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Crédit Agricole : les dossiers chauds de la rentrée

Laura Fort

Publié le 27 août 2012 à 15:31

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Attendu sur la cession de sa filiale grecque Emporiki, Crédit Agricole doit également mener d'autres chantiers de front, comme la cession de CA Cheuvreux, la restructuration de sa BFI et de sa filiale de crédit à la consommation, ou encore la poursuite de la mise en œuvre de son projet informatique.

La banque verte fermera demain la marche des résultats semestriels des banques françaises. Alors que Crédit Agricole fait l?objet de toutes les attentions concernant la cession de sa filiale grecque Emporiki, celle-ci n?est pas le seul gros dossier à traiter. Passage en revue des chantiers en cours.

Emporiki : une cession à prix d?or

Trois candidats au rachat de la filiale grecque Emporiki se sont faits connaître : Eurobank, National Bank of Greece et Alphabank, trois établissements grecs. "Ces offres sont en cours d?analyse par Crédit Agricole S.A. et aucune décision stratégique n?a été arrêtée à ce jour. Ces offres sont également sous réserve des autorisations réglementaires habituelles, de l'accord du Fonds Hellénique de Stabilité Financière et de la revue de la Commission européenne au titre des aides d'Etat", a précisé Crédit Agricole dans un communiqué.
Cependant, avant de se séparer de sa filiale, Crédit Agricole devra la recapitaliser. Ce, à hauteur de 3 milliards d?euros environ selon le Figaro (2,5 milliards d?euros réclamés par le Trésor grec au titre de la recapitalisation, auxquels s?ajoutent 600 millions d?euros d?exposition en capital de la banque verte).
Or en janvier dernier, Crédit Agricole avait déjà injecté 2 milliards d?euros dans sa filiale grecque, et était exposé à hauteur de 1,3 milliard d?euros en capital à Emporiki Bank après cette augmentation de capital. A fin mars 2012, cette exposition est passée à 600 millions d?euros. Le financement apporté par Crédit Agricole SA à sa filiale a diminué, mais il atteint encore 4,6 milliards fin mars 2012.
Au final, Emporiki aura coûté au Crédit Agricole plus de dix milliards d'euros depuis 2006, en comptant le coût d'acquisition, les pertes comptables et les augmentations de capital.

CA Cheuvreux : casse sociale en vue

Crédit Agricole est entré mi-juillet en négociations exclusives avec Kepler Capital Markets pour la vente de son courtier Cheuvreux. Le calendrier de la cession n?a pas été communiqué, tout au plus les deux groupes ont-ils précisé que la nouvelle entité serait baptisée Kepler Cheuvreux. Les organisations syndicales redoutent néanmoins des coupes dans les effectifs. Un premier plan de licenciement avait d?ailleurs été prévu avant l?été, puis abandonné. La CGT estime que "si Kepler reprend Cheuvreux, 75% des 370 salariés pourraient faire l?objet de licenciements".

CLSA : finaliser la cession

Après moult revirements, Crédit Agricole a finalement ouvert le capital de son courtier CLSA au chinois Citic Securities. La banque verte a ainsi cédé 19,9% du capital de CLSA à Citic, qui bénéficiera également d?une option pour acquérir les 80,1% restants du courtier d?ici fin juin 2013. La transaction s?élève à 1,25 milliard de dollars au total.
Les négociations avaient débuté en avril 2010 et Citic ne souhaitait à l?époque prendre qu?une participation de 19,9% dans CLSA, avant de demander à ce que Cheuvreux soit retiré du périmètre de la cession.

Banque de Financement et d?Investissement : le plan de départs toujours en cours

A l?instar de Société Générale et BNP Paribas, Crédit Agricole a engagé une restructuration dans ses activités de banque de financement et d?investissement.
Concernant le volet social, la banque verte a annoncé 1750 suppressions de postes chez CA CIB, dont 550 en France. Ouvert le 2 mai dernier, les syndicats estiment aujourd?hui que 70% du plan de départs a été réalisé. Une deuxième vague de départs doit avoir lieu à partir de la semaine prochaine et concernera les salariés dont les postes ne sont pas supprimés mais qui sont éligibles au plan, par exemple dans le cadre de départs anticipés à la retraite.
Pour les salariés, la période de choix d?une mobilité interne ou externe se terminera le 31 décembre 2012.

