“Nous pouvons être un facilitateur très puissant de la finance durable et responsable” Stéphane Boujnah, DG d'Euronext

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Stéphane Boujnah, directeur général d'Euronext.
Stéphane Boujnah, directeur général d'Euronext. (Crédits : DR)
Le groupe Euronext, derrière les Bourses de Paris, d'Amsterdam, de Bruxelles, de Lisbonne, de Dublin et d'Oslo, a vu ses volumes de transactions bondir pendant la crise et a observé un regain d'intérêt des particuliers pour l'appareil productif. Aujourd'hui, l'opérateur boursier pense pouvoir participer à une relance verte de l'économie et renforce sa stratégie en matière environnementale, sociale et de gouvernance. Il lance un nouvel indice regroupant les 80 plus fortes valeurs de la zone euro ayant les meilleures performances extrafinancières. Interview de son directeur général, Stéphane Boujnah.

LA TRIBUNE - Comment Euronext a traversé la crise ?

STÉPHANE BOUJNAH - Comme les autres entreprises, notre préoccupation a été d'assurer la santé et le bien-être de tous nos collaborateurs dans les différents pays où nous sommes implantés en Europe. La priorité ensuite a consisté à assurer la continuité du fonctionnement des marchés de capitaux et des marchés financiers en général, alors même que nous faisions face à deux contraintes inédites : des volumes et des niveaux de volatilité extrêmes, et, en même temps, le basculement de la quasi totalité de nos effectifs (97%) en télétravail. Nous avons ainsi passé un stress test grandeur nature sur l'efficacité et la robustesse de notre plateforme. Cela nous a permis de valider nos choix technologiques des dernières années, tous guidés par la volonté de construire des solutions technologiques souveraines, établies dans l'Union européenne, sans dépendre de capacités offshore lointaines.

Lire aussi : Le plan de secours d'Euronext pour maintenir les marchés ouverts

À l'occasion de la crise, nous avons aussi observé le retour massif des volumes de transactions sur les plateformes réglementées et transparentes comme Euronext, au détriment des différents "Uber" de notre industrie. Pour beaucoup d'opérateurs de marché, les plateformes parallèles sont peut-être apparues moins robustes et, en tout état de cause, concentrant moins de liquidités. Il y a eu pour Euronext des gains de parts de marché significatifs [+3,9 points au premier trimestre pour atteindre 69,9%, Ndlr]. Sur le seul mois de mars, nos volumes de transactions ont bondi de 197% par rapport à la même période en 2019. Nous avons aussi signé le 23 avril, en plein confinement, l'acquisition de VP Securities à Copenhague.

Quelle est votre vision sur le télétravail après ce confinement ?

Le télétravail a été une expérience intéressante, surtout lorsqu'il était généralisé et de facto obligatoire pour tous les acteurs du marché. Il faudra en tirer le meilleur pour les années à venir, en particulier pour notre mode de fonctionnement multinational [le groupe emploie quelque 1.500 salariés répartis dans 20 pays, Ndlr]. Toutefois, pour libérer les capacités...

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Commentaires
a écrit le 30/06/2020 à 15:18 :
Finance durable , obligation verte, du sacré baratin ... Cela me fait penser à ce brave Pol Pot, retour dans les champs qu'il disait ... Lui, il était sacrément en avance sur son temps .
a écrit le 18/06/2020 à 11:21 :
Nous dit le monsieur ! J'ai pu voir comment il est possible pour des boites de retourner les petits actionnaires, du coup si l'on regarde la déclaration, disons que pour cela il faut avoir de la crédibilité en tout cas pour ceux qui connaissent un peu le sujet!

Pour moi, lorsque l'on a fait science po et que l'on fait de l'économie, j'ai tendance a penser que tout les mots sont comme des fleurs, elles dépérissent avec le temps!

Pour moi, c'est une chance d'avoir un mélange politique et économique car finalement cela permet de comprendre a un moment donné qu'il faille tenir a distance la perspective, car elle dépend de la dialectique!

Perso maintenant que je maîtrise assez bien ce qui s'y passe, pas de danger si ça dévisse, les hauts fonctionnaires et les clones d'écoles vont refinancer .....

C'est un capitalisme étato libéral que nous avons, ou l'impôt sert justement a fiabiliser l'économie virtuelle et immatérielle, alors disons qu l'avenir a mon avis sera intéressant a voir pour .....

J'ai vus , j'ai compris alors rien de mieux que de voir dans les mois a venir .....
a écrit le 18/06/2020 à 9:05 :
Oui oui bien sûr voyons... En attendant, bien plus important que ces bavardages éternels, je lis que Steven Mnuchin a claqué la porte des négociations sur la taxe numérique avec l'UE déplorant que les européens ne faisaient rien.

Et là on est vachement étonnés nous hein...

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