Un mauvais présage pour 2013 : inflation ou krach obligataire ?

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Devons-nous craindre un retour de l'inflation pour 2013 du fait des politiques très accommodantes menées par les banques centrales ? La question est récurrente depuis plusieurs années et revient sur le devant de la scène ces derniers temps.

Si on observe l'inflation anticipée par les experts et par les marchés financiers, qui se lit dans les prix des produits dérivés sur l'inflation, il n'y a pas de crainte à avoir. Surtout, les banques centrales ne cessent de répéter leur attachement à leur objectif de stabilité des prix. Et même si plusieurs voix, dont celle d'Olivier Blanchard, économiste en chef du FMI, se sont élevées pour ajuster l'objectif d'inflation de 2% à 3 ou 4%, ces niveaux d'inflation restent sans commune mesure avec l'hyperinflation à deux chiffres décrite par Stefan Zweig dans « Le Monde d'hier » et qui dévaste les portefeuilles.

Se fixer un objectif d'inflation légèrement supérieur à 2% certes réduit légèrement le rendement réel des portefeuilles mais cela présente trois avantages qui permettent de réduire un certain nombre de risques.

. D'abord, un léger dérapage des prix dans la zone Euro, renchérirait les produits "made in Germany" et améliorerait en conséquence la compétitivité relative de ses voisins en difficulté.

. Ensuite, se fixer des cibles d'inflation plus élevées en temps normal, permet de se donner une plus grande marge de man?uvre en cas de choc adverse et de buter moins rapidement sur la limite de taux d'intérêt à zéro.

. Enfin et surtout, un léger dérapage de l'inflation ferait baisser le taux d'intérêt réel ce qui encouragerait fortement le crédit et réduirait en partie la charge de la dette des Etats.

Du côté de l'inflation, le risque apparaît donc très limité. Au pire une reconsidération de l'objectif d'inflation entraînerait une érosion de 1% à 2% des portefeuilles mais permettrait en même temps de contribuer à réduire un certain nombre de problèmes structurels : contrainte de la politique monétaire, viabilité de la zone euro, poids des dettes publiques.

Non, le risque le plus sérieux pour les portefeuilles concerne bien davantage celui d'un krach obligataire ou a minima d'une très forte volatilité des portefeuilles obligataires. En effet, en fin d'année dernière, la fed, la banque centrale américaine, avait prévenu qu'elle maintiendrait son taux d'intérêt à un niveau exceptionnellement bas tant que le taux de chômage ne descendrait pas sous les 6,5%. La surprise a été que Ben Bernanke, le président de la fed, conditionne maintenant le relèvement du taux directeur à l'évolution des conditions économiques plutôt qu'à une date de référence : mi-2015.

En faisant évoluer sa communication vers plus de transparence, la Fed prépare d'ores et déjà les esprits à la fin de sa politique de taux zéro. Cette annonce d'une certaine manière n'a rien changé. Les membres du comité de politique monétaire prévoient que ce taux de chômage ne sera pas atteint avant 2015. Par ailleurs, si on retient le rythme des créations d'emploi observé en 2012, de l'ordre de 220000 emplois par mois, pour les mois à venir, le taux de chômage ne franchira ce seuil de 6,5% toujours qu'en 2015.

Sauf que ce souci de transparence pourrait bien alimenter la nervosité des marchés. Si les créations nettes d'emploi venaient à légèrement s'accélérer, le début de la remontée des taux pourrait s'envisager dès 2014 (avec 260 000 emplois par mois) voire en 2013 en cas d'évolution très favorable du marché du travail (avec 300 000 emplois par mois).

En annonçant explicitement, une cible de taux de chômage, la Fed court le risque de fournir une variable cible non pas pour ancrer les anticipations des investisseurs mais bien davantage pour alimenter les paris spéculatifs. Chaque publication économique et en particulier celles relatives au marché du travail va alimenter la nervosité des marchés.

Alan Greenspan, l'ancien président de la Fed, avait l'habitude de dire : « si vous m'avez compris c'est que je me suis mal exprimé ». Ben Bernanke a choisi une autre voie, celle d'une stratégie de communication qui ne manquera pas de donner des sueurs froides au marché.