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CA Consumer Finance : poursuivre la transformation

La filiale de crédit à la consommation de Crédit Agricole, qui regroupe Sofinco et Finaref, a entamé elle aussi un "plan d?adaptation", qui vise 254 postes en France (400 suppressions de postes contre 146 créations de postes) et 300 à l?étranger. Dans le détail, 150 postes sont visés en Ile de France, 64 dans le Nord et 40 dans le réseau. Des mesures d?accompagnement des salariés doivent être mises en ?uvre entre octobre 2012 et février 2013.
Les sites de la région Nord seront par ailleurs regroupés à Roubaix en 2015. Et les agences d?Arcueil, de Réaumur (Paris) et de Clichy doivent être rassemblées à la Plaine Saint Denis.
CA Consumer Finance a également engagé un processus de réduction de ses besoins de financement. Selon Les Echos, ce programme de réduction des besoins de financement (8 milliards d?euros à terme) de CA Consumer Finance a déjà été réalisé pour moitié.
Selon la CFTC, "les chiffres de l?estimé 2012 sont inférieurs au budget 2012, car le résultat du groupe est pénalisé par la dégradation du risque en Italie. Le résultat de CA Consumer Finance est anticipé à 57,9 millions d?euros (au lieu de 363 en 2011). [?] La présentation du plan à moyen terme prévoit un redressement à l?horizon 2015, mais les élus ont regretté le manque de précision sur la trajectoire prévue".

Système informatique : continuer le déploiement

Les 39 caisses régionales du Crédit Agricole, qui utilisaient jusqu?à maintenant cinq systèmes informatiques distincts, doivent passer sous le même pavillon d?ici 2014. Un chantier colossal, baptisé "Nice", pour lequel la banque aura investi 500 millions d?euros. A terme, clients et collaborateurs passeront par un portail unique, ce qui permettra de passer d?un canal de relation à un autre (téléphone, web, agences) plus facilement.
10 caisses régionales ont déjà opéré leur migration. Et la première version du nouveau système doit être implémentée dans les autres caisses d?ici fin 2013. En 2014, une version 2 sera ensuite déployée.
Ce chantier permettra de réaliser des économies substantielles : au lieu de 750 millions d?euros dépensés chaque année par les cinq systèmes informatiques, la banque en dépensera 500.

Rassurer les actionnaires

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La colère gronde chez les actionnaires/sociétaires de la banque. L?assemblée générale du 22 mai a donné le ton, ces derniers n?ayant pas hésité à interrompre et interpeller Jean-Marie Sander le président de Crédit Agricole SA, en particulier au sujet de la présence en Grèce de la banque. Par ailleurs, les actionnaires ont encore été privés de dividendes cette année, même si Jean-Marie Sander souhaite qu?il puisse en être versé un en 2013. La banque verte doit donc réussir cette année à restaurer la confiance de ses actionnaires pour poursuivre sa stratégie.
Actionnaires majoritaires de Crédit Agricole SA, les caisses régionales de la banque ne doivent pas être négligées. Pour la CGT, "au-delà de la Grèce, ce sont toutes les SAS détenues par les caisses régionales qui doivent faire l?objet de bilans détaillés et d?analyses de leurs perspectives économiques. Elles mobilisent des fonds qui seraient sans doute plus utiles à l?activité des caisses régionales sur leurs territoires".
La CGT anticipe des suppressions de postes justement liées à la mise en place d?un système informatique unique et aux avancées de "la banque virtuelle". Mais aussi au fait que "les fonds propres des caisses régionales sont régulièrement ponctionnés".
La CFDT n?est pas du même avis, précisant que de légères baisses d?effectifs ont été enregistrées en 2008, 2009 et 2010. Même si 2011 a été une année de légère hausse des effectifs, la CFDT estime que beaucoup d?ajustements ont déjà eu lieu.

Laura Fort

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