L'incertitude fiscale a découragé les particuliers de financer les PME

La collecte des FIP et des FCPI ISF a chuté de 20%, au premier semestre.
L'Afic et l'AFG pronostiquent une mauvaise collecte pour les FIP et les FCPI auprès des particuliers soumis à l'impôt sur le revenu. Copyright Reuters
L'Afic et l'AFG pronostiquent une mauvaise collecte pour les FIP et les FCPI auprès des particuliers soumis à l'impôt sur le revenu. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

La moisson 2012 des FIP et des FCPI ISF a débouché sur une bien mauvaise récolte. Les capitaux collectés auprès des particuliers éligibles à l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) par les fonds d'investissement de proximité (FIP) et par les FCPI (fonds communs de placements dans l'innovation) ont chuté de 20%, au premier semestre, à 237 millions d'euros, selon l'Association des investisseurs pour la croissance (Afic) et l'Association française de la gestion financière (AFG). Pour mémoire, les FIP investissent dans des PME régionales et les FCPI, dans des start-ups innovantes.

L'Afic et l'AFG invoquent la «réticence de plus en plus forte» des particuliers à procéder à des investissements de long terme, dans une conjoncture économique morose, ainsi que «l'incertitude liée à la réforme de l'ISF». Une incertitude aujourd'hui levée, puisque le projet de budget pour 2013 maintient à 50% des sommes investies la réduction d'ISF à laquelle ont droit les ménages investissant dans des FIP et des FCPI. «Le maintien du dispositif ISF/PME est satisfaisant et permet d'espérer, s'il perdure, une reprise des encours», salue Paul-Henri de La Porte du Theil, président de l'AFG.

Ce dernier s'inquiète en revanche de l'avenir du dispositif IR/PME. Les particuliers non assujettis à l'ISF mais redevables de l'impôt sur le revenu (IR) bénéficient, eux aussi, d'une incitation fiscale à l'investissement dans les FIP et les FCPI. Mais cette incitation a été rabotée au cours des deux dernières années, les ménages ne bénéficiant plus en 2012 que d'une réduction d'IR équivalant à 18% des montants investis dans des FIP et des FCPI, contre 22% en 2011 et 25% auparavant.

Résultat, en 2012, «la collecte IR (pour les FIP et les FCPI) devrait être mauvaise», pronostiquent l'Afic et l'AFG. D'autant plus que le gouvernement projette d'incorporer cette incitation fiscale dans le plafonnement des avantages fiscaux à 10.000 euros par foyer. «La collecte des FIP et des FCPI est indispensable au financement des PME. Or cette collecte dépend complètement de la pertinence et de la stabilité des dispositifs fiscaux qui incitent les épargnants à choisir ces produits», prévient Paul-Henri de La Porte du Theil.
 

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Commentaires 14
à écrit le 19/10/2012 à 23:50
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Difficile d'investir les fonds déjà confisqués par le fisc, donc déjà dépensés.

à écrit le 18/10/2012 à 20:44
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Dans notre pays on préfère favoriser l'investissement dans les oeuvres d'arts plutot que dans la vraie économie, celle qui crée des emplois comme l'industrie. La messe est dite avec ce gouvernement qui préfère ces amis "bourges" aux français. Qui pou...

à écrit le 18/10/2012 à 18:51
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Les "particuliers" ont non seulement réduit leurs investissements vers les entreprises mais vers l'économie française en général (épargne de précaution, chute des achats immmobiliers locatifs, d'actions, des emplois à domicile, etc...). Qui peut leu...

à écrit le 18/10/2012 à 17:46
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Il n'y a aucune visibilité à long terme. Comment investir quand la fiscalité n'est pas pérenne... pire , cette fiscalité est toujours remise en question tous les 3 mois, elle change à chaque fois qu'un élu tousse. Il en ai de même pour le travail.. p...

le 18/10/2012 à 20:59
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En effet, il faut supprimer toutes les niches fiscales FCPI, FIP et autres ISF-PME. Donnons la chance aux investisseurs d'avoir de la visibilité !!!

à écrit le 18/10/2012 à 17:01
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Les investisseurs n'investissent plus, les entrepreneurs n'entreprennent plus, les ponctionnaires ponctionnent frénétiquement et les chômeurs n'ont pas fini de chômer. Ce pays est très très mal barré.

le 18/10/2012 à 18:56
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Très bonne analyse Foutu? Moi je verrai mieux Foutu !!!!!!

le 18/10/2012 à 21:01
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Les investisseurs sont plus intéressés par les dégrèvements fiscaux que par les PME.

le 18/10/2012 à 22:14
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@ Gilles : Et alors? Où est le mal? Après tout l'Etat obtient ce qu'il désire, les PME sont financées et les investisseurs sont heureux. Maintennt celui qui s'intéresse aux PME ne fera pas ce genre d'investissement mais plutôt du "Business Angel". Et...

à écrit le 18/10/2012 à 16:47
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Ce plafonnement des niches fiscales à 10K est une aberration économique totale !!! Les gauchos ont du mal a voir au delà du bout de leur nez... Car la plupart de ces niches (Scellier, FIP, FCPI IR et ISF, Malraux, MH, employé à domicile...) sont des...

le 18/10/2012 à 17:08
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Les résultats des fonds sont ridiculement faibles. L'incitation fiscale pour investir dans les PME ne permet pas de transformer nos PME en ETI. Les FCPI, FIP et autres fonds ne sont pas une solution mais un véritable problème

à écrit le 18/10/2012 à 16:21
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Mieux vaut jouer au loto que d'investir en France.

le 18/10/2012 à 17:10
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Il vaut mieux supprimer ces niches fiscales et que les investisseurs choisissent un investissement dans une PME avec une volonté de faire progresser cette PME.

le 18/10/2012 à 21:03
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@gilles1: à mon humble avis, tes chances de réussite, bien que tout à fait aléatoire avec un billet de loterie, sont quand même plus élevée avec ledit billet :-)

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