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Le Crédit Agricole veut innover en assurances de personnes

Séverine Sollier

Publié le 03 août 2012 à 16:53

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Crédit Agricole envisage la création de contrats multirisques santé-dépendance, santé-retraite ou retraite-dépendance pour répondre aux attentes des Français telles qu'elles apparaissent dans l'étude sur les attitudes des Européens face aux risques.

Les Français ont peur de voir disparaître leur modèle social. Et même s'ils s'estiment plutôt bien protégés, notamment par les systèmes étatiques, ils expriment un très fort niveau de préoccupation face aux risques de la vie (chômage, maladie grâce, invalidité, perte d'autonomie. C'est l'enseignement majeur de la première étude de l'Observatoire du risque réalisé par Ipsos/logica Business Consulting pour Crédit Agricole Assurances. "Les résultats de ce baromètre valident notre positionnement qui consiste à dire que la bancassurance ne doit pas se réduire à l'assurance vie-épargne mais concerne aussi les métiers de la protection, c'est-à-dire à la fois l'assurance prévoyance et l'assurance dommages", indique Jérôme Grivet, directeur général de Crédit Agricole Assurances.

Les Français très préoccupés par les risques

Parmi les Européens, les Français sont ceux qui s'estiment les plus exposés :
65% considèrent comme probable d'être confrontés à accident de la route (contre 51% des Européens)
54% considèrent probable d'être confrontés à une agression ou un vol (contre 40% des Européens)
40% considèrent probable de perdre leur patrimoine (contre 38% des Européens).

Ils s'estiment pourtant bien protégés et même mieux protégés qu'avant la crise. Ainsi, ils s'estiment couverts contre 7 risques en moyenne sur 17 risques testés (la moyenne européenne est de 4 sur 17). Mais "les Français vivent dans l'angoisse que le modèle qui les a plutôt bien protégés ne disparaisse et qu'après lui ce soit le chaos", explique l'étude de l'Observatoire. De fait, à part le risque de chômage pour lequel ils sont moins nombreux à se dire préoccupés (50%) que le reste des Européens (57%), ils sont inquiets face aux risques de maladie grave (à 75% contre 74% pour les Européens en moyenne), préoccupés par la perte d'autonomie (71% contre 68% pour les Européens) et par le risque d'invalidité (67% contre 64% pour les Européens).

La peur du risque : un gisement pour l'assurance ?

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Pour Jérôme Grivet, "cette attente de protection des Français représente pour nous un potentiel de croissance supplémentaire, à condition que l'offre soit de bonne qualité et bien tarifée".

La réflexion du bancassureur repose sur un triptyque : le conseil, le service et les produits. Plus que des nouveaux risques à assurer, la compagnie cherche à rénover sa démarche commerciale et l'approche du client. "Il n'y a pas véritablement de domaine de protection où nous sommes absents, ou qui resterait à découvrir. L'innovation se situe ailleurs, dans la manière de proposer notre offre au client. Nous voulons être dans une logique de conseil personnalisé qui propose des solutions plutôt que des produits", explique le patron de la branche assurances du Crédit agricole. L'idée est d'envisager la question dans son ensemble du point de vue du client et non pas du point de vue d'un distributeur de contrats d'assurance ou d'épargne. "Par exemple, notre démarche retraite propose une palette de solutions qui va de l'assurance vie à l'immobilier".

Conseil+service =cocktail gagnant


Plutôt que les anciennes méthodes qui visaient à vendre des produits à l'occasion de campagnes commerciales massives (le mois de l'assurance vie, le mois du fonds garanti, etc.), "les Caisses régionales de Crédit Agricole mènent avec Predica, notre filiale d'assurance de personnes, et Pacifica, notre filiale d'assurances de dommages, une démarche globale qui prévoit un bilan complet des systèmes de protection du client selon notamment son âge et sa situation familiale", affirme Jérôme Grivet. Le conseiller bancaire se place donc dans une logique de service, jugé le meilleur moyen de fidéliser une clientèle que les concurrents se disputent avec âpreté.
Les actions de prévention conduites par l'assureur entrent dans cette gamme de services qu'il veut mettre à disposition de ses assurés car pour Jérôme Grivet, "nos clients et nos concitoyens ont le sentiment que tous les risques s'aggravent. Il faut leur proposer des mesures pour réduire la fréquence et l'intensité de ces risques".
Améliorer le service pour renforcer la relation avec les clients est un objectif qui anime bon nombre d'assureurs et de banquiers actuellement. Axa France en a fait le fer de lance de sa nouvelle stratégie et notamment lancé un comparateur d'assurances Quialemeilleurservice.com.


Vers de nouveaux contrats multirisques en assurance santé ou retraite

Pour mieux répondre aux attentes des Français en matière de protection, la démarche classique est de lancer des nouveaux produits rénovés, avec davantage de services comme Entour'Age lancé par Axa en début d'année pour couvrir le risque de dépendance. Le Crédit Agricole envisage d'aller plus loin en imaginant des couplages de garantie qui sont en principe séparées en plusieurs contrats, comme le précise Jérôme Grivet : "nous réfléchissons à de nouvelles offres santé-dépendance ; santé-retraite ; retraite-dépendance, pour voir s'il est utile et pertinent de proposer des produits multirisques dans ces domaines". Plus que la technique, c'est surtout la complexité d'un produit "poupée russe" qui fait hésiter le bancassureur. "Nous ne pourrions lancer de tels produits sans avoir examiné leur pertinence assurantielle et testé la faisabilité de vendre des produits plus complexes".

Et de l'euro-diversifié en assurance vie-épargne...

En assurance vie épargne, le produit "à-tout-faire" semble avoir connu des jours meilleurs. Ce placement autrefois préféré des Français connaît un mouvement important de décollecte. Crédit Agricole Assurances comme d'autres acteurs du marché y est confronté : sa collecte brute (total des versements) a baissé de 14% sur un an à fin 2011 et sa collecte nette (les versements moins les retraits) a chuté de 67% en 2011. "Face au fléchissement de la collecte en assurance vie, une des réponses peut être de mieux faire apparaître l'objectif de l'épargne, sachant que les principaux besoins restent : se protéger contre un coup dur, financer un projet comme un achat immobilier et préparer sa retraite", précise Jérôme Grivet.

Cette rénovation de la gamme qui peut aller du simple "habillage marketing" jusqu'à la création de produit financièrement et juridiquement différent. "Jusqu'à présent nous avons privilégié la simplicité de l'offre d'assurance vie-épargne, mais nous réfléchissons continuellement à d'autres produits comme l'euro-diversifié ou l'euro-dynamique", ajoute-il. Contrairement à l'assurance vie multisupport classique dotée d'un fonds en euros à capital garanti en permanence et de fonds boursiers en unités de compte sans garanti sur l'épargne, l'assurance en euro-diversifié ne donne une garantie sur le capital qu'au terme du contrat ce qui peut permettre -ou pas...selon l'état des marchés- d'obtenir une performance supérieure sur la durée grâce à une part plus importante investie en actions.

Séverine Sollier

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