Après la crise des subprimes et le scandale du Libor (ce taux interbancaire, baromètre des marchés, que des traders ont manipulé), la Deutsche Bank n'est toujours pas totalement sortie d'affaires. Le redressement engagé par le directeur général John Cryan, qui passe par un recentrage sur les activités moins risquées (moins de marchés, plus de financement de l'économie et de clients corporate), prend du temps. Au deuxième trimestre, la première banque allemande accuse une chute de 10% de son produit net bancaire, à 6,6 milliards d'euros, principalement à cause du recul du trading obligataire (-12%).
En conséquence, Deutsche Bank a revu en baisse ses prévisions : elle s'attend désormais à des revenus en baisse par rapport à l'an dernier, et non stables, après une baisse de 10% déjà l'année précédente.
Le bénéfice net du trimestre, à 466 millions d'euros, est en revanche supérieur aux attentes, grâce aux réductions de coûts.
Toutes les divisions ont enregistré un déclin de leurs revenus, de la banque d'investissement (pas seulement sur les taux et devises, mais aussi sur les actions) à la gestion d'actifs, qui doit être mise en Bourse, en passant par la banque privée et commerciale, qui inclut l'activité de détail de la banque postale allemande, Postbank, dont Deutsche Bank a finalement abandonné le projet de cession.
John Cryan est engagé dans un plan drastique de réduction de coûts (objectif de 3 milliards d'euros en moins d'ici à 2021), passant par la suppression de 9.000 emplois, sur des effectifs de 96.652 à fin juin 2017, en diminution de 1.500 malgré le renforcement des équipes de conformité et anti-criminalité. Il doit prouver aux investisseurs qu'il peut mener ce redressement sans trop rétrécir l'activité et perdre des parts de marché.
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L'action Deutsche Bank a accusé le coup à la Bourse de Francfort, cédant 6% en fin de séance. Le titre avait rebondi de 75% depuis son point bas de septembre dernier, en pleine panique boursière sur fond d'interrogations sur la survie même de la banque. Depuis, Deutsche Bank a réalisé une augmentation de capital de 8 milliards d'euros qui a rassuré les investisseurs.
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