Une crise historique - Normes comptables : la "juste valeur" clouée au pilori
Benjamin Jullien
Benjamin Jullien
À toute chose, malheur est bon : opposées de longue date à l'extension de la « juste valeur » [évaluation des actifs au prix de marché] dans leur bilan, les banques, notamment françaises et allemandes, ont profité de la crise pour prendre leur revanche. Elles ont ainsi remporté une victoire en octobre 2008, en obtenant le droit de soustraire leurs actifs toxiques à la « tyrannie » de la juste valeur, qui leur infligeait des pertes abyssales.
Un tour de passe-passe réalisé avec le soutien actif de Nicolas Sarkozy, conseillé en coulisse par les patrons de BNP Paribas et d'Axa. Mais les pressions politiques ont forcé les normalisateurs, de part et d'autre de l'Atlantique, à modifier par à-coups leur cadre comptable.
Résultat, l'objectif de convergence des deux principaux référentiels s'est éloigné, les États-Unis allant jusqu'à remettre en cause leur calendrier pour l'adoption des normes internationales IFRS, en vigueur en Europe depuis 2005. Reste à espérer que la réforme en cours de la norme sur les instruments financiers permettra, à terme, la mise en place d'un cadre comptable unique, comme le souhaite le G20, pour assurer la comparabilité des comptes.
Benjamin Jullien
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