IA : la startup QuantCube lève 5 millions de dollars auprès de Moody's et Five Capital

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L'équipe de la jeune pousse parisienne QuantCube. A gauche, en costume, le cofondateur et directeur général Thanh-Long Huynh.
L'équipe de la jeune pousse parisienne QuantCube. A gauche, en costume, le cofondateur et directeur général Thanh-Long Huynh. (Crédits : DR)
La jeune pousse parisienne, qui a conçu des algorithmes de prévisions macro-économiques et financières, réalise son premier tour de table. Elle a l'ambition de devenir "un leader mondial de l'analyse du big data à destination du secteur financier".

De la stratégie quantitative appliquée aux dérivés d'actions aux prédictions de la croissance économique de la Chine, du cours du pétrole ou de l'activité touristique en France : c'est en résumé le parcours de Thanh-Long Huynh, le cofondateur et directeur général de QuantCube. Ce multidiplômé, en statistiques de l'Ensae, en maths financières de l'Université de Chicago, en analyse financière (CFA) et en gestion de patrimoine (ESCP), a démarré sa carrière en 1998 comme trader quantitatif à la Société Générale à New York et cofondé en 2013 QuantCube avec l'idée d'exploiter les données « alternatives », réseaux sociaux, images satellites, etc., pour l'investissement.

La startup parisienne, qui emploie une vingtaine de data scientists, a mis au point des algorithmes prédictifs qui lui permettent de produire des prévisions macro-économiques qui intéressent de nombreux acteurs, y compris des banques centrales. La jeune pousse annonce ce mercredi son premier tour de table institutionnel : une levée de fonds de 5 millions de dollars auprès de l'agence de notation de crédit Moody's et du fonds d'investissement Five Capital, cogéré par la Caisse des dépôts et le fonds souverain saoudien Kingdom Holding.

« Nos clients sont des gérants d'actifs, des banques centrales, des banques d'investissement. Nos prévisions macro-économiques intéressent aussi les grands corporates, pour leur business plans et leur gestion des risques », nous explique Thanh-Long Huynh.

« Pour la Banque de France, nous avons établi des prévisions en temps réel sur le secteur hôtelier en France, à partir de données de plateformes numériques, avec trois mois d'avance sur les chiffres officiels de l'Insee. La corrélation était comprise entre 85% et 95% selon les régions », se félicite-t-il.

La levée de fonds doit financer son implantation à l'international, avec l'ouverture d'un bureau à New York et au Moyen-Orient cette année, en Asie en début d'année prochaine. La startup de 26 personnes, hébergée au centre d'innovation parisien Wai de BNP Paribas, après être restée deux ans au Village by CA de Crédit Agricole, prévoit de recruter une vingtaine de personnes dans les 12 mois. Elle devra notamment se doter de commerciaux pour accompagner sa « croissance exponentielle. »

Satellites, drones, réseaux sociaux

Le produit phare de QuantCube est sa plateforme de prévisions en temps réel « Global Macro Smart Data », commercialisée sous la forme d'une licence annuelle, « comme Reuters ou Bloomberg », moyennant 50.000 à 100.000 euros par an. Les équipes multilingues de la startup (français, anglais, arabe, russe, chinois) font de l'analyse d'images et de textes. L'intelligence artificielle leur permet de traiter et agréger un grand nombre de données pour affiner les prévisions.

« L'IA est un outil pour nous, au service d'une vision économique et fondamentale », insiste Thanh-Long Huynh. « Dans les ports, nous suivons les navires avec les données satellites : les flux maritimes de transport de matières premières, d'énergie ou agricoles, nous donnent une très bonne idée des importations et des exportations. Pour le pétrole, nous croisons différentes sources, les réseaux sociaux en arabe, les trackers de tankers, les photos de puits de pétrole, les offres d'emplois dans le secteur de l'énergie, etc. »

La startup va aussi faire l'acquisition de ses propres drones pour obtenir des images plus précises, afin de suivre en temps réel le développement de la culture du maïs par exemple.

