Activités de marché : Société Générale entame le grand nettoyage de printemps

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Le comité central d'entreprise de Société Générale s'est réuni ce vendredi matin en séance plénière pour arrêter ses décisions concernant les coupes dans l'activité de banque de financement et d'investissement.

"C'était la dernière séquence, c'était la dernière séance, et le rideau sur l'écran est tombé", chante Eddy Mitchell. Vendredi 16 mars avait lieu la dernière séance du comité central d'entreprise de Société Générale, qui s'est unanimement prononcé contre le projet de restructuration dans la banque de financement et d'investissement (BFI) en France.
"D'une part, nous avons des craintes quant aux pertes de compétences générées par les suppressions de postes, d'autre part le motif premier invoqué pour les justifier, à savoir la crise de liquidités, s'est un peu dilué", affirme la CFDT. Le syndicat de François Chérèque ajoute que "au-delà de l'adaptation au contexte, nous avons le sentiment que la banque se prépare aux échéances de Bâle 3 en se débarrassant des activités les moins rentables".

Des activités à l'arrêt

Les activités mises à l'arrêt n'ont pas fait l'objet de modification depuis le rapport produit en janvier par la direction sur la restructuration de la BFI. SG CIB stoppera ses activités de financement d'actifs immobiliers, de financement au secteur du transport ferroviaire et de trading physique de gaz et d'électricité en Amérique du Nord. Et d'autres métiers seront restructurés, regroupés avec d'autres activités ou revus à la baisse, comme le trading actions, le financement de bateaux et d'avions ou le financement d'infrastructures et export. "Même s'il fallait faire quelque chose, les arbitrages choisis sont discutables et peuvent nous cantonner sur des niches risquées, fussent-elles nos pôles d'excellence", lit-on dans la dernière lettre de la CGT.

Recentrage sur les points forts

Lors de la présentation des résultats, la direction a déclaré que la BFI se recentrait désormais sur sa clientèle européenne et sur ses points forts : les dérivés actions, les obligations en euros pour les entreprises ou encore les activités de taux en euros. Séverin Cabannes, directeur général délégué en charge de la BFI, a néanmoins précisé à cette occasion que, "avec la réduction des activités de la BFI, nous allons perdre entre 500 et 750 millions d'euros de PNB". Et des coûts de transformation seront également à prévoir en 2012.

880 "bénéficiaires directs"

Le comité d'entreprise a voté en majorité contre la suppression des 880 postes (à quatre voix contre et une pour). Les 880 "bénéficiaires directs" du plan de départs volontaires dans la BFI recevront leur lettre à partir du 21 mars prochain et le plan sera ouvert dès le 2 avril. Et ils auront 12 mois pour faire leurs cartons. Néanmoins, toutes les parties trouveront un intérêt pour un départ rapide : en effet, une majoration de 30% des indemnités de départ est prévue pour un départ le premier mois, et une majoration de 20% pendant les deux mois suivants.
Les salariés qui sont à moins de deux ans de la retraite auront également la possibilité de négocier leur départ.

Reclassement en interne

Les organisations syndicales ont négocié la possibilité de reclassement en interne des personnes concernées par le plan de départ. "Tous ceux qui souhaitent être reclassés le pourront, et bénéficieront de 650 heures de formation", explique la CFDT. Un gel des recrutements et de la mobilité interne pourrait intervenir pendant la période de reclassement.
Au final, "il restera de cette séance un arrière-goût amer, la direction aurait pu donner un signe pour restaurer la confiance en modifiant son projet initial pour montrer sa capacité d'écoute, elle ne l'a pas fait", conclut la CGT.
 

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