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Entreprises & FinanceIndustrie financière

Une bulle obligataire ? Pas si sûr...

Christine Lejoux

Publié le 25 juin 2013 à 16:31 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 15:22

WALL STREET OUVRE EN NETTE HAUSSE

Wall Street a ouvert en franche hausse jeudi après la décision surprise de la Banque centrale européenne de réduire ses taux directeurs d'un quart de point. Dans les premiers échanges, le Dow Jones gagnait 1,1%, le Standard & Poor's prenait 1,0% tandis...

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Contrairement à ses confrères d'Aurel BGC, Félix Orsini, co-responsable des émissions de dette d'entreprise à la Société générale, ne redoute pas de krach obligataire, malgré la décision de la Réserve fédérale américaine de lever bientôt le pied sur ses rachats d'actifs. Seules les obligations d'entreprises des pays émergents, qui ont fait l'objet d'une demande essentiellement spéculative, semblent présenter un risque.

« Y-a-t-il une bulle sur les marchés obligataires ? » Difficile de se montrer plus direct. Si Félix Orsini, co-responsable des émissions de dette d'entreprise à la Société générale, a mis les pieds dans le plat, lors d'une conférence de presse, mardi, c'est parce que la question d'un possible krach obligataire brûle les lèvres des investisseurs depuis plusieurs semaines. Une récente étude du gestionnaire de fonds britannique Paul Hawtin, montre ainsi que le mot « bulle » a été évoqué à 29.632 reprises sur le réseau social Twitter, en mai, contre une moyenne de 860 fois seulement de décembre 2012 à avril 2013.

Le taux américain à 10 ans au plus haut depuis près de deux ans

Si les investisseurs se sont mis à redouter un krach obligataire, c'est parce que la Réserve fédérale américaine (Fed) avait laissé entendre, le 22 mai, qu'elle envisageait de réduire sa politique ultra-généreuse d'achats de bons du Trésor américain et autres actifs, qu'elle mène depuis un an, mais qui lui semble à présent moins justifiée, au regard de l'amélioration de l'économie américaine. Et la Fed a précisé sa pensée le 19 juin, si bien que nombre d'opérateurs de marchés sont convaincus que ses rachats d'actifs diminueront dès septembre.

Ni une ni deux, le taux américain à 10 ans a grimpé à 2,5% le 21 juin, son plus niveau depuis août 2011. « Par ses achats, la Fed avait modifié l'équilibre entre l'offre et la demande sur le marché obligataire, créant ainsi une bulle. L'annonce de la fin (de la politique monétaire généreuse de la Fed) justifie un éclatement de cette bulle obligataire », estiment les économistes d'Aurel BGC. Avec, à la clé, une nette remontée des taux et, partant, une chute des prix des obligations.

Pas de retraits d'investisseurs sur les obligations high-yield

Certes, depuis les propos tenus par la Fed le 19 juin, « il existe un phénomène de repricing sur le marché obligataire », reconnait Félix Orsini, de la Société générale, « mais celui-ci continue à fonctionner, sur tous ses segments. » A commencer par celui des obligations « corporate » (d'entreprise), le groupe d'agroalimentaire Danone ayant placé avec succès une émission obligataire de 500 millions d'euros et d'une maturité de 10 ans, le 21 juin, deux jours après l'annonce de la Fed. Même sur le segment risqué du « high-yield » (obligations à haut rendement), « nous n'observons pas de retraits d'investisseurs », souligne Félix Orsini. Qui se montre toutefois plus réservé sur les obligations corporate des pays émergents. Car « c'est sans doute là que la demande a été la plus spéculative, ces dernières années, avec des investisseurs qui ont surtout parié sur une hausse de la valeur des actifs, à court terme. D'ailleurs, nous observons des retraits d'investisseurs sur ces marchés émergents. »

Peu de placements alternatifs aux obligations

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Mais, globalement, Félix Orsini « ne redoute pas de krach obligataire. » D'abord parce que « la liquidité est très régulée par la Fed, qui n'a qu'à dire qu'elle rouvrira le robinet de ses achats d'actifs pour apaiser les tensions sur le marché obligataire », explique l'expert de la Société générale. Ce dernier estime de plus que « le marché obligataire est devenu très solide, avec un nombre d'émetteurs et d'investisseurs beaucoup plus important qu'autrefois. » Enfin, Félix Orsini n'est guère convaincu que les investisseurs désireux de fuir les obligations « disposent de placements alternatifs intéressants. »

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