« Notre vision est de devenir une agence de renseignement économique au niveau mondial », résume le cofondateur de QuantCube.

Son ambition est de s'installer comme « un leader mondial de l'analyse du big data à destination du secteur financier. » QuantCube fournit aussi un outil prenant le pouls des marchés, le « Financial Smart Data » avec son « indice de sentiment » des investisseurs, vendu en exclusivité à un seul client sur l'action d'une société cotée précise. Son IA sert aussi à l'analyse systématique des bilans financiers des entreprises, ce qui intéresse l'agence Moody's, qui qualifie de « stratégique » cet investissement minoritaire dans QuantCube.

« Les capacités de QuantCube cadrent bien avec l'objectif de Moody's visant à améliorer continuellement la qualité et l'exactitude des informations qui renseignent nos études et analyses de crédit », fait valoir Rob Fauber, le président de Moody's Investor Service.

Un contrat commercial est en cours de finalisation avec ce nouvel actionnaire.

« C'est très important d'avoir un acteur comme Moody's au capital. Avoir une banque comme actionnaire nous aurait privé de nombreux clients », confie le patron de QuantCube.

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a écrit le 31/05/2018 à 9:05 :
ah, les reseaux de neurones, plus besoin d'aucune competence, ils savent tout, meme sur la macroeconomie, et sans avoir lu patrick artus ' modelisation macroeconomique'........
pas besoin de savoir ni keynes, ni is/lm, ni domar, ni okun, ni friedman, ni lucas, un resau deep fera l'affaire.......
y a 25 ans je lisait deja une these( essec, je crois) sur l'utilisation des reseaux pour la modelisation de la masse monetaire (m3); rien de neuf, si ce n'est que ca restait un outil parmi d'autre et pas une solution miracle........
j'attend les deconvenues avec impatience! les gens vont se faire demonter, comme ceux qui ont acheter des produits subprimes sans savoir ce qu'est la stochastique!
Réponse de le 31/05/2018 à 12:07 :
Bonjour Churchill

En gros vous dites que les data sont «  des machines » qui ont avalé toutes les théories en macroéconomie ....?

oui mais ces machines : ils ont «  une conscience » ?
qu’est ce qui a changé entre hier et aujourd’hui.

ces jeunes ont «  du potentiel »
avec de l’éthique ,du bon sens , et comprendre le pourquoi des «  actions » , ils peuvent changer la politique des statistiques

le challenge c’est qu’ils gardent «  leur indépendance »

car dans la recherche scientifique , quand certains veulent orienter les statistiques prédictives pour faire «  du mal aux autres »

en général les hommes de sciences jettent l’éponge et envoient «  brouter » ailleurs... ou l’herbe est plus naïve...

attention aux loups ;-)
Cordialement
a écrit le 30/05/2018 à 11:49 :
projet gigantesque et très ambitieux.
pourquoi pas ?

cependant le «  concept : un grain de riz peut faire balancer la position d’un côté ou l’autre , moi j’y crois »

c’est un challenge pour une nouvelle ère
les prédilections sont ( pour moi) au delà des formules de mathématiques : ça n’engage que moi .

mais Bravo pour le «  projet » car il urgent d’avoir un «  outil » sérieux pour tracer les grandes lignes économiques afin de prendre les meilleures décisions ( préférable pour le bien de tous et toutes )pour un avenir plus ou moins proche.
Réponse de le 30/05/2018 à 15:49 :
N'importe quoi !
Ca sert à mieux tondre les moutons ou voler le miel de la ruche c'est tout, l'économie se passe très bien d'eux, par contre eux n'existe pas sans elle.

Les prédilections ? les prédictions !

Le mare de café à base d'IA pour scalper les cours c'est vraiment très interessant, tres utile, tres productif ! Foutage de gueule !
Réponse de le 31/05/2018 à 11:59 :
@ alder

Bonjour,

le choix du «  berger » résout 75% de la problématique.
Cordialement

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