IA, Blockchain : les 28 champs d’innovation prioritaires dont la finance doit se saisir

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(Crédits : ACPR)
Le pôle de compétitivité Finance Innovation publie ce vendredi un livre blanc détaillant les 28 chantiers d'innovation prioritaires liés à l'intelligence artificielle et à la Blockchain dans lesquels les acteurs de la finance doivent investir.

Quelque 200 professionnels sollicités, sept groupes de travail, une soixantaine de réunions et huit mois de réflexion ont été nécessaires à la publication du livre blanc « Intelligence artificielle, blockchain et technologies quantiques au service de l'industrie financière de demain » que présente le pôle de compétitivité Finance Innovation ce vendredi 22 février.

« Le but de ce livre blanc est de sensibiliser la place financière de Paris sur ces trois technologies qui vont profondément transformer la manière de travailler. Ce sont des technologies qui progressent de manière fulgurante à travers toutes les industries. L'industrie financière doit se saisir de cette opportunité pour se réinventer », résume Joëlle Durieux, directrice générale de Finance Innovation.

Ce document, fruit de la collaboration d'universitaires, de startups de la finance et d'acteurs institutionnels, recense 28 domaines d'innovation prioritaires, directement liés à l'application de l'intelligence artificielle (IA) et de la Blockchain, sur lesquels « l'innovation permettra d'améliorer d'ici cinq à dix ans la compétitivité de l'industrie française de la finance », explique le document. « Ce sont les sujets prioritaires dans lesquels les acteurs doivent investir », insiste Joëlle Durieux.

Lutte contre la fraude, cyber-risques

Le pôle de compétitivité suggère ainsi d'utiliser l'intelligence artificielle pour optimiser le scoring de crédit, lutter efficacement contre la fraude, faire face aux cyber-risques ou encore pour « augmenter » le collaborateur afin de l'aiguiller dans la complexité grandissante des produits et services financiers et l'environnement réglementaire.

Au cours des derniers mois, l'IA s'est déjà invitée dans une multitude de pans de la finance : du chatbot au sein de l'application bancaire en passant par l'aide opérationnelle apportée aux conseillers. Même si les banques françaises tâtonnent encore sur ces sujets, les perspectives de développement sont telles que le régulateur, l'ACPR, a lancé une consultation publique, ouverte jusqu'au 28 février prochain, pour évaluer les opportunités et les risques liés au déploiement de cette technologie. Le livre blanc de Finance Innovation recommande d'ailleurs d'investir également dans la lutte contre la discrimination et les biais induits par l'utilisation de l'IA ou encore dans l'acculturation et la formation à ces nouveaux outils.

La Blockchain, elle aussi, présente un fort potentiel de transformation dans le secteur. Cette technologie de registre distribué, sur laquelle est né le bitcoin il y a dix ans, trouve des applications dans le monde de la finance qui vont bien au-delà des seules crypto-monnaies. De nombreux projets voient ainsi le jour dans le commerce international, les opérations de change, de règlement-livraison ou encore dans le secteur de l'assurance. Selon les dernières estimations du cabinet IHS Markit, les revenus générés par des projets utilisant les technologies de registre distribué dans le secteur financier devraient grimper à 462 milliards de dollars en 2030.

Parmi les chantiers prioritaires, on retrouve la sécurisation des portefeuilles numériques, l'identification et la déclinaison des bonnes pratiques de consortium ou encore la création d'une infrastructure de place pour améliorer la connaissance client.

Retrouver notre dossier : Blockchain, le futur de la finance ?

Collaboration avec l'auto et l'aéronautique

Ces 28 pistes d'innovations prioritaires doivent servir de base au lancement d'appels à projets pilotés par Finance Innovation. « Ces appels à projets s'adressent aux professionnels de la finance mais pas uniquement. Les professionnels d'autres industries qui travaillent sur une finance "embarquée" sont aussi appelés à participer. Je pense notamment à l'automobile avec le développement des véhicules connectés ou encore à l'aéronautique et le recours de drones pour des questions d'assurance », indique la présidente du pôle de compétitivité.

Les applications concrètes liées aux technologies de l'informatique quantique, qui promet des puissances de calcul inégalées, n'ont en revanche pas été identifiées, cette discipline étant encore à ses balbutiements. Pourquoi alors la faire figurer dans cet ouvrage ? « Des investissements colossaux sont actuellement menés en Asie et par les GAFA [les Google, Apple, Facebook, Amazon, ndlr] pour développer des supercalculateurs. L'industrie quantique va forcément se déployer », répond Joëlle Durieux.

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a écrit le 24/02/2019 à 14:07 :
L'IA est probablement la révolution la plus marquante dans la finance, pour ce qui est de la blockchain elle va se déployer fortement pour certains types de transaction ce qui va se traduire par des gains de productivité. Par contre le chiffre avancé par Markit ne veut rien dire, évidemment que beaucoup de projets vont utiliser la blockchain, on ne fait pas de la finance sans faire de transaction ! Enfin concernant l'ordinateur quantique, le journaliste a eu raison de lettre le doigt dessus, pourquoi en parler puisqu'ils ne maîtrisent pas le sujet? L'ironie de l'histoire c'est que l'ordinateur quantique risque également d'être une menace pour la sécurité de certains protocoles .
a écrit le 22/02/2019 à 20:44 :
Et si l’IA quantique était un propulseur pour la fin ?
De la super- virtualité hyper- puissante connectée à des mauvaises sources pour remplacer l’humain et créer un monde d’image- sons- lumière immatérielle complètement factice comme dans le film matriX ?
Le pouvoir aime contrôler et avoir le dessus par le savoir - technique et technologique de pointe sur les humains.
Ça leur donne une sensation d’hyper- puissance comme une invulnérabilité d’où les recherches actives contre la mort.
Beaucoup de technologies actuellement commercialisées sont utilisées depuis très longtemps par les armées et la NASA ( par exemple)
a écrit le 22/02/2019 à 19:39 :
28 sujets importants, 28 évolutions majeures, 28 enjeux stratégiques,…. tous ces termes sont valables.

Mais 28 "priorités" : c'est une absurdité. Une chose ou une personne est prioritaire quand elle passe avant le reste.

=> Définir des priorités , c'est faire des choix. Et la présentation de 28 enjeux majeurs est une étape qui permet de définir une priorité, et de bâtir une stratégie.

Je suis allé sur le site en lien pour voir. Il n'y a pas le détail du contenu, mais il ne fait pas mention de "28 priorités". J'aimerais bien savoir si ce terme a été utilisé en présentation ? ou s'ils ont évoqués des "enjeux", des "ruptures", des "évolutions" ?

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