La banque de Facebook drague les start-up européennes

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La banque de Facebook veut financer les start-up britanniques et irlandaises. Copyright Reuters
La banque de Facebook veut financer les start-up britanniques et irlandaises. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011)
Silicon Valley Bank, "la" banque des start-up californiennes, vient d'obtenir une licence bancaire au Royaume-Uni. Son objectif : capter la clientèle des jeunes pousses délaissées par les grandes banques du pays.

La finance californienne fait de l'?il aux start-up européennes. Silicon Valley Bank (SVB), qui se targue d'avoir pour clients la moitié des start-up américaines - notamment les réseaux sociaux Facebook, LinkedIn et Pinterest -, vient d'obtenir une licence bancaire au Royaume-Uni. Spécialisée depuis 30 ans dans les services financiers aux start-up californiennes de la high-tech, des sciences de la vie et des clean-tech, SVB est encore peu présente à l'étranger, avec des bureaux en Israël, en Chine, en Inde, et, à présent, au Royaume-Uni.

Que SVB se soit implantée en Israël, terre fertile en start-up, on comprend. Son développement en Chine et en Inde, pays émergents, cela coule également de source. Mais pourquoi le Royaume-Uni ? Simplement pour prendre les parts de marché laissées vacantes par les grandes banques britanniques, lesquelles refusent d'accorder des crédits à des entreprises âgées de moins de trois ans ou ne réalisant pas encore de chiffre d'affaires. Quelque 60.000 prêts, d'un montant total de près de 4 milliards d'euros, auraient ainsi été refusés à des start-up britanniques, au second semestre 2011, estime SVB. Qui entend décrocher la clientèle de 1.500 start-up de la high-tech britannique d'ici trois ans, sur un total de 25.000.

Un bond de 76% du bénéfice

Les start-up, SVB, ça la connaît. "Nous savons évaluer leur propriété intellectuelle, le potentiel de leur business et nous connaissons les fonds de capital-risque qui sont à leur capital", souligne Phil Cox, responsable de la branche britannique de SVB, qui a également pour clients des acteurs du capital-investissement. Cette dernière n'hésitera donc pas à octroyer des crédits de 370.000 à 37 millions d'euros aux Google "british" en herbe.
Si SVB peut se montrer aussi prodigue, c'est également parce qu'elle traverse la crise financière sans trop d'encombres, contrairement à la plupart des banques américaines et européennes, plombées par leurs activités de marchés. En 2011, son bénéfice par action a bondi de 76%, à 3,84 dollars, quand ceux des six plus grandes banques américaines s'effondraient de 18%, en moyenne.

Les start-up irlandaises en ligne de mire

Une semaine seulement après ses premiers pas au Royaume-Uni, voici Silicon Valley Bank à la conquête de l'Irlande. Mardi 19 juin, la banque a fait part de son intention de prêter 100 millions de dollars aux start-up irlandaises, dans le cadre d'un partenariat avec le National Pensions Reserve Fund, le fonds souverain du pays. A quand un geste de SVB en faveur des start-up françaises ? Celles-ci souffrent de "l'equity gap", c'est-à-dire du manque de capitaux entre les 5.000 à 500.000 euros fournis par les business angels et le seuil de 1,5 million à 2 millions d'euros en deçà duquel le capital-risque ne veut plus investir. Or, sans fonds propres, inutile d'espérer un quelconque crédit bancaire. Mais pas sûr que la France possède "la culture des affaires, de l'entreprenariat" qui a tant séduit SVB, au Royaume-Uni.


 

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