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Commentaires
a écrit le 10/01/2013 à 14:35 :
Comment cela? Les USA vont mal? Ils sont en faillite? Meuh, non. Pas ce pays qui a vécu à crédit aux crochets du monde pendant toutes ces décennies. Et maintenant, va falloir passer à la caisse. 16300 milliards à rembourser. Aïe.
a écrit le 10/01/2013 à 11:51 :
le krach de 1977 a commençé par une surevaluation des diplomes, alors buvons, degueulons et on verra le prochain poisson
a écrit le 09/01/2013 à 14:52 :
A la base le debat economique peut se resumer simplement: si on ne paye pas nos dettes ou si on les paye en monnaie de singe ou encore si on les paye dans cent ans on sortira immediatement de la crise.....mais pour plonger definitivement dans 3 ans; çà me rappelle un professeur d'université qui après deux heures de demonstration arrivait a demontrer la même chose ce qui faisait sourire un appariteur non bachelier qui marmonnait "si les études çà mène à çà!"
a écrit le 09/01/2013 à 10:21 :
L'inflation est en fait aux alentours de 5 %, et non de 2 %. En 10 ans la monnaie papier euro à perdu environ 45 % de sa valeur, et le pouvoir d'achat avec. L'or lui ne subit pas l'inflation, on s'achète la même chose aujourd'hui avec une once d'or qu'il y a 1 siècle !! Assurer vos économies contre l'inflation en achetant de l'or physique, et en dehors du système bancaire.
Réponse de le 22/04/2013 à 15:58 :
Sauf que l'once d'or aujourd'hui ne donne pas le même pouvoir d'achat ! Et s'achète à un cours adapté au coups de la vie de ce jour. Votre démonstration est nulle d'autant plus qu'
il est très aisé de payer en lingots.
a écrit le 09/01/2013 à 9:20 :
La seule inflation constatée eu égard aux politiques accomodantes des banques centrales est celle des actifs financiers, l'augmentation de la masse monétaire ne parvient pas jusqu'aux particuliers et n'est pas génératrice de sur-demande des biens et des services. En revanche on ne peut qu'associer la bonne tenue du marché actions US aux différentes sessions de QE. Inflation oui mais pas au sens de l'indice des prix, les responsables qui b randissent le spectre de l'inflation sur les prix et les services sont des gens du passé.
Réponse de le 10/01/2013 à 10:47 :
Jusqu'au jour où l'inflation démarre, et là, plus personne ne controle rien.
Mais je suis d'accord avec vous, c'est pas pour tout de suite...
a écrit le 09/01/2013 à 9:03 :
2% d'inflation, c'est inflation zéro en fait : un tel objectif, c'est de la déflation entretenue, et une bonne raison pour que nos économies stagnent. Ce qui est le prix à payer pour protéger le niveau de vie des rentiers qui nous gouvernent.
Avec des taux d'intervention proches de zéro, les banques centrales n'ont plus aucune prise sur la conjoncture. C'est pour cela qu'elles manipulent les taux longs, ce qui n'est pas a priori très sain : les taux longs devraient se former librement sur le marché.
Nous n'avons pas le choix entre l'inflation et un krach obligataire. Nous aurons les deux, parce que c'est la seule façon de résoudre le problème de la dette, si nous ne décidons pas rapidement de changer de braquet. C'est à dire revenir à un monde à peu près normal, avec 3 à 4% d'inflation, et des taux longs à 6-7% pour rémunérer correctement l'argent vraiment investi, et donc la prise de risque. Enfin !
a écrit le 09/01/2013 à 4:16 :
Déflation c'est tj la cause de la crise,
a écrit le 08/01/2013 à 23:20 :
Tout était prévisible depuis déjà quelques années, et je ne suis ni professeur d'université, ni observateur, ni statisticien,ni macro-économiste; Nous payons les têtes pensantes bien cher ... pour des resultats qui nous emmenent au bord du gouffre ... Nous sommes aussi coupables de ces résultats, puisque trop peu d'entres nous réagissent vraiment .en attendant de gauche à droite, du centre aux verts, il se paient bien grassement ...alors continuons comme ca..
a écrit le 08/01/2013 à 21:47 :
