Le rendez-vous manqué de la BCE avec le réarmement de l’Europe
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La présidente de la BCE Christine Lagarde.
Reuters
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La présidente de la BCE Christine Lagarde.
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« De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace » : cette fameuse harangue du révolutionnaire Danton pour mobiliser le peuple face à l'invasion du territoire lors de la Révolution française revient, sous une forme ou une autre, dans les commentaires des économistes ou analystes de marché depuis le week-end dernier.
Qui aurait pu prévoir, en effet, toutes les mesures audacieuses prises ces derniers jours pour relancer la machine de guerre européenne, en particulier le plan de relance géant allemand de 500 milliards d'euros annoncé par la future coalition. Quitte d'ailleurs à faire flamber les taux longs européens, avec un Bund Allemand à dix ans qui tutoie désormais les 2,9 %. « Les décideurs européens font preuve d'audace », relève ainsi, dans une note, Olivier Dubs, gérant chez JP Morgan Private Bank.
Désormais, les marchés attendent que la BCE fasse également preuve d'audace. « La politique budgétaire ne suffit pas. Il faut aussi le soutien monétaire », avance Mabrouk Chetouane, directeur de la stratégie marchés internationaux chez Natixis IM. Selon l'économiste, alors que l'Europe parle d'urgence sécuritaire, la BCE doit poursuivre sa politique de baisse des taux directeurs et même aller en dessous de sa cible de 2 %, c'est-à-dire 1,75 % pour le taux de dépôt.
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Pour l'heure, le marché anticipe en zone euro, seulement trois baisses des taux de 25 points chacun en 2025, tout comme d'ailleurs aux États-Unis où le consensus est désormais de trois baisses des taux de la Réserve fédérale, contre une seule baisse anticipée il y a à peine un mois. Il faut reconnaître que les signes de ralentissement de l'économie américaine se multiplient.