La Banque du Portugal défend le bilan du secteur bancaire
Christine Lejoux
Christine Lejoux
D'accord, BPI, la quatrième banque portugaise, a perdu de l'argent en 2011. Très exactement 204 millions d'euros, contre un bénéfice net de 154,9 millions en 2010. Et ce, pour la première fois de son histoire. D'accord, ses concurrentes et compatriotes BES et BCP, qui publieront leurs résultats annuels ce vendredi après la clôture de la Bourse, ne devraient pas faire mieux, avec des pertes respectivement attendues à 20 millions et à 700 millions d'euros par les analystes financiers. Pour autant, Carlos Costa, le gouverneur de la Banque du Portugal, juge que les établissements bancaires portugais font preuve d'une "grande résistance."
Un ratio de fonds propres durs de 9% fin 2011
"Ils sont parvenus à relever leurs ratios de solvabilité dans un contexte difficile, dans un contexte de réduction des bénéfices", a argumenté Carlos Costa vendredi, lors d'une conférence de l'Association portugaise des banques. Ces dernières ont certainement "confortablement dépassé" à la fin 2011 le ratio de fonds propres durs de 9% qui leur avait été fixé lors du sauvetage du Portugal par le Fonds monétaire international et l'Union européenne, en mai. De fait, BPI affichait en fin d'année dernière un ratio Core Tier One de 9,5%.
Le Portugal, une "Grèce bis?"
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Certes, les banques portugaises souffrent du transfert de l'épargne-retraite vers la Sécurité sociale, transfert imposé par le gouvernement, et de leur exposition à la dette grecque, reconnaît Carlos Costa. Qui qualifie ces éléments "d'exceptionnels", lesquels sont à "distinguer de l'activité normale des banques." Une normalité qui deviendra toute relative si, comme le prévoient les investisseurs, le Portugal devient une "Grèce bis", c'est-à-dire un pays qui ne fera pas l'économie d'une restructuration de sa dette. Restructuration qui réclamera de lourds efforts de la part de ses créanciers privés. Autrement dit, de la part des banques portugaises.
Christine Lejoux
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