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Entreprises & FinanceIndustrie financière

Axa va prêter 500 millions aux entreprises

Séverine Sollier

Publié le 31 mai 2012 à 20:35 - Mis à jour le 31 mai 2012 à 20:39

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Axa se lance dans le prêt direct aux entreprises en partenarait avec la Société Générale et le Crédit Agricole. Une manière pour l'assureur de trouver un débouché pour ses liquidités compte tenu des contraintes imposées par la réglementation Solvabilité II.

« Nous avons beaucoup d'argent à investir et les PME ont des besoins que les banques ne vont plus pouvoir satisfaire complètement » du fait des nouvelles contraintes réglementaires de Bâle III, a expliqué Nicolas Moreau, Pdg d'Axa France lors d'une rencontre avec des journalistes européens jeudi 31 mai près de Bordeaux. Axa France a donc décidé de s'associer à la Société Générale et au Crédit Agricole pour lancer une activité de « private loans ». L'assureur précise son intention d'y consacrer « un demi milliard d'euros » en 2012.

Des crédits de 3 à 5 ans portés à 80% par Axa

Concrètement, il s'agira de prêts de 3 à 5 ans porté à 20% par la banque partenaire (la Société Générale ou le Crédit Agricole) et à 80% par Axa. Ce partage du risque est une forme de garantie de la qualité des dossiers, estime-t-on du côté de l'assureur. Une manière d'être sûr que la compagnie n'hérite pas des dossiers jugés trop fragiles et délaissés par la banque.

« L'activité de prêt pourrait ensuite être étendu à d'autres sociétés du groupe Axa en Allemagne, Grande-Bretagne ou en Italie », a ajouté Nicolas Moreau.

Avec la Société Générale, les crédits accordés par Axa seront d'un montant de 30 à 100 millions d'euros. Ils concerneront des entreprises dont le chiffre d'affaires est supérieur à 250 millions d'euros et la dette brute supérieure à 150 millions avec « un modèle opérationnel robuste sur des marchés en croissance et un profil de crédit stable ». Le détail du partenariat d'Axa avec le Crédit Agricole est encore en discussions.

Une pratique courante aux Etats-Unis

Très courante aux Etats-Unis, cette pratique du prêt direct à l'économie par les assureurs et les fonds de pension n'en est qu'à ses débuts en France. Déjà en avril, la filiale de gestion d'actifs de l'assureur Groupama avait annoncé le lancement, conjointement avec la société de gestion Acofi, d'un fonds commun de titrisation qui proposera à des investisseurs institutionnels de financer leurs opérations immobilières de bureaux. Baptisé Predirec Immo 2019, ce fonds prévoit d'atteindre 400 millions d'euros. Il mise notamment, pour se développer, sur l'arrivée à échéance en 2012, de 141 milliards d'euros de prêts d'immobilier commercial dont 15% en France. « Les nouvelles exigences en fonds propres pour les banques (Bâle III) et pour les assureurs (Solvabilité II) sont les deux meilleurs amis des fonds de prêts directs à l'économie » , estimait Jean-Marie Catala, directeur général délégué de Groupama AM lors de la présentation du fonds. Il étudie déjà d'autres projets de fonds pour financer les collectivités locales, les entreprises ou les LBO (leverage buy-out ; rachat de sociétés par endettement).


Une nouvelle tendance liée à Bâle III et Solvabilité II

Ces deux initiatives d'Axa et de Groupama traduisent cette nouvelle tendance à la désintermédiation bancaire du financement de l'économie. Les banques contraintes de respecter de nouveaux ratios de solvabilité et de liquidités prévus par la réglementation Bâle III en cours de transposition en droit européen, vont devoir réduire leur activité de crédit (comme les infrastructures ou les grands projets par exemple) ou les renchérir considérablement, plaçant certaines entreprises à chercher d'autres moyens de financement.
De leur côté, les assureurs sont contraints par la nouvelle réglementation Solvabilité II de réallouer leurs actifs. L'investissement en actions devient en effet très coûteux sous le régime Solvabilité 2 (pour 100 investis, 40 doivent être mis en réserve). Axa par exemple qui détenait environ 20% d'actions dans ses actifs au début des années 2000 n'en détient plus que 4%.

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En parallèle, les obligations souveraines, placement traditionnel de prédilection des assureurs sont devenus plus risquées en particlier celles des pays du Suyd de l'Europe. Or les assureurs qui engrangent les primes avant de payer les sinistres ont d'énormes volumes de liquidités à investir. En les utilisant pour accorder des crédits, ils trouvent un nouveau débouché. Les banques n'interviennent alors que pour l'origination de l'opération qui est couverte par le ou les assureurs.

Séverine Sollier

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