Supervision bancaire européenne : Moscovici presse le pas, Schaüble temporise

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Une supervision commune des banques européennes dès cette année n'est pas très réaliste, selon le ministre allemand des Finances. Copyright Reuters
Une supervision commune des banques européennes dès cette année n'est pas très "réaliste", selon le ministre allemand des Finances. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Une déclaration du ministre allemand des Finances sur un possible retard dans la mise en place d'une supervision centralisée du système bancaire européen a provoqué un vif émoi en Espagne, le pays finalisant des emprunts auprès de ses partenaires européens pour venir en aide à ses banques. Le ministre français des Finances Pierre Moscovici a au contraire estimé dimanche que la zone euro devait traduire "vite" en actes les décisions prises fin juin, et notamment la supervision bancaire intégrée.

 La zone euro ne parviendra sans doute pas à instaurer une supervision centralisée de ses banques dès cette année, contrairement à ce qu'elle l'espérait, a déclaré le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, dans une interview publiée dimanche par le quotidien espagnol El Pais. Les déclarations du ministre allemand ont provoqué un vif émoi en Espagne, au moment où ce pays finalise des emprunts auprès de ses partenaires européens pour sécuriser son secteur bancaire en difficulté.

Les dirigeants de la zone euro s'étaient entendus le 29 juin pour renforcer leur union économique et monétaire. L'une des principales mesures prévues est la mise en place, espérée cette année, d'une supervision centralisée des budgets nationaux en zone euro, avant de pouvoir recapitaliser les banques en difficulté directement avec des fonds européens.

"Avant qu'une aide directe puisse être accordée aux banques, il faut que soit créée une supervision commune des banques", a expliqué M. Schäuble à El Pais. "Mais cette institution ne pourra pas commencer à fonctionner cette année. Ce n'est pas très réaliste", a ajouté le ministre. La zone euro a offert une ligne de crédit de 100 milliards d'euros pour stabiliser les banques espagnoles, en difficulté après l'éclatement de la bulle immobilière en 2008.

A l'inverse, le ministre français des Finances Pierre Moscovici a estimé dimanche que la zone euro devait traduire "vite" en actes les décisions prises fin juin, et notamment la supervision bancaire intégrée, afin d'ouvrir la voie à la recapitalisation directe des banques espagnoles. "Il est très important que nous donnions des signaux tangibles que ce que nous avons dit au Conseil européen" des 28 et 29 juin "sera vraiment traduit en actes. Je n'ai pas de doutes là-dessus", a-t-il affirmé à la presse lors des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, dans le sud-est de la France. Dans cette optique, la réunion de lundi des ministres des Finances de la zone euro sera suivie d'un autre Eurogroupe le 20 juillet, afin d'avancer dans la mise en place de mécanismes contre la crise, a annoncé Pierre Moscovici.

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Commentaires
a écrit le 09/07/2012 à 6:55 :
Laissez donc les banques faire leurs metiers et que les politiques arretent d'emprunter ce qu'il ne peuvent pas rendre et tout rentrera dans l'ordre
a écrit le 09/07/2012 à 6:30 :
W Schäuble commencera par se renseigner à la City sur toute idée de réglementation de la finance et de la banque: ce qui s'y passe nous donne un indice du succès qu'il y rencontrera; celà rappelle la réglementation des paradis fiscaux de notre ex président.
a écrit le 09/07/2012 à 3:13 :
C'est quand même étonnant cette efficacité des excuses bidons pour pousser l'agenda fédéraliste... Car enfin, comment un superviseur européen serait-il meilleur que tous les superviseurs nationaux qui ont failli, allemands compris. Le problème réside dans le fait qu'aucun des pouvoirs politiques des pays concernés n'a eu le courage de forcer ses régulateurs à faire effectivement leur boulot. Jamais personne n'est poursuivi, pour des faits dont la qualification vaut à d'autres des années de prison. Tout au plus impose-t-on des amendes qui seront in fine payées de toute façon par ceux qui se sont déjà fait pluemer une première fois et iront aux états plutôt qu'aux mêmes...
Un régulateur européen aurait-il laissé les banques faire faillite comme il se doit? Un régulateur européen aurait-il demandé des comptes sur la valorisation des actifs des banques en difficulté? Un régulateur européen aurait-il empêché les politiques allemands de fermer les yeux sur les comptes déficients de la grèce, maquillés par les bons soins de GS? Un régulateur européen aurait-il transmis aux parquets concernés les dossiers des personnes qui ont sciemment pris des décisions ayant résulté en la spoliation massive de leurs clients? Un régulateur européen aurait-il de même fait inculper les patrons d'établissements financiers qui ont présenté des chiffres faux, destinés à cacher leur situtation réelle? Un régulateur européen se serait-il empressé d'enquêter sur les manipulation du Libor ou de l'Euribor que beaucoup connaissent depuis des années?
a écrit le 08/07/2012 à 23:50 :
Une telle organisation ne pouvant, en effet, se mettre en route sans un pinimum de contrôles et M.SCHAUBLE a entièrement raison de se méfier. "chat échaudé craind l'eau"

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