millions d'actions, a-t-il indiqué dans un communiqué séparé. La banque compte ainsi renforcer ses fonds propres durs, soit le coussin de liquidités que les banques doivent mettre de côté pour assurer leur solvabilité et absorber les chocs.

Son ratio de fonds propres durs, dit CET1, se situait à 12,2% à la fin du premier trimestre, un niveau qui "reste solide" a insisté la banque, qui compte cependant le remonter aux environs de 13% grâce à cette émission d'emprunts convertibles.

L'autorité de surveillance des marchés en Suisse ouvre une enquête

A 7H54 GMT, l'action chutait de 3,90% à 9,01 francs suisses, freinant le SMI, l'indice des valeurs phares de la Bourse suisse, qui s'appréciait cependant de 0,25%. Depuis début mars, le titre Credit Suisse a perdu près de 30% de sa valeur.

La Finma, l'autorité de surveillance des marchés en Suisse, a ouvert une procédure pour enquêter sur les pertes dans l'affaire Archegos, a-t-elle annoncé peu après la publication de ces résultats. Elle analysera "en particulier les indices de manquements dans la gestion des risques", a-t-elle indiqué dans un communiqué.

La Finma, qui avait également ouvert fin mars une enquête concernant l'affaire Greensill, va nommer un chargé d'enquête. Elle poursuivra également ses échanges avec d'autres autorités compétentes en Grande-Bretagne et aux États-Unis, a-t-elle précisé.

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a écrit le 22/04/2021 à 14:21 :
Je me réjouis chaque fois qu'une banque suisse prend une claque de ce genre.car outre la fraude fiscale encouragée par celles-ci je me rappelle que les banques
Suisses ne voulaient pas pendant très longtemps rembourser les héritiers des personnes décédées en déportation sous prétexte qu'ils ne vous pouvaient pas fournir de certificat de décès :
il a fallu que les États-Unis se fâchent des dizaines d'années plus tard pour qu'enfin les banques suisses cédent.
a écrit le 22/04/2021 à 10:14 :
Ah merci pour cette bonne nouvelle pour débuter une journée !
a écrit le 22/04/2021 à 9:32 :
Bon, on va pas pleurer!
Notons au passage que ce sont encore les produits dérivés qui sont la cause de cette déconfiture.
Tous les instruments financiers complexes, spéculatifs sont une engeance pour une activité économique et financière saine.
Avec les dérives de l'optimisation fiscale, le capitalisme risque l'indigestion... vomissements et diarrhées.

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