Après un « lundi noir », les Bourses mondiales restent hésitantes, le CAC 40 termine dans le rouge
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Les Bourses retrouvent leur calme ce lundi, après qu'un vent de panique s'est saisi des marchés financiers la veille.
Brendan McDermid
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Les Bourses retrouvent leur calme ce lundi, après qu'un vent de panique s'est saisi des marchés financiers la veille.
Brendan McDermid
[Article publié le mardi 6 août 2024 à 14h59, mis à jour à 20h48] Les places financières font toujours grise mine, mais ont retrouvé plus de sérénité ce mardi. La veille, un véritable vent de panique avait saisi les investisseurs à la Bourse de Tokyo, entraînant dans son sillage les marchés financiers en Europe et aux Etats-Unis. A Paris, le CAC 40 tournait autour de l'équilibre en première partie de matinée ce mardi, avant de clôturer en baisse de 0,029% à 7.146 points à 17h30. Pour rappel, il avait perdu 1,42% lundi, clôturant à 7.148,99 points, au plus bas depuis mi-novembre.
Même son de cloche sur les autres marchés européens : le Dax de Francfort était lui en légère hausse de 0,16% en clôture, tout comme l'indice européen Euro Stoxx 50 qui rebondissait de 0,12% à la même heure, après avoir passé une partie de la journée dans le rouge.
Après avoir conclu sur une chute brutale lundi, la Bourse de New York a, quant à elle, connu plus de succès ce mardi avec un S&P 500 en hausse de 2,34% vers 20h45 et un indice technologique (Nasdaq) aussi en augmentation de 2,47%.
Sur le marché obligataire, le taux d'intérêt des emprunts de l'Etat américain à dix ans évoluait à 3,85% ce mardi, contre 3,79% à son plus bas lundi. Le dix ans français s'affichait, quant à lui, à 2,91% ce mardi, aussi bas que la veille à mi-journée.
Les marchés se tempèrent notamment après l'anxiété générée consécutive à la publication d'un rapport décevant sur l'emploi aux Etats-Unis, vendredi dernier. Face à un taux de chômage en plus forte hausse qu'anticipé et à un nombre de créations d'emplois moins élevé qu'attendu, le marché avait craint d'y voir le signal d'un trop fort ralentissement de l'économie américaine, la politique monétaire menée par la banque centrale américaine était jugée encore trop restrictive.
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Pour rappel, la Réserve fédérale américaine a augmenté ses taux à leur plus haut depuis vingt ans. Objectif affiché, endiguer l'inflation, parvenue à son plus haut niveau en 40 ans en juin 2022, à 9,5% sur un an. Alors qu'une première baisse des taux, très attendue des investisseurs, approche, les marchés craignent que la Fed ait attendu trop longtemps pour agir, prenant ainsi le risque de faire plonger l'économie américaine en récession.
« Le changement de tendance » observé sur les marchés mardi « semble coïncider avec les commentaires d'Austan Goolsbee », le président de la Réserve fédérale de Chicago, qui a déclaré à CNBC la veille que les données sur l'emploi « ne ressemblent pas pour le moment à une récession » et que la Fed « pouvait attendre d'autres données avant la réunion de septembre », soulignent les analystes de Deutsche Bank.
« Au niveau des attentes des "grandes banques", on signalera que Goldman Sachs a augmenté ses probabilités de récession à 12 mois de 15% à 25% et s'attend à 3
baisses de taux de 25 points de base avant la fin de l'année (soit une baisse à chaque réunion) et que JP Morgan parie à 50% sur une récession aux États-Unis avec 2 baisses de 50 points de base en septembre et en novembre », constate le spécialiste des marchés actions chez la banque Mirabaud, John Plassard, dans une note.
Mais, dans le même temps, l'activité dans les services aux Etats-Unis est repartie en croissance au mois de juillet, selon un indicateur publié lundi. Cette donnée « pourrait bien avoir également contribué à persuader les marchés que le rapport sur l'emploi n'est pas si mauvais que ce qu'ils craignaient », poursuit Jon Bell.
A Tokyo, le principal indice boursier, le Nikkei, s'est envolé mardi de 10,23% à la clôture, au lendemain d'une chute de 12,4%, sa pire dégringolade en nombre de points de son histoire. Les Bourses chinoises étaient également dans le vert dans les premiers échanges. L'indice Hang Seng de Hong Kong était en hausse de 1,05% dans les premiers échanges à 16.873,04 points, mais a clôturé en baisse, tout comme celui de Shenzhen
Tokyo a notamment été victime de la crainte du ralentissement de l'économie américaine et du dénouement d'un mouvement de spéculation, appelé « carry trade » sur le yen. Ce mouvement consiste à emprunter de l'argent dans la monnaie d'un pays dont la banque centrale pratique des taux faibles pour l'investir dans une devise aux rendements plus élevés. Le yen n'avait pas connu une telle appréciation sur une séance depuis décembre, lorsque les spéculations sur la fin des taux négatifs de la BoJ allaient bon train.
Avant d'ajouter : « Pour repartir sur de bonnes bases, il faudra que Nvidia ne déçoive pas à la fin du mois, que les rachats d'actions reprennent et que les banques centrales endiguent les risques liés aux positions vendeuses non hedgées sur le yen. Est-ce possible? Oui. Un redémarrage boursier en septembre nous paraît être un scénario crédible. »
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Même constat pour la Banque privée Lombard Odier. « Nous prévoyons une stabilisation des marchés boursiers en amont du prochain rapport sur l'emploi américain et la réunion de septembre de la Fed (...). Nous nous attendons à ce que les marchés fortement exposés aux semi-conducteurs, comme celui de Taïwan, se stabilisent au cours des prochaines semaines », confient dans une note, Michael Strobaek et Nannette Hechler-Fayd'herbe, responsables de l'investissement chez Lombard Odier.
(Avec agences)
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