Imposer les 35 heures aux traders européens? La question divise
Ali Bekhtaoui, AFP

Trader
Reuters
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Surmenés, les traders? La question est posée très sérieusement par certains acteurs des grandes Bourses européennes, qui réfléchissent à un potentiel raccourcissement des séances de marché.
Alors qu'elles durent seulement six heures et demie au maximum dans le saint des saints de la finance mondiale, Wall Street, ainsi qu'en Asie, les séances boursières s'étalent sur huit heures et demie par jour sur le Vieux Continent, notamment à Paris.
"Je sais d'expérience que jongler entre le travail et la vie à la maison n'est jamais facile", confie April Day, à la tête de la division Actions pour l'AFME, une association regroupant les plus grandes institutions financières en Europe et qui milite depuis des mois pour le raccourcissement des séances.
April Day, qui a dirigé le service "Equity Sales" des maisons Dresdner Kleinwort et Panmure Gordon, rappelle que les courtiers doivent souvent être à leur poste une à deux heures avant et après la séance.
D'une pierre deux coups, soutient même l'AFME: la réforme améliorerait aussi le fonctionnement des marchés européens. La liquidité sur les marchés, à savoir la capacité pour un courtier de trouver facilement des actions à vendre ou à acheter, est faible lorsque la journée commence en Bourse, et le coût des transactions est de ce fait jusqu'à trois fois plus élevé qu'en fin de séance où les échanges ont tendance à se polariser, grâce notamment à l'influence de la Bourse de New York.
Décaler la journée boursière, de 10h à 17h, ou de 10h30 à 17h30, soit 35 heures par semaine, contre 9h-17h30 aujourd'hui à Paris, règlerait en partie ces problèmes, soutient l'organisation.
L'initiative a reçu le soutien de poids lourds du secteurs tels que Blackrock, dont le chef du trading actions en Europe, Paul Battams, s'est engagé en ce sens dans un tweet fin janvier. Reste toutefois à convaincre les maîtres des horloges, en l'occurrence les opérateurs des plates-formes.
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Euronext, qui gère les Bourses de Paris, Amsterdam, Lisbonne, Bruxelles, Dublin et Oslo, affirme à l'AFP avoir achevé une consultation sur le sujet le 30 juin. Ses conclusions, ainsi qu'une évaluation détaillée de l'impact potentiel d'un changement d'heure d'ouverture des marchés, sont attendues dans la seconde moitié de juillet. Le très puissant London Stock Exchange ne s'est pas encore clairement exprimé de son côté mais a également mené des consultations en ce sens.
Le projet a aussi ses contempteurs. La Fédération des places boursières européennes (Fese), une association qui compte parmi ses membres Euronext, s'est dite opposée le 1er juillet, tout comme l'allemand Deutsche Börse.
D'après la Fese, raccourcir les échanges à sept heures n'empêchera pas les courtiers d'avoir des journées moins chargées. Elle renvoie la balle aux entreprises financières elles-mêmes sur le sujet du bien-être au travail. Ces longues séances européennes permettent par ailleurs selon elle de profiter de la position unique de la finance continentale: "idéalement située pour couvrir à la fois la fermeture (des Bourses) asiatique(s) et l'ouverture américaine".
Même constat du côté de certains courtiers directement concernés:
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Malgré la position tranchée du Fese, l'affaire n'est pas encore enterrée. Euronext affirme à l'AFP que les points de vue du Fese et de l'AFME seront pris en compte dans sa future prise de position.
Ali Bekhtaoui, AFP
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