La fraude à la carte bancaire progresse sur internet

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L'observatoire national de la délinquance publie un rapport sur les fraudes à la carte bancaire que l'association UFC-Que Choisir juge "accablant". Elle s'indigne de "l'inaction des pouvoirs publics".

Mais que fait la police? C'est un peu la question que pose l'UFC-Que choisir après la lecture du dernier rapport de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) publié jeudi 10 janvier qui montre que les victimes des fraudes à la carte bancaire sur internet ne cessent d'augmenter.

En 2011, 600.000 ménages en France ont subi ces débits opérés à partir de leurs comptes ou numéros de cartes, selon l'ONDRP, soit 2,5% des ménages. Une augmentation "très significative" par rapport à 2010 où 2% des ménages (500.000) avaient déclaré en avoir été victimes.

Dans son étude de février 2012, l'UFC-Que Choisir dénonçait déjà l'ampleur de la fraude sur les paiements en ligne: le nombre de fraude de ce type est jusqu'à 113 fois plus élevé que celles sur les paiements de proximité. L'association de consommateurs estime que les chiffres fournis par l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales sont "accablants", et elle "s'indigne, à l'heure du développement du commerce en ligne, de l'inaction des pouvoirs publics sur ce sujet majeur".

Sur internet et pour des montants inférieurs à 100 euros

Selon le rapport de l'ONDRP, une victime sur deux (52%) constate que le débit bancaire frauduleux le plus récent "a été effectué dans un commerce en ligne", en utilisant ses informations bancaires confidentielles, numéros de compte, de carte ou identifiant de connexion. Et plus d'un quart des victimes (27%) affirme que le montant des débits est inférieur ou égal à 100 euros, 25% qu'il se situe entre 100 et 300 euros, 29% entre 300 et 1000 euros, et 19% supérieur à 1000 euros.

Sept ménages sur dix déclarent avoir découvert l'existence de ces débits en consultant leurs relevés d'opérations. 56% ignorent comment le ou les auteurs ont procédé pour obtenir leurs informations bancaires. 44% disent avoir déposé plainte et 77% avoir été remboursés.

L'oeuvre de petits délinquants

Selon l'un des responsables de l'ONDRP, Chistera Soullez, ces délits "sont en augmentation" car ils "offrent des opportunités de plus en plus importantes pour les délinquants: risque d'être rattrapé faible, gains rapides, apparente facilité". "C'est l'oeuvre de petits délinquants", relève encore le criminologue, "mais aussi de réseaux criminels plus sophistiqués installés dans les pays de l'est -Roumanie par exemple- et d'Afrique de l'ouest".

"Cela change des infractions classiques et offre de vastes champs criminels", poursuit M. Soullez pour qui ce phénomène ne va cependant pas "augmenter de façon exponentielle". "Il y a de plus en plus de parades et de protections", dit-il, "même si le délinquant s'adapte à tout".

Les chiffres fournis par l'ONDRP sont d'autant plus intéressants que les statistiques de la délinquance ne tiennent pas compte des escroqueries courantes à la carte bancaire. Car si les cartes ne sont pas volées, il n'y a en effet plus de dépôt de plaintes depuis 2011, selon des directives de la Chancellerie qui considère qu'il n'était pas nécessaire d'engorger les parquets déjà surchargés avec ces affaires, dans la mesure où les victimes sont généralement remboursées.

Le président de l'ONDRP, Alain Bauer n'avait pas manqué de critiquer cette mesure, estimant que l'indicateur des infractions économiques de la statistique était ainsi "faussé". Seule l'enquête de "victimation" portant sur 17.000 personnes de 14 ans et plus, donne désormais un aperçu des débits frauduleux, fait valoir l'observatoire.

Une autre étude la "Norton Cybercrime Report"  révèle que le coût de la cybercriminalité en France est supérieur à la moyenne mondiale. La perte financière moyenne par victime est estimée à 247 euros, soit 57% de plus que la moyenne mondiale. Elle indique que 10 millions de français ont été victimes d'actes de cybercriminalité en 2012, engendrant près de 2,5 milliards d'euros de pertes. Parmi ces victimes, 11% se sont fait piégés par de faux sites web ou mails qui ont capturés leurs informations personnelles, tels qu'un numéro de carte bancaire et 17% ont été victime d'une fraude en ligne de leur carte bancaire.

Renforcer la sécurité grâce au 3D Secure

En juillet 2012, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a demandé aux commerçants de renforcer leur sécurité après que l'Observatoire de la sécurité des cartes de paiement eut noté que la fraude était en "légère hausse" en 2011, à 413,2 millions d'euros. Il avait fait référence au système renforcé "3D Secure".

Pour sa part, l'association de consommateurs UFC-Que choisir estime que le sytème 3D Secure devrait être rendu obligatoire. Elle considère que l'équipement des commerçants français en 3D Secure progresse trop lentement: 24% des transactions en fin 2012, contre 15% en 2010. "Certes, 50% des commerçants l'ont adopté mais il ne s'agit pas des principaux acteurs: la plupart des grands commerçants en ligne (Amazon, FNAC, PriceMinister par exemple) préfèrent toujours, au détriment de leurs clients, laisser passer la fraude plutôt que de risquer d'ajouter une étape à la vente. Une telle lenteur est inadmissible surtout lorsque l'on constate que ce système marche pour les rares secteurs qui l'adoptent: les sites de jeu en ligne ont ainsi fait baisser leur taux de fraude de 59% en 3 ans", précise l'association.

Les banques rappellent les règles élémentaires de prudence

De son côté, la fédération bancaire française souligne que "les banques investissent en permanence dans la lutte contre la fraude" et rappelle que les utilisateurs de cartes bancaires doivent respecter des règles de prudence aussi évidentes que ne pas divulguer leurs codes secrets de cartes, ni le code d'accès de leur banque en ligne mais doivent aussi vérifier que le site internet sur lequel ils effectuent un achat dispose d'une sécurisation du paiement. La fédération met à la disposition du public qui décrit les principaux risques liés aux moyens de paiment (cartes et chèques) et les numéros utiles en cas de problème. Un guide intitulé "Sécurité des opération bancaires" qui décrit les principaux risques liés aux moyens de paiement (cartes et chèques) et les numéros utiles en cas de problème.

(avec AFP)

 

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Commentaires
a écrit le 15/01/2013 à 13:43 :
Trop drôle de tirer quelques euro au distributeur habituel et dans le même temps le système accepte un retrait de 500$ australien à Miami (Australie). Et votre banque vous demandant de faire une déclaration au plus proche commissariat!
a écrit le 14/01/2013 à 12:16 :
Ne pas oublier que de nombreux paiements en carte bleue sont réalisés par courrier (indication du numéro de carte, de la date de validité et du code à 3 chiffres sur le bon de commande) !
Et rien de plus facile que d'ouvrir une commande pour obrtenir ces précieux renseignements !
a écrit le 11/01/2013 à 23:37 :
Pourquoi Paypal n'est pas généralisé ? C'est facile, on valide après reception d'un email (bon il faut un smartphone), sinon il y a aussi le système des codes recus par SMS ...
Réponse de le 12/01/2013 à 11:27 :
Oui tout a fait, on peut aussi parler de Kwixo et des E carte bleues c est fou comme "les victimes" viennent pleurer alors qu elles sont elle meme responsable de leur malheur: On ne met pas son numeros de CB n importe ou n importe comment.
Et pour les plus retif, l article oublie de mentionner qu a ce jour le moyen de paiement non fiduciaire le plus sur reste la CB et que la fraude au cheque est encore plus importante
Réponse de le 24/01/2013 à 12:08 :
En lisant votre com, on voit bien la naiveté dont vous faites preuve, désolé pour vous mais tous les sites d'achat en ligne ne proposent pas tous les systèmes de protection que vous citez. le rsique zéro n'existe pas, que ce soit paypal, 3secure et je nesais quoi d'autre il ya toujours une faille. Personnelement je ne suis pas fan des achats en ligne, le peu que j'ai fais, j'essaie de donner le moins d'info possible et de m'assurer que le site est de confiance mais nous n'avons pas tous la science infuse et nous ne sommes pas tous des avertis de l'informatique pour savoir si l'on a pris toutes les précautions.
a écrit le 11/01/2013 à 19:42 :
[Parution] Moïse, le géant de l'Ancien Testament de la Bible, est de retour sur la terre. Vous en reviendrez pas. Comment cela peut-il être ? Découvrez vite la preuve dans le lien qui suit :
http://www.bingnws.com/2012/12/parution-moise-est-de-retour-sur-la-terre-thierry-laforest
a écrit le 11/01/2013 à 19:33 :
Achetez seulement sur des sites certifiés par FIANET (lisez leurs notes et lisez les commentaires des leurs clients !!!) Installez le module WOT sur votre navigateur (gratuit et efficace, tapez WOT sur google). N'achetez pas sur des sites étrangers.
a écrit le 11/01/2013 à 19:20 :
ne perdez jamais de vue votre carte lors de paiement dans un enseigne (employé scannan carte) nous avons eut
a écrit le 11/01/2013 à 19:19 :
Solution pour éviter les fraudes : demandez à votre banque pour chaque achat un numéro de carte unique qui ne sert qu'une fois

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