Pour qu'il y ait de l'inflation, il faut que la demande soit plus forte que l'offre (que la production ne soit pas capable de suivre la demande des consommateurs) + une forte création monétaire. On a la création monétaire excessive mais pas une consommation faiblarde. On a le combustible mais pas le comburant.
De fait l'argent créé par les banques centrales est thésaurisé par les banques qui veulent renforcer leur bilan.
Le risque d'inflation est donc assez faible. Seule une forte hausse des salaires en Occident (pas à l'ordre du jour avec la concurrence asiatique...) mettrait le feu aux poudres de l'inflation.
Réponse de le 09/01/2013 à 8:49 :
Et si la reprise économique en Asie et ailleurs renchérit le coût des matières premières de manière importante? Inflation importée directement (pétrole et autres) et indirectement car ça sera répercuté sur les produits finis importés d'Asie. Résultat prévisible: stagflation en Europe.
a écrit le 08/01/2013 à 20:41 :
Au-delà des discours et des statistiques officielles, le consommateur voit lui une inflation bien supérieure à celle avouée.
a écrit le 08/01/2013 à 18:53 :
Il a tout à fait raison le fonctionnaire d'état et en économie, deux gros mots, l'Allemagne va s'autofouetter, et on va générer de l'inflation comme cela les pays endettés pourront encore faire un peu plus de dette pour nourrir l'électorat d'assisés et de fonctionnaires, il devrait recevoir le Nobel d'économie pour ses propos.
Réponse de le 08/01/2013 à 19:22 :
Être policier, c'est un vos mot pour vous ? Militaire ou infirmiere aussi ?
Réponse de le 09/01/2013 à 2:17 :
un policier cela sert à quoi ???? à créer du chômage et de la pauvreté !!!!!!!
un militaire passe encore, en revanche une bonne infirmière n'a aucun besoin d'être fonctionnaire, elle aura toujours du travail, elle seule est utile dans ces trois cas !!!
les autres peuvent rentrer chez eux, aucun besoin !!
cela diminuera les impôts !!!!
Réponse de le 09/01/2013 à 9:45 :
Vous avez oublié les instits, la majorité des fonctionnaires. D'ailleurs pourquoi nationaliser tous ces secteurs ? Pourquoi pas faire un régime communiste, ça ira plus vite. Y a aussi dans les mairies, les secrétaires. Et après on s'étonne que les impôts explosent et que le pays est en faillite.
Réponse de le 09/01/2013 à 11:31 :
Par rapport aux autres pays européens, et en fonction du nombre d'habitant la France a 3 millions de fonctionnaires en trop, si on les supprime l'équilibre budgétaire reviendrait rapidement. Mais ils constituent un réservoir d'électeurs qu'aucun homme politique ne voudra toucher, avec des privilèges et des régimes spéciaux éhontés, pour beaucoup d'entre eux. Déjà le fait que le calcul de le retraite et la précocité de celles ci est une injustice face aux privés. L'égalité n'est pas la même pour tout le monde dans ce pays collectiviste, c'est le propre même du collectivisme, l'élite étatique, et ses vassaux fonctionnaires, sont mieux traités que le monde privé qui les subit et paient sans fin pour leurs avantages.
Réponse de le 10/01/2013 à 10:53 :
Merci à libre pour son bon sens.
Parce que les étatistes vous disent toujours lorsque vous voulez baisser les dépenses "vous voulez supprimer la police, l'éducation..." bref les fonctions régaliennes.
Réduisons le nombre de fonctionnaires, supprimons les régimes spéciaux de retraite, le conseil économique et social, baissons de 30% les dotations aux régions (histoire de rire, savez vous que la ville de Paris subventionne les associations à hauteur de 500millions/an), divisons le nombre d'élus par 3, et vous verrez que le pays continuera à tourner, et ce sans déficits...
a écrit le 08/01/2013 à 18:35 :
dégringolade vertigineuse en 2013 grace à la tembouille à la sauce hollandaise , voila ce qui va nous arriver en 2013
Réponse de le 08/01/2013 à 19:59 :
Rendez vous dans un an pour savoir ce que vous valez Côme prévisionniste....

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