Zone euro : comment Axa se prépare au pire

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Henrie de Castries, Pdg d'Axa. Copyright Reuters
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Henri de Castries, Pdg du groupe Axa, a estimé qu'une sortie de la Grèce de la zone euro ouvrirait « une boite de Pandore ». Même si ce n'est pas le scenario central de l'assureur, il se prépare à ses conséquences.

Lors d?une rencontre avec des journalistes européens mercredi 30 mai, le Pdg et le directeur des risques du groupe Axa ont envisagé l?éventualité d?une sortie de la Grèce de la zone euro et ses conséquences sur l?assureur.

Le scenario de sortie de la Grèce

Henri de Castries, Pdg d?Axa :

"La sortie de la Grèce de la zone euro n?est notre scenario central. Nous pensons que la zone euro va survivre mais notre travail est de nous préparer à ce scenario. Notre rôle en tant qu?assureur est de survivre à une période inhabituelle, dans presque toutes les périodes inhabituelles."

"Pour la Grèce, il y a deux options: elle reste (dans la zone euro) ou elle sort. (...) Si elle reste, une solution serait qu'elle fasse défaut sur la dette détenue par des institutions publiques. Mais ce ne serait pas un modèle vertueux par rapport aux pays qui font des efforts comme l'Espagne, le Portugal ou l'Italie".

"Mais si elle sort, c'est la boîte de Pandore" en raison des possibles risques de contagion de la crise à d'autres pays."

Jean-Christophe Menioux, chief risk officer du groupe Axa :

?Nous avons envisagé le scenario de rupture de la zone euro à partir de 2009. C?était un scenario théorique. Nous avons redéfini ce scenario fin 2011 qui commencerait par la sortie de la Grèce et conduirait à la fin à la rupture de la zone euro, afin d?envisager les conséquences sur notre capital et sur notre bilan"

"Ma responsabilité est de vérifier qu?Axa peut faire face à une telle situation"

"Nous avons travaillé sur ce scenario de manière plus concrète en examinant les conséquences à tous points de vue : informatique, juridique, commerciaux, financiers?"


Réorganisation des actifs

Jean-Christophe Menioux, chief risk officer du groupe Axa :


"Nous avons réorganisé nos actifs et rapatriés les obligations souveraines des filiales dans leur pays d?origine afin d?être prêts en cas de passage à une nouvelle monnaie. Si la monnaie changeait, la dévaluation qui suivrait toucherait aussi bien le passif [les engagements de l?assureur vis-à-vis de ses clients] que les actifs.Une bonne gestion actif/passif consiste à avoir des actifs dans la même monnaie à l?actif ou dans une meilleure monnaie ce qui suppose d?avoir principalement des actifs domestiques ou des actifs mieux notés"

"Il n?existe pas de programme de réassurance pour couvrir un changement de monnaie"

"Nous calculons par groupe de pays quelles pourraient être les dévaluations"


Gel des achats d?obligations grecques, italiennes et espagnoles

Jean-Christophe Menioux, chief risk officer du groupe Axa :

"Nous avons gelé nos investissements sur l'Italie et l'Espagne il y a quelques mois, comme nous l'avions fait il y a quelques années pour la Grèce (?). Mais nous n?avons pas vendu les obligations que nous avions déjà en portefeuille".

"Nous continuons à acheter de la dette française"

La situation des liquidités

Jean-Christophe Menioux, chief risk officer du groupe Axa :

"Nous avons beaucoup travaillé sur les liquidités"

"Nous pourrions résister à un scenario très extrême sur les liquidités"


Fin de la zone euro

Jean-Christophe Menioux, chief risk officer du groupe Axa :

"Nous pourrions résister à un rupture de la zone euro dans tous les pays. Ce serait très coûteux. Nous serions blessés mais pas tués"

"Une sortie ordonnée de la zone euro par la Grèce, dans la concertation, aurait probablement un impact moindre qu?ne sortie désordonnée avec des effets de contagion sur les autres pays et à la fin une rupture totale de la zone euro"

"Nous ne pouvons pas travailler que sur un seul scenario car nous savons que les choses ne passent jamais comme prévus"

"Le moment le plus difficile serait juste avant la rupture de la zone euro quand les actifs sont déjà afffectés par la perspective d?une dévaluation alors que les passifs eux seraient encore en euro"


Les  risques catastrophiques

Jean-Christophe Menioux, chief risk officer du groupe Axa :

"Nous avons défini 8 scenario des principaux risques  : la pandémie, l?hyper inflation, l?attaque terroriste, une très forte tempête en Europe, une inondation à Paris, la guérison du cancer et de la maladie d?Alzheimer, un « bank run », et la rupture de la zone euro"

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Commentaires
a écrit le 01/06/2012 à 12:07 :
"8 scenario des principaux risques : la guérison du cancer et de la maladie d?Alzheimer....(..) "
Ici c'est plutôt une bonne nouvelle, et pas un risque, non ?,
a écrit le 31/05/2012 à 19:04 :
Belle démonstration